mercredi 15 mars 2017

La Fille de Brooklyn

HISTOIRE

Parce que sa fiancée, Anna, lui a montré une terrible photo, Raphaël s'enfuit. Mais désirant avoir plus d'explications, il retourne dans la villa que le couple a loué pour leurs vacances.
Mais Anna a disparu.
Commence alors une enquête pour tenter de la retrouver et surtout, découvrir qui elle est vraiment...

CRITIQUE

Cela fait un très long moment que je n'ai pas lu de Guillaume Musso. Ma dernière expérience avec cet auteur a été La fille de papier. Je l'ai trouvé tellement gnan-gnan qu'au bout de 150 pages, j'ai lâché l'affaire.
Mais c'était sans compter ma petite sœur qui s'est procuré ce titre. Et le résumé me tentait, alors j'ai franchi le pas.
Verdict ? Déjà, c'est pas ce roman qui va me réconcilier avec l'auteur, mais surtout, je n'en lirais pas d'autres avant trèèèèèèès longtemps.

Notre narrateur, Raphaël, est à la recherche de sa fiancée, Anna, à la suite d'une dispute peu banale : la jeune femme lui a, en effet, montré une photo qui l'a effrayé. Mais qui va surtout être le point de départ de ce roman de 460 pages.

Le début n'a déjà aucun sens à mes yeux. Raphaël s'interroge sans aucune raison sur le passé d'Anna et a peur qu'elle lui cache des choses (surtout de le tromper), sous prétexte qu'il a déjà eu des soucis lors de son précédent mariage.
Mais on apprendra plus tard que s'il a divorcé, c'est parce que son ex-femme a préféré sa carrière à sa famille ! On est donc très loin de la tromperie, puisqu'il s'agit d'une divergence d'opinion !
Et malheureusement, ce n'est pas la seule incohérence du scénario que j'ai relevé...

L'auteur utilise des facilités pour faire avancer son histoire de façon si énorme que ça en devient risible (le coup de l'e-mail, j'en ris encore). Le hasard fait bien les choses comme on dit, mais là, trop de hasards font que le récit perd sa cohérence.

Les rebondissements s'enchaînent très vite, à tel point qu'on n'a pas le temps de souffler. Et faut s'accrocher parce que plus on avance, plus on tombe dans quelque chose de très gros. Ce qui était au départ une simple disparition se transforme en une enquête aux ramifications plus complexes que ce qui était prévu.
J'aime ce type de récit où on avance vite, où on découvre les choses au fur et à mesure. De ce point de vue, je ne me suis pas ennuyée une seconde. Mais ce n'est pas tant l'action que je déplore. (quoique je pourrais dire que tout va à 100 à l'heure de façon trop brutale. Tout se passe sur trois jours, mais je dois vous avouer que cela n'est pas le plus dérangeant dans le texte).
C'est la fin.
Franchement, quand on découvre le pourquoi du comment de tout ce foutoir, j'ai trouvé ça tellement absurde que je me suis demandée si j'avais la vraie fin sous les yeux. Je pensais qu'il manquait des pages à mon exemplaire, mais pas du tout ! Je suis ressortie très déçue de cette lecture ! Je me suis même dit : "Tout ça pour ça ?!".

Les personnages ne sont pas très attachants. A commencer par Raphaël, le narrateur-écrivain qui se perd parfois dans des digressions philosophiques qui n'ont pas leur place dans cet ouvrage (qui se présente comme un polar, qui plus est). Cela rend la lecture un peu fastidieuse, dans la mesure où j'ai l'impression que l'auteur voulait remplir des lignes pour finalement pas grand chose.
En plus, ce type se pointe à l'autre bout du monde avec son fils de deux/trois ans alors qu'il enquête sur une disparition... Suis-je la seule à trouver ce point dérangeant ?!
On a aussi le meilleur ami flic qui arrive à obtenir toutes les infos aussi facilement que si j'achète mon pain à la boulangerie... J'en retiens rien de spécial.

Le roman se lit très facilement, aucun problème là-dessus. Mais un détail me chiffonne : l'auteur enchaîne les juxtapositions et les phrases toutes faites pour montrer qu'il possède un vocabulaire étendu. Mais surtout, il abreuve son texte de références bibliographiques et cinématographiques, comme pour prouver à son lectorat qu'il possède une grande culture. C'est bien joli tout ça, mais cela donne un côté pompeux au récit qui n'en n'a pas du tout besoin. Et c'est très désagréable à lire.

Une histoire qui enchaîne les incohérences et son final complètement WTF, des personnages pas très attachants et un style maladroit, voire pompeux par moment ; non, La Fille de Brooklyn ne sera pas le roman de la réconciliation avec Guillaume Musso. De la part d'un livre qui a figuré dans le Top 5 des meilleures ventes durant des semaines, j'en attendais beaucoup mieux.

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