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samedi 6 février 2021

Le grimoire d'Elfie, tome 1 : L'île presque

HISTOIRE

Depuis la mort de leur mère, Elfie et sa grande sœur Magda vivent chez leur tante, une femme acariâtre. Mais lorsque leur aînée, Louisette, débarque avec un bus faisant office de librairie ambulante, elles s'embarquent pour un voyage aux quatre coins de la France.

Mais au cours de leur premier voyage, Elfie va s'apercevoir que le grimoire qu'elle a reçu n'est pas un ouvrage ordinaire, et va la mener vers de fantastiques aventures...

CRITIQUE

Voilà une sortie BD qui me faisait de l'œil, de part sa couverture, superbe, son côté fantastique et le nom d'un des scénaristes : Audrey Alwett. L'autrice de Magic Charly signe ici une bande dessinée tout simplement superbe, à tel point qu'elle m'a donnée envie de découvrir sa saga littéraire ! Et pour ceux et celles qui hésitent encore à acheter ce titre, je n'ai qu'une chose à dire : FONCEZ !

Ce premier tome met en scène une fratrie de trois sœurs : Elfie, Magda et Louisette. Cette dernière embarque ses cadettes à bord d'une librairie ambulante pour un périple autour de la France. Leur premier arrêt se fait sur une île bretonne, où une vieille querelle déchire les habitants. Durant leur séjour, Elfie se découvrira dotée de capacités particulières, grâce au grimoire que lui a légué sa mère...

D'emblée, l'idée d'une librairie ambulante m'a de suite séduite ! Ce bus/librairie va rapidement devenir le nouveau foyer des trois sœurs, en plus de proposer la vente de livres à ceux et celles qui le veulent.

Mais ce qui m'a vraiment attirée, c'est le style graphique ; j'adore ce genre de dessins, très kawaiis, très colorés. On a droit à de superbes planches ; je pense à celles où on voit Elfie observer les étoiles. Et l'aspect fantastique rend le tout encore plus merveilleux et immersible, dans le sens où on a des étoiles plein les yeux en voyant les images !

D'ailleurs, ce fameux grimoire qui donne son nom au titre de la saga, se révèle doté de pouvoirs particuliers. On apprend qu'il appartenait à la mère d'Elfie et qu'elle possédait des pouvoirs. On n'en sait pas plus, mais le peu d'infos que les auteurs donnent suffisent pour attiser notre curiosité. Rien que pour ça, je me plongerais dans le tome 2 dès sa sortie !

J'ai beaucoup aimé les pouvoirs du grimoire et ce qui en découle ; moi qui aime écrire, j'ai été conquise par ce qu'il a à proposer ; le fait qu'Elfie découvre ses pouvoirs au fur et à mesure est une bonne idée car on a accès aux infos en même temps que notre héroïne. De quoi se poser encore plus de questions et nous donner envie de lire la suite !

J'ai aimé aussi l'aspect "carnet" auquel on a droit dans certaines pages : elles sont là pour expliquer certains évènements (la fameuse querelle qui divise le village par exemple), mais de manière "manuscrite". Car Elfie, l'héroïne, aime écrire et nous parsème de ses trouvailles et ses sentiments dans ces pages "cahiers". Ce qui m'a énormément rappelée Les Carnets de Cerise, série graphique que j'adore, où on a aussi cet aspect "carnets d'écriture", dans lequel l'héroïne raconte ce qu'elle voit, apprend, ses impressions. On a le même principe ici, avec des photos "collées", comme on le ferait réellement dans un cahier.

Les personnages sont très attachants ; à commencer par Elfie, la cadette de la fratrie, qui prend peu à peu conscience de ses pouvoirs et cherche à s'en servie à bon escient. Mais elle ne prend pas toujours la mesure de ses actes, au point de ne pas voir qu'une de ses sœurs ne va pas bien. Heureusement elle va évoluer pour grandir et gagner en maturité !

J'ai beaucoup aimé Louisette aussi, l'aînée, avec son bus qui fait office de librairie ambulante ! Du haut de ses 18 ans, elle est mature et a conscience d'être responsable de ses sœurs. Ce qui ne l'empêche pas de les gronder lorsque c'est nécessaire et à instaurer le partage des tâches. Mais l'amour qu'elle porte à ses sœurs offre des scènes hyper touchantes, malgré le manque qu'à provoqué son absence.

Par contre, j'ai eu plus de mal avec Magda. Elle cache des fêlures, liées notamment à sa prothèse, et se révèle la plus sensible des trois. Elle aussi a droit à des moments ultra touchants, qui ont su faire fondre mon cœur. Heureusement, mon sentiment sur la puinée change à mesure qu'on avance dans la BD, et c'est une bonne chose. L'aventure qu'elles vivent va la changer ; il me tarde maintenant de la revoir dans les tomes suivants pour suivre son évolution.

Un premier tome tout simplement merveilleux où la magie côtoie cette fratrie de trois sœurs, ultra attachantes (même si j'ai eu du mal avec Magda au départ) et une patte graphique sublime ! A mettre entre toutes mains et dans votre BDthèque !

dimanche 31 janvier 2021

Le Cinérêve, tome 1 : Le mystère Hortensia

HISTOIRE

Augustin aime beaucoup espionner sa voisine, Mlle Hortensia, en compagnie de sa chienne, Croquette. Ses différentes péripéties vont l'amener à franchir les portes du Cinérêve, un endroit aussi merveilleux qu'effrayant. La vie du petit garçon ne sera plus jamais la même...

CRITIQUE

Le résumé de cette bande dessinée me tentait bien. Un endroit mélangeant rêves, cauchemars et cinéma ne pouvait que m'interpeller. Et j'ai bien fait de craquer, parce que j'ai passé un très bon moment !

On suit Augustin, 9 ans, et sa chienne Croquette, qui espionnent souvent leur voisine, Mlle Hortensia. Il faut dire que la dame a une passion dévorante pour les plantes bizarres... Un jour, le duo va tomber sur le Cinérêve, un endroit magique en apparence, mais qui n'est pas sans danger...

Ce premier tome pose clairement les bases : on nous présente le duo Augustin/Croquette, inséparables, qui vont se retrouver plongés au cœur d'une aventure où le merveilleux côtoie le mystère.

Car on quitte ce livre avec pas mal de questions en tête. Que ce soit sur le Cinérêve, des personnages qui semblent en savoir plus que prévu (Amalia, la nouvelle camarade d'Augustin) et/ou qui ne semblent pas être des humains totalement comme nous (Mlle Hortensia, qui cache pas mal de secrets, visiblement). Du coup, il me tarde maintenant de lire le tome 2 !

Le Cinérêve, qui donne son nom à la saga, est un lieu très particulier, où des enchanteurs peuvent expérimenter des rêves. Un parcours "Cauchemars" est même en cours de travaux, et semble tout aussi intéressant que la partie "Rêves". Mais aussi effrayant, car on va être amené à découvrir un premier cauchemar, d'autant plus qu'il ne semble pas avoir de fin. 

Bref, un lieu à la fois magique, onirique, mais aussi effrayant, voire dangereux. J'imagine qu'on aura davantage d'éléments fournis sur ce cinéma si spécial dans les tomes suivants.

J'ai beaucoup aimé le personnage d'Augustin, même si j'ai pas spécialement adhéré à son côté "j'espionne ma voisine", alors que la dame n'a rien demandé. Il souffre d'harcèlement, mais peut heureusement compter sur le soutien de son amie-dont-j'ai-oublié-le-prénom. Pareil pour Amalia, la nouvelle de sa classe, même si elle semble savoir pas mal de choses sur le Cinérêve et ce qui s'y passe.

Malgré l'espionnage excessif dont il fait preuve, Augustin est un personnage auquel on s'attache ; on découvre, comme lui, l'univers onirique dans lequel on plonge et les "pouvoirs" qu'il découvre. Et puis, le fait qu'il est inséparable de sa chienne, Croquette, joue beaucoup aussi ! D'autant plus que l'animal va avoir son rôle à jouer dans l'histoire...

Concernant Mlle Hortensia et Amalia, elles sont trop peu mises en avant pour vraiment éprouver un sentiment quelconque à leur égard. Mais elles sont suffisamment intrigantes pour qu'on ait envie d'en apprendre plus sur elles. J'espère que ce sera le cas dans le deuxième tome.

Le style graphique ne correspond pas forcément à ce que je cherche, mais certaines planches sont vraiment sympas à regarder. Finalement, le scénario se révèle plus intéressant à suivre que les dessins en eux-mêmes. Et finalement, n'est-ce pas le plus important ?

Un premier tome qui pose les bases, propose un univers à la fois magique et effrayant. Même si Augustin joue un peu trop bien les espions à mon goût, il reste attachant et les personnages secondaires sont assez intrigants pour qu'on ait envie d'en apprendre plus sur eux. J'attends maintenant le tome 2 avec impatience !

mercredi 27 janvier 2021

Saga des Villains, tome 1 : Miroir, miroir

HISTOIRE

Le roi vient d'épouser sa nouvelle femme. Tout le monde s'accorde à dire que la nouvelle reine est d'une exceptionnelle beauté. Mais quand le roi meurt à la guerre, le cœur de la reine se flétrit et sombre peu à peu. Et l'arrivée dans sa vie d'un miroir magique va la plonger dans la jalousie et la haine...

CRITIQUE

Après avoir commencé la saga des Twisted Tales, je poursuis avec celle des Villains, de Serena Valentino. Une série centrée sur les plus grands méchants Disney, narrant leurs origines et comment ils sont devenus les antagonistes qu'on connaît tous. Cependant, il faut lire les tomes dans l'ordre, contrairement aux Twisted Tales, car un fil rouge lie tous les livres.

Ce premier tome se centre sur la Méchante Reine du film d'animation Blanche-Neige et les sept nains. Il démarre au moment où la nouvelle reine épouse le roi. Son amour pour lui n'a d'égale que l'affection qu'elle éprouve pour Blanche-Neige, sa belle-fille. Mais lorsque le roi meurt, la reine change peu à peu : sa gentillesse laisse place à la rancœur et à la jalousie. Surtout quand un miroir magique et d'étranges sœurs s'immiscent dans sa vie...

Le roman est clairement moins développé qu'Un jour ma princesse viendra. La faute surtout à la longueur du roman, qui ne fait que 206 pages. C'est bien trop court pour vraiment développer les personnages, même si l'autrice nous offre un background pour la reine et le miroir.

On découvre ici une reine qui a peu confiance en elle, qui n'a pas conscience de sa beauté (au début du moins), mais dont l'amour envers le roi est sans faille. A tel point que cela provoquera son changement de comportement.

Un changement qui peut sembler brutal pour certains, mais cela ne m'a pas dérangée. Même si la reine est moins développée que dans Un jour ma princesse viendra, on suit tout le récit de son point de vue, et ça, c'est quand même pas négligeable ! Cela nous permet de la voir sous un nouvel angle, loin de la souveraine froide et cruelle qu'on voit dans le film d'animation. Et en tant que fan de ce personnage, cet aspect m'a énormément plu !

J'ai aussi apprécié qu'on offre un background aux objets, comme le miroir ou même l'écrin que la reine donne au Chasseur pour qu'il y pose le cœur de Blanche-Neige. Je n'en dirais pas plus pour pas spoiler, mais j'ai trouvé l'histoire de l'écrin vraiment sympa. Quand au miroir, il apporte surtout LE changement dans la psychologie de la reine. Et quand on découvre son histoire, on se dit que c'est à la fois cruel et logique à la fois.

Pour en revenir à l'histoire, on suit donc la reine qui bascule peu à peu vers le mal. Et comme on a tout le récit de son point de vue, on assiste, impuissants, à sa déchéance psychologique, qui va la pousser à commettre l'irréparable.

Une déchéance due en partie au miroir, mais aussi à un trio de sœurs, cousines de roi, qui vont représenter tout le fil rouge de la saga. Elles se nomment Ruby, Marthe et Lucinda et ont des comportements assez étranges, voire carrément flippants en compagnie de Blanche-Neige. Des sœurs qui connaissent bien les sciences occultes, qui aiment compléter les phrases de l'une, l'autre, mais qui surtout participent à la folie naissante de la reine. Comme si elles avaient un plan précis en tête. Du coup, elles m'ont pas mal intriguée et donnée envie d'en apprendre plus à leurs sujets !

Par contre, je regrette que les autres personnages ne soient pas mieux mis en avant. Notamment Blanche-Neige, dont j'aurais aimé avoir le point de vue, ou encore Verona, la dame de compagnie de la reine. Une personnalité qui ose dire ce qu'elle pense et j'aurais tellement aimé la connaître plus ! Malheureusement, il faudra se contenter de ce que l'autrice a à nous offrir.

Le récit reprend aussi les grandes scènes du film : la rencontre de Blanche-Neige et du prince près du puis (qui a aussi droit à son histoire personnelle), l'ordre au chasseur, la transformation en sorcière, la pomme empoisonnée... Les dialogues sont aussi repris tels quels, ce qui fait qu'on se sent en terrain connu, comme pour Un jour ma princesse viendra.

J'ai rien retenu de spécial concernant le style. Ce premier tome se lit extrêmement vite et l'autrice va au cœur du sujet. Par contre, la fin amène un développement plus poussé d'un personnage en particulier, qui risque fort d'être le fil rouge qui accompagnera les trois sœurs.

Un premier tome qui nous présente une reine douce et aimante, qui bascule peu à peu dans la folie meurtrière, nous dévoilant l'histoire d'un des plus grands méchants Disney. Mais le récit est trop court et j'aurais aimé avoir le point de vue d'autres personnages que la reine. Mais je n'ai pas boudé mon plaisir, et vu la fin ainsi que l'arrivée de ces trois étranges sœurs, il me tarde de lire la suite !


jeudi 7 janvier 2021

Magikids, tome 1


HISTOIRE

Depuis la mort de ses parents, Carter vit avec son oncle, qui l'oblige à arnaquer des gens grâce à des tours de magie. N'en pouvant plus de cette situation, le jeune garçon s'enfuit. Il arrive dans une ville où se trouve une fête foraine, ainsi que d'autres magiciens, comme lui. Très vite, la petite bande d'ados vont unir leurs forces pour arrêter les membres de la fête foraine qui, eux aussi, volent les gens...


CRITIQUE

J'avais déjà repéré cette saga, grâce aux couvertures, superbes je trouve ! Et comme le tome 1 était disponible, je l'ai emprunté pour me forger mon avis. Résultat : j'ai passé un excellent moment en compagnie des Magikids !

Ce premier volet se centre sur Carter, qui fuit son oncle et atterrit dans une ville, où il fera la connaissance d'autres adolescents, tout aussi doués pour les tours de magie que lui. Ensemble, ils vont tenter d'arrêter les méfaits commis par les membres d'une fête foraine, installée en ville depuis peu.

Ce qui m'a plu au départ, c'est bien entendu le côté "tours de magie". Et on peut dire qu'on est servi car chaque membre du groupe possède ses propres compétences dans ce domaine. De quoi faire un tour d'horizon des différents tours qui existent, même si on a déjà vent de leur existence.

Pour continuer sur les tours, j'ai beaucoup les explications fournies par l'auteur. En effet, à plusieurs reprises, vous avez des petits chapitres consacrés à un tour en particulier. Si vous voulez épater vos amis, alors n'hésitez pas à les lire, c'est très sympa ! D'autant plus qu'ils ont un lien direct avec l'histoire, de quoi renforcer encore davantage l'immersion dans le bouquin ! Le tout servi par de belles illustrations, rendant l'objet livre encore plus beau !

On a aussi un côté très "interactif", car l'auteur s'adresse directement au lecteur à plusieurs reprises, à la manière de Lemony Snickett. Et on peut dire qu'il est aussi magicien, car il arrive à nous baragouiner et à détourner notre attention sur les choses réellement importantes ! Sans compter les petits indices à décoder, cachés dans le récit et qui nous donnent accès à quelques secrets sur ce premier volet... Mais je n'en dirais pas plus !

Et puisque j'aborde l'histoire, j'ai beaucoup aimé suivre ces ados qui apprennent à se connaître et veulent unir leurs forces pour vaincre des malfrats. Le public-cible est clairement des jeunes lecteurs, car on peut reprocher certaines facilités scénaristiques, notamment vers la fin. Mais cela ne m'a pas dérangée, tant les personnalités affirmées de nos héros m'ont séduite.

D'ailleurs, c'est le gros point fort du roman : les personnages.

Carter, notre héros, ne croit pas en la magie. Pour lui, cette dernière est synonyme d'escroquerie, de tromperie. Faut dire aussi qu'avec un oncle comme le sien, difficile de penser autrement. Mais lorsqu'il fuit et rencontre d'autres ados, passionnés par la magie et sans aucune arrière-pensée malfaisante, Carter commence à se remettre en question et s'aperçoit peu à peu que la magie peut aussi être bénéfique. De plus, ce garçon solitaire découvre un pouvoir qu'il n'avais jamais soupçonné : celui de l'amitié.

Une évolution bienvenue, d'autant plus qu'on suit son point de vue, même si la narration est à la troisième personne. Et Carter va aussi découvrir des ressources en lui qu'il pensait ne pas avoir. Bref, un héros ultra attachant, qui m'a totalement conquise !

Et c'est aussi le cas des autres membres de la troupe ! Même s'ils sont moins développés que Carter, ils ont quand même leurs particularités très reconnaissables, en plus d'avoir un passé visiblement peu enviable...

Je pense notamment à Leila, passionnée par les chaines et autres tours où il s'agit de s'échapper, qui semble cacher un passé d'orpheline difficile. Son adoption par un couple d'hommes l'a changée et a fait d'elle l'ado que l'on découvre dans ce livre. D'ailleurs, ses papas sont juste extras !

Theo est un brillant violoniste, constamment habillé en smoking, aussi le plus calme de la bande. J'ai beaucoup aimé ce personnage, à la fois calme et mystérieux.

Ridley est celle qui a sans doute le caractère le plus marqué de la bande ; elle n'a pas peur de dire les choses. J'ai adoré sa personnalité très affirmée ; il me tarde de la découvrir davantage dans les tomes suivants !

Concernant les jumeaux Izzy et Olly, étant donné qu'ils apparaissent tardivement dans le récit, j'ai pas su m'attacher autant à eux qu'aux autres. Pas grave, je pense que la suite va rectifier le tir !

Des portraits tout aussi attachants et intrigants les uns que les autres, à tel point qu'il me tarde vraiment de lire la suite pour connaître la suite de leurs aventures ! Je pense d'ailleurs que chaque tome se centre sur un ado en particulier, au vu des couvertures. Ici, vous l'avez compris, c'est Carter qi est mis en avant.

Le style de l'auteur est hyper fluide et très immersif ; je me demande s'il n'est pas lui-même magicien, tant on ressent l'authenticité derrière le texte. Une immersion au cœur de la magie, qui se trouve souvent là où on ne l'attend pas.


J'ai adoré ce premier tome en compagnie des Magikids, des enfants passionnés par la magie, qui ne demandent qu'à être davantage développés ! Certes l'histoire souffre de quelques facilités scénaristiques, mais il n'en reste pas moins un excellent roman ! A mettre entre toutes les mains !



mardi 5 janvier 2021

Twisted Tales, tome 6 : Un jour ma princesse viendra

HISTOIRE

La princesse Blanche-Neige vit enfermée dans le château de son père, par ordre de la reine Ingrid, sa belle-mère. Mais le jour où le Miroir magique annonce à la reine que sa belle-fille la surpasse en beauté, elle envoie un chasseur qui reçoit l'ordre de la tuer et de lui rapporter son cœur dans un écrin.

Mais le chasseur refuse d'accomplir cette tâche morbide et abandonne la princesse dans la forêt. Celle-ci trouve alors une maisonnette où vivent sept nains. A leur contact, Blanche découvre toute la tyrannie de sa belle-mère sur le royaume et décide de reprendre les choses en main : elle va retourner au château pour récupérer le trône et devenir cette souveraine bienveillante, tant espérée par le peuple.

Mais la reine Ingrid veille...

CRITIQUE

Les Twisted Tales sont des romans qui reprennent les Classiques d'animation Disney, mais qui changent un élément de l'histoire, ce qui fait qu'on part sur un récit radicalement différent du pitch de base. Et comme chaque roman se centre sur un film différent, vous pouvez lire les tomes dans n'importe quel ordre.

Vous l'avez compris, Un jour ma princesse viendra est ma porte d'entrée dans cette saga. Il reprend la trame du premier long-métrage d'animation Disney : Blanche-Neige et les sept nains, mais le changement est de taille : et si la pomme empoisonnée avait été destiné au prince, et non à Blanche-neige ?

Pour savoir comment l'autrice en est arrivé là, je vous laisse le soin de le découvrir par vous-même. Ce serait dommage de vous le dire, d'autant plus que j'ai adoré ce roman !

Première chose que j'ai aimé : le fait que Jen Calonita reprenne des éléments du dessin animé. Cela donne l'impression qu'on est en terre connue, même si le fond n'est pas exactement le même. On retrouve par exemple les scènes-clés du DA : la rencontre entre Blanche et le prince près du puits, l'ordre au chasseur, la fuite en forêt, la découverte de la maisonnette et la rencontre avec les nains, la transformation en sorcière, la pomme empoisonnée... Quelques subtilités sont amenées, mais si on a déjà vu le film, ces "retrouvailles" prêtent quand même à sourire.

Certains dialogues sont également repris. Par exemple, les scènes entre la reine et le Miroir, repris tels quels dans le film et transposés à l'écrit. Et comme ce sont mes scènes préférées, évidemment, j'ai été ravie de les retrouver dans le texte !

Autre point fort du récit : la noirceur.

Vous trouviez déjà que le DA était sombre ? Eh bien, l'autrice en rajoute une couche ! Le récit est plus sombre que la "base", dans la mesure où elle parle davantage de la sorcellerie, aspect déjà effrayant dans le film, mais aussi de part l'ambiance. La reine Ingrid règne sans partage sur son royaume et son côté "omniscient" (grâce au Miroir) terrorise le peuple. On en avait déjà un bref aperçu dans le DA, mais ici, Jen Calonita pousse vraiment ce côté effrayant de la reine, à tel point qu'on se demande où n'est-elle pas ! C'est d'autant plus terrible qu'on découvre cela en même temps que Blanche-Neige, coupée du monde, qui n'avait aucune idée de l'emprise de sa belle-mère sur le royaume.

Cette ambiance pesante pèse sur le récit car nos héros ont constamment la menace Ingrid au-dessus de leur tête. Du coup, on ne sait jamais ce qui va leur tomber dessus, tant les pouvoirs de la souveraine semblent sans limite. Je n'ai jamais pu lâcher le livre, tant j'étais prise dans l'histoire, désireuse de savoir ce qu'il allait advenir de Blanche et ses amis. Et surtout de savoir comment le prince allait croquer dans la pomme à la place de sa dulcinée !

Et si l'ambiance est plus travaillée, les personnages le sont aussi !

A commencer par la reine Ingrid, qui a toujours été pour moi une des méchantes les plus emblématiques de Disney (même si elle s'appelle Grimhilde dans le DA, mais passons...). Ici, l'autrice accorde des chapitres entiers à son histoire, où on découvre comment cette adolescente victime d'un père violent en est arrivée à la Méchante Reine qu'on connait tous. Un développement bienvenu, qui permet à l'autrice de lui inventer une histoire, un passé qui vont la conduire vers cette reine assoiffée de pouvoir, dont la jalousie et l'orgueil la poussent à éliminer celles qui osent surpasser sa beauté. Même si elle perd peu à peu de sa superbe et de son influence à mesure qu'on avance dans le récit.

Les chapitres qui la concernent nous permettent aussi de suivre ses pensées, notamment lors des scènes-clés du DA (la transformation en sorcière, pour ne pas la citer), renforçant ce sentiment d'effroi qu'elle nous a inspiré étant petits. Pourtant, je n'ai pas pu m'empêcher de m'attacher à elle, malgré sa méchanceté, surtout dans les premiers chapitres "flashs-backs".

A travers Ingrid, l'autrice aborde aussi la sorcellerie, peu présent dans le film (mais oh combien marquant !). On en apprend un peu plus sur la magie, les sortilèges utilisés et j'ai trouvé ce point très intéressant. Là aussi on découvre comment la future reine s'est lancée dans la sorcellerie, au point de savoir préparer une potion pour la transformer en vieille femme.

Blanche-Neige est également mieux traitée. Il est vrai qu'on garde d'elle l'image d'une princesse en attente du prince charmant, et qui ne fait pas grand chose, à part s'occuper du logis des nains. Ici, Jen Calonita lui offre une personnalité plus complexe et un caractère plus affirmé.

Faut pas oublier que Blanche a vécu enfermée dans un château, sans contact avec le monde extérieur pendant des années, réduite en esclavage par sa belle-mère. Ce retrait forcé l'empêche de prendre réellement conscience des problèmes du royaume, ce qu'elle ne découvrira que plus tard, au contact des nains. Mais sa gentillesse et sa douceur sont déjà des qualités appréciées par les domestiques, au point qu'elle "symbolise" déjà la résistance du peuple face à la reine.

Une fois à l'extérieur, plus elle prend conscience des choses, plus elle s'affirme. On découvre alors une princesse qui ne veut que le bien de son peuple, désireuse de rendre à son royaume sa prospérité d'antan. Elle entre en opposition totale à sa belle-mère, deux personnages aux caractères et ambitions diamétralement opposés. J'ai même l'impression que plus on avance, plus Blanche grandit. La princesse du début n'est plus du tout la même qu'à la fin. Une évolution très appréciable venant d'un personnage qualifiée d'"has-been" la plupart du temps. Ce n'est que justice pour une princesse pas aussi cruche que ce qu'on veut bien nous faire croire.

Le prince Henri a également droit à un beau développement ! Personnage fade qui n'apparaît qu'au début et à la fin du film, ici, l'autrice développe davantage son caractère ; un prince gentil et courageux, désireux d'aider Blanche dans sa quête. Bon, c'est sûr qu'on reste dans le thème du "prince charmant", mais il devient vraiment "vivant" dans ce roman. Comme pour la reine, Jen Calonita lui invente une famille, un passé certes moins développé qu'Ingrid, mais un passé quand même.

Sa relation avec Blanche est aussi améliorée. Si nos deux tourtereaux ne se voient qu'au début et à la fin du DA, Un jour ma princesse viendra développe là aussi leur relation. Le duo apprend à se connaître, à s'apprécier, à s'entraider dans l'adversité. Chacun puise son courage et sa force chez l'autre, formant un couple plus uni, plus touchant et plus "vivant", là encore.

Finalement, mon seul regret est que les nains n'aient pas eu droit au même traitement. Ils jouent bien sûr un rôle primordial dans l'histoire, mais ne sont pas aussi exploités que ça. C'est dommage, parce que l'autrice avait une belle occasion de leur offrir aussi un développement plus travaillé, mais elle ne l'a pas fait. Dommage.

Petit plus que j'ai aussi apprécié : le fait que même les objets ont leur histoire. Que ce soit le Miroir ou la pomme empoisonnée, ils ont un "développement" précis, à tel point qu'on comprend que le choix de la pomme pour tuer la princesse n'est pas le fruit du hasard (sans mauvais jeux de mot). Quand au Miroir, on apprend grâce aux chapitres consacrés à Ingrid d'où il vient et comment la reine l'a acquis.

Je n'ai pas grand chose à dire sur le style, mis à part que l'autrice a su parfaitement retranscrire l'ambiance du DA, tout en ajoutant de la noirceur dans l'ensemble. J'avais réellement l'impression de lire le scénario d'une autre version à Blanche-Neige et les sept nains. A tel point que je regrette maintenant que cette version n'ait pas été retenue !


Premier Twisted Tales et ce ne sera pas le dernier ! J'ai adoré ce livre, très respectueux du film d'animation, tout en apportant du développement à l'histoire, aux personnages (la reine, le prince et Blanche-Neige) et plus de noirceur au récit. Je regrette juste que les nains n'aient pas eu droit au même traitement. Mais si vous voulez découvrir cette série, foncez sur celui-ci !



Winternight, tome 1 : L'ours et le rossignol


HISTOIRE

Vassia est la dernière d'une fratrie de quatre enfants. Elle seule peut voir les créatures fantastiques, gardiennes de l'équilibre entre leur monde et celui des hommes.
Mais Anna, sa belle-mère, fervente religieuse, est bien décidée à éradiquer les anciennes traditions...

CRITIQUE

Cela faisait longtemps que je n'avais pas chroniqué un livre. Et celui-ci m'a donné envie de me relancer sur le blog, même si ce sera de manière très sporadique.

Dans ce premier tome, on fait la connaissance de Vassia et de sa famille. Notre héroïne est assez spéciale, de part les circonstances de sa naissance, mais aussi par sa capacité à voir les créatures folkloriques, issues des contes que racontait Dounia, sa nourrice, étant enfant. Cette capacité l'éloignait déjà des villageois qui la regardaient d'un mauvais œil, mais avec l'arrivée d'Anna, sa belle-mère, c'est toute l'ambiance du village qui va être chamboulée.

Ce qui m'a frappée durant ma lecture, c'est que l'autrice a doté l'hiver d'une personnalité. Non seulement de part le folklore, mais aussi par l'emprise que cette saison semble avoir sur les hommes. Même quand les autres saisons sont là, on dirait que l'hiver attend son heure pour déployer ses griffes glaciales et geler les villageois. On peut dire qu'il s'agit vraiment d'une lecture hivernale.

J'attendait surtout l'aspect folklorique du récit, voir comment il allait être traité. Et je n'ai pas été déçue ; on sent que Katherine Arden a fait des recherches, pour nous proposer tout un univers qui ne demande qu'à avoir des offrandes, pour protéger les maisons du mal qui se répand peu à peu. J'ai adoré découvrir ces créatures, dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Et pour les plus curieux, un glossaire se trouve en fin d'ouvrage, pour en apprendre plus sur ces créatures. Certaines m'ont intriguée, d'autres m'ont fait flipper. Mais une chose est sûre : j'espère de tout cœur qu'elles reviendront dans les tomes suivants !

L'ambiance aussi est très travaillée. On sent qu'une menace plane, mais on ne connait pas sa nature exacte. Comme l'héroïne, on se pose des questions et on veut savoir ce qui va se passer. D'autant plus qu'au village, plus on avance dans le récit, plus l'ambiance devient stressante, voire morbide. De quoi rajouter une sensation d'angoisse, voire même d'étouffement, tant on a l'impression que le village est coupé du monde, à cause de cet hiver qui n'en finit pas.

Je ne sais pas si on a un aspect historique dans ce récit, mais j'ai beaucoup aimé cette plongée au cœur d'une Russie moyenâgeuse (même si on ne parle pas de "Russie" proprement dit à cette époque), où on côtoie tantôt la noblesse, tantôt les paysans. Le fait que l'autrice nous fasse suivre plusieurs personnages est une excellente idée car non seulement on suit différentes intrigues, mais en plus, cela permet d'approfondir les personnages et d'en apprendre plus sur les coutumes de cette "Russie" d'un autre temps.

D'ailleurs, les descriptions sont tellement travaillées que j'ai eu l'impression de me retrouver soit dans les couloirs d'un palais, soit dans la maison de Vassia, où la nourriture manque, où la moindre source de chaleur est la bienvenue. Ca participe à l'immersion du récit.

Par contre, je ne m'attendais pas à ce que le rythme du livre soit si lent. Il faut vraiment attendre le dernier tiers pour que les choses bougent enfin. Perso, ça ne m'a pas tellement posé de problème, mais pour ceux et celles qui aiment l'action, vous n'allez pas en trouver des masses ici. Katherine Arden prend vraiment le temps de mettre les choses en place, de développer ses personnages, au risque de déséquilibrer l'intrigue. Comme c'est un tome 1, ça ne me dérange pas. J'espère juste qu'on aura plus d'actions dans les tomes suivants.

Même si les personnages sont développés, ils ne sont pas tous attachants.

Vassia est courageuse et doit porter seule le poids de maintenir les traditions pour que les créatures ne dépérissent pas, mais elle doit faire face à l'hostilité des villageois (surtout sa belle-mère), mais aussi au scepticisme de sa propre famille. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà qu'une créature des temps anciens s'intéresse de très près à elle...

Bref, une héroïne seule contre tous, à laquelle je me suis énormément attachée. Tout au long de ma lecture, je voulais la prendre dans mes bras, la soutenir, la protéger... Il me tarde de voir ce qu'elle devient dans le deuxième tome.

Sa famille est plus "chaotique", dans le sens où l'attachement ne s'est pas fait pour tout le monde. Ca a été le cas avec Piotr (le père), les frères et sœurs de Vassia, malgré leur scepticisme. Surtout Alioucha, le seul frère encore présent dans la maison (les deux autres étant parti vivre leurs vies), protecteur envers Vassia et même le seul à vraiment la croire. Seule Olga m'a parue distante, du coup, j'ai eu du mal à éprouver de la sympathie pour elle.

J'ai adoré par contre Dounia, la nourrice des enfants, à l'origine de toutes les histoires décrites dans le texte, dont le rôle est plus important qu'il n'y paraît et son amour pour la famille est sans faille.

Par contre, Anna, la belle-mère de Vassia est détestable au possible. Elle aussi voit les créatures, mais elle les considère comme des visions démoniaques. Fervente dévote, elle veut à tout prix s'en débarrasser. Et quand il s'agit de sa belle-fille, y a plus de limite. Une femme haïssable au possible, dont on souhaite la mort le plus rapidement possible.

J'ai bien aimé le style d'écriture, où l'immersion est au rendez-vous. Comme je l'ai écrit plus haut, on sent que l'autrice a fait beaucoup de recherches, pour nous proposer une histoire intéressante, riche, qui m'a vraiment transportée !


Ce premier tome sert davantage d'introduction, tant l'autrice soigne ses personnages et son univers. L'aspect folklorique est incontestablement le gros point fort du récit, mais les amateurs d'actions devront passer leur chemin, tant le rythme est lent. Il n'en reste pas moins que L'ours et le rossignol est une belle surprise et il me tarde maintenant de poursuivre la trilogie !



vendredi 9 mars 2018

Lieutenant Eve Dallas, tome 1 : Au commencement du crime

HISTOIRE

Le lieutenant Eve Dallas est appelée pour un homicide : le corps d'une prostituée a été retrouvée dans un appartement. L'enquête s'annonce d'autant plus difficile que la victime n'est autre que la petite-fille d'un sénateur très en vue aux Etats-Unis.
Rapidement, la route de la jeune femme croise celui de Connors, un séduisant milliardaire qui figure parmi les suspects. Entre raison et passion, Eva devra faire face aux démons de son passé pour démasquer le coupable...

CRITIQUE

J'avais choisi ce titre au pif pour mon Challenge ABC Thriller/Policier 2018, mais je dois dire qu'une intrigue mélangeant romance et policier n'était pas pour me déplaire. Et je suis satisfaite de cette lecture, même si on est loin du coup de cœur.

Pour ce premier volet d'une loooooongue série, Eve Dallas doit enquêter sur le meurtre d'une prostituée, parent proche d'un sénateur qui ne veut rien de moins que le fauteuil présidentiel. Durant l'enquête, elle va faire la connaissance de Connors, un milliardaire qui ne la laisse pas indifférente. Entre ses sentiments naissants et sa soif de vérité, la jeune femme va jouer un jeu dangereux, mêlant argent, sexe et politique.

Même si le récit n'est pas original, j'ai passé un agréable moment. On est directement plongé dans l'enquête et c'est parti pour plus de 300 pages où Nora Roberts nous présente une affaire très intéressante mélangeant sexe, argent et pouvoir.

Car la politique occupe une grande place dans l'intrigue ; déjà parce que la première victime est la petite-fille d'un sénateur, mais aussi grâce au statut de prostituée, qui a changé.
On apprend en effet que l'industrie du sexe a maintenant des codes et des règles plus stricts. De plus, le grand-père de la première victime est ultra-conservateur et ne lui parle plus, suite à son choix de vie.

Ces changements sont dû aux indices temporels que l'auteure nous donne. En effet, l'histoire se déroule en 2068, dans une Amérique futuriste, où la technologie est plus évoluée que jamais. On ne donne pas non plus énormément de détails, mais suffisamment pour donner d'en apprendre davantage sur ce monde futuriste. Une petite touche SF surprenante, mais bienvenue. Sans doute le point le plus positif et intriguant du roman.

Concernant l'enquête en elle-même, j'étais curieuse de connaître le coupable. Nora Roberts a bien construit son intrigue et donne plusieurs fausses pistes, avant de nous dévoiler le coupable. De plus, elle multiplie les rebondissements ; ces derniers m'ont surprise, tant je ne m'attendais pas à trouver des histoires finalement sordides.

En revanche, l'identité du tueur m'a un peu déçue. Je veux dire par là que les fausses pistes sont telles que je me suis dit : "Finalement, ça ne peut être que cette personne". Et bingo, c'était cette personne. Cela coule tellement de source que ce n'est pas surprenant.

De plus, la fin m'a aussi déçue, car elle laisse le roman sur un sentiment d'inachevé. Certains vont me rétorquer qu'il s'agit d'un premier tome et que c’est normal. Mais quand on apporte une conclusion définitive à une enquête, ce serait bien aussi de faire pareil avec l'histoire globale, non ?
Bref, une fin décevante, en plus d'être inachevée.

Mais ici, y a pas que du policier, on a aussi de la romance. Et malheureusement, ça pêche.
Déjà, je ne suis pas très fan de romance à la base. Et si c'est mal amené, c'est encore pire ! C'est le cas ici ; Eve tombe facilement dans les bras de Connors alors qu'ils n'ont échangé que trois ou quatre dialogues, et sans vraiment se connaître. Et bien entendu, on n'échappe pas aux inévitables scènes de sexe, assez répétitives, mais pas trop nombreuses.
Cet aspect ne m'intéresse pas du tout, en plus de ne pas être crédible.

Eve est une femme attachante ; elle a déjà un passé difficile qu'elle dévoile tardivement. Malgré ses sentiments pour Connors qui lui font perdre pied (et un peu de crédibilité aussi pour être honnête), elle veut à tout prix retrouver le coupable et se jette à corps perdu dans son travail.
J'ai beaucoup aimé aussi ses relations avec ses collègues de travail ; elle évolue quand même dans un milieu très masculin, mais arrive à se faire respecter. 
Un portrait de femme qui ne m'a pas toujours convaincue, mais j'attends de voir ce qu'elle me réserve dans les tomes suivants.

En revanche, je n'ai pas du tout adhéré à Connors. Ce type est le cliché même du milliardaire qui possède la moitié de la ville et est, bien sûr, un dieu au lit. Et ajoutons à cela son côté mystérieux, puisqu'il refuse de dévoiler des pans de son passé à Eve.
Désolée, mais un cliché pareil, c'est pas possible. C'est pas hyper crédible, mais je trouve que c'est tellement usé que ça en devient risible.

Je n'ai rien de spécial à dire sur l'écriture : Nora Roberts présente un texte fluide, qui se lit rapidement. J'ai beaucoup aimé ses petites touches de SF, qui présentent un monde futuriste intéressant et qui semble plus riche que prévu.

Un premier volet très sympa, malgré une fin décevante et le personnage de Connors très cliché.

lundi 5 mars 2018

Le Monstrologue, tome 1

HISTOIRE

Will Henry, orphelin de douze ans, vit un étrange quotidien, en compagnie de son mentor, le Dr. Wharthrop. Ce dernier reçoit un curieux paquetage nocturne, qui contient deux cadavres.
L'autopsie qui en découle va les mener vers un voyage dangereux.

CRITIQUE

Le Monstrologue fait partie des titres choisis pour mon Challenge ABC Jeunesse/Young Adult. Je n'ai pas lu la saga La 5ème Vague, mais j'étais plus tentée par celui-ci, de part son pitch.
Je suis globalement satisfaite de cette lecture, mais j'ai eu de gros soucis avec les personnages. Mais je vais développer ce point plus loin.

Nous sommes à la fin du 19ème siècle. Will Henry est, depuis le décès de ses parents, l'assistant du Dr. Wharthrop, qui exerce malgré tout une étrange pratique : celui de monstrologue.
Ce métier va le mener vers l'autopsie de deux cadavres, particulièrement éprouvante, où notre duo va devoir affronter des créatures très dangereuses, prêtes à tout pour assouvir leur soif de sang...

Ce qui m'a énormément plu dans ce premier tome, c'est l'ambiance historique qui se dégage. Cela me rappelle un peu Londres à l'époque de Jack l'Eventreur, et ça y ressemble beaucoup, d'autant plus que les monstres que Will Henry et son maître devront affronter sont aussi des tueurs sanguinaires.

J'ai aussi bien aimé l'histoire. Dès le premier chapitre, on est directement plongé dans une ambiance macabre, avec cette autopsie de deux macchabées ! Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'auteur n'est pas avare en détails ! Et c'est parti pour une aventure dingue, où l'on découvre nos premiers monstres, qui provoquent de véritables boucheries ! L'intérêt principal de l'intrigue, c'est de savoir pourquoi ils se sont installés dans la ville de New Jerusalem et comment les arrêter.

Rick Yancey décrit très bien ses scènes, à tel point qu'on a l'impression de "visionner" un film. Cela se ressent surtout dans les scènes de boucherie. Les détails sont tels que j'ai eu des hauts-le-cœur à plusieurs reprises.
L'écriture très cinématographique permet une plongée direct au cœur de la ville et des pensées de Will Henry, notre narrateur.

De plus, le suspens permanent donne envie de lire le livre jusqu'au bout. Autant dire que je ne me suis pas ennuyée du tout !
Si j'ai été satisfaite de la fin, je reste un peu frustrée : je pensais qu'on allait voir pas mal de créatures, mais on se limite à une seule "espèce". Je suppose qu'on aura d'autres monstres dans les tomes à venir, mais vu ce qu'on nous propose déjà dans ce premier tome, je pense qu'il y a là matière à crée un univers riche et varié. Pour l'instant, je laisse le doute subsister, mais j'espère vraiment qu'on aura des éléments supplémentaires dans les tomes suivants.

Le gros souci de ce livre, ce sont les personnages. Je ne les ai pas apprécié.
Sauf Will Henry, notre narrateur, et encore, j'ai trouvé qu'il avait une maturité dingue pour son âge (12 ans). Tellement mature que j'ai eu du mal à croire que l'auteur mettait en scène un gamin. Je pensais plutôt avoir à faire à un ado de 16/17 ans. Son comportement le laisse supposer, mais aussi sa façon de raconter les choses. Bon, ce dernier point s'explique, mais c'est assez soutenu pour un gamin de 12 ans.

En dehors de ces détails, j'ai apprécié Will Henry. C'est un petit bonhomme pour qui la vie n'a pas été simple et qui doit composer avec les caprices de son mentor. De plus, il est confronté à des scènes parfois violentes, ce qui choque d'ailleurs les quelques adultes présents dans l'histoire. Sa façon de réagir est assez incroyable et, comme écrit plus haut, mature pour son âge. Je l'ai trouvé aussi courageux, même s'il tente de montrer par moment sa bravoure aux adultes.

En parlant d'adultes, je n'ai pas trop apprécié le Dr. Wharthrop.
Déjà, j'ai trouvé sa personnalité assez lunatique : tantôt il veut quelque chose, puis une autre... J'ai aussi trouvé sa manière de se comporter avec Will Henry assez tyrannique. Jamais un remerciement (ou alors très tardivement) ou un mot gentil/de consolation... Et puis, c'est quoi cette manie de vouloir absolument montrer toutes ces horreurs à un gosse de douze ans ?! OK, autre époque, autre mœurs ; OK, c'est son apprenti ; mais je trouve qu'un peu de considération ne pourrait pas lui faire de tort !

Autre perso que j'ai détesté : l'"ami" du Dr. Wharthrop. J'ai oublié son nom (et de toute façon, il change d'identité sans arrêt !). J'ai mis le mot "ami" entre guillemets, parce que je trouve son comportement TRES douteux : déjà, sa manie de changer tout le temps son nom et son prénom, que j'ai trouvé incompréhensible. Ensuite, sa façon d'être avec Will Henry ; y a une scène à la fin du roman qui m'a laissée pantoise. Et le mentor de notre héros fait comme si de rien n'était !!! Et c'est pareil pour la scène suivante, où notre homme ne s’embarrasse guère. Il fait preuve d'un aplomb incroyable, même dans les moments difficiles.
En fait, ce type est l'archétype même de la tête à claque que je peux pas blairer !

Rick Yancey propose un texte écrit de manière fluide, proche d'un scénario d'un film. Il allie parfaitement narration, dialogues et descriptions et semble proposer un univers très intéressant qui, je l'espère, s'étoffera dans les tomes suivants.

Un premier volet très sympa qui m'a plongée dans un contexte historique et horrifique bienvenue. Bien loin de la Young Adult actuelle, Le Monstrologue pêche malheureusement par ses personnages détestables, sauf le narrateur.
J'attends de voir ce que la suite me réserve !

jeudi 1 mars 2018

Robert Langdon, tome 1 : Anges et Démons

HISTOIRE

Robert Langdon, éminent professeur en symbologie et iconographie religieuse, reçoit un appel singulier : celui du directeur du CERN, qui demande à le voir d'urgence. En effet, l'un de ses plus brillants scientifiques a été assassiné.
Il ne le sait pas encore, mais le professeur Langdon va se retrouver mêlé à un sombre complot, mêlant religion et science.

CRITIQUE

De Dan Brown, je n'ai lu grand chose, à part évidemment son Da Vinci Code, qui est d'ailleurs devenu une référence pour moi en matière de thriller ésotérique. Ceci dit, j'avais aussi lu Anges et Démons des années auparavant, mais la rediffusion du film (que j'ai bien aimé) m'a donnée envie de le relire une deuxième fois. Et dans l'ordre des aventures du professeur Langdon, bien sûr !
Résultat : j'ai passé un agréable moment, même si Anges et Démons ne m'a pas autant marquée que son illustre prédécesseur (et pourtant, en matière de chronologie, Da Vinci Code se déroule après les événements de cet opus !).

Pour sa première aventure, Robert Langdon se rend au CERN, en Suisse et, par la suite, dans la cité du Vatican. Il devra mettre ses connaissances à profil pour mettre à mal un terrible complot qui menace le Vatican. Pour ce faire, il sera assisté par la fille du scientifique décédé. Mais ils doivent faire vite car le compte à rebours est lancé...

Ce qui fait la force de ce récit, c'est le suspens permanent que l'auteur entretient. Le bouquin fait plus de 600 pages (et encore, j'ai lu la version grand format), mais on ne les sent pas passer.
Je ne me suis pas ennuyée, alors que je me souvenais de quelques éléments qui m'avaient fortement marqué durant ma lecture. Et le fait d'avoir visionné une partie du film y est aussi pour quelque chose.
Mais j'ai trouvé l'ensemble très bien construit, malgré les quelques facilités que j'ai pu glaner ici et là. Ceci dit, elles sont tellement minimes qu'elles ne m'ont pas dérangée.

Les rebondissements et les révélations s'enchaînent, sans jamais tomber dans la surenchère, ce que j'avais reproché à La vérité sur l'affaire Harry Québert. Ici, on se rend compte que le complot est bien plus vaste que ce qu'il semblait et cherche à marquer la scission entre la religion et la science.

C'est précisément ce conflit l'intérêt central de ce bouquin. Les cent premières pages illustrent d'ailleurs merveilleusement bien le propos ; on apprend que le scientifique assassiné cherchait à prouver scientifiquement des faits décrits dans la Bible (et plus spécifiquement dans la Genèse). Il voulait aussi illustrer concrètement l'une des théories scientifiques les plus connues ; je n'en dirais pas plus, mais sachez que ce fut le point le plus intéressant du livre. J'ai adoré cette partie, très bien documentée et très intéressante, tant du point de vue scientifique, que du point de vue religieux et éthique.

Passé le cap des 100 premières pages, c'est parti pour un voyage entre les murs du Vatican et les rues de Rome. Une course contre la montre qui apporte son lot de suspens, de révélations et de rebondissements.

Robert Langdon est un personnage attachant ; déjà son côté "professeur en symbologie" a tout pour me plaire, mais certaines scènes ne sont pas sans me rappeler mon propre vécu (celles de l'ascenseur ou des archives, par exemple).
Comme je l'ai écrit plus haut, certains moments semblent trop "faciles" pour notre héros, même s'il galère souvent avant de trouver LA réponse à une énigme ou à un problème.

L'alchimie avec la demoiselle qui l'accompagne (je ne sais plus son nom) fonctionne très bien ; leur complémentarité leur servira de nombreuses fois, les sortant même de situations dangereuses. J'ai beaucoup aimé l'évolution de leur relation, tant d'un point de vue professionnel que personnel.

Même si le livre est gros, Dan Brown distille son suspens avec efficacité et propose des passages très intéressants, parfois même des réflexions sur la place de la religion dans notre société ou encore l'impact de la science dans nos vies. Le tout avec fluidité, même si certaines scènes sont parfois difficiles à comprendre (les passages sur la matière, par exemple). Mais on sent vraiment qu'un travail de recherche considérable a été fourni derrière.

Anges et Démons est un thriller ésotérique efficace, qui fait passer le temps, même si je le trouve moins bon que le Da Vinci Code.

vendredi 16 février 2018

Les secrets d'une blogueuse amoureuse, tome 1

HISTOIRE

Kayla est l'Oracle, la spécialiste de l'amour. Pour cinq dollars, elle vous prodiguera ses précieux conseils. Pourtant, la demoiselle est loin d'avoir collectionné les amoureux ! Et quand e beau Jared entre dans son champ de vision, les ennuis ne sont pas loin !

CRITIQUE

Voilà une nouvelle relecture, puisqu'il faisait partie des nouveautés jeunesse de la bibliothèque. Et comme j'avais adoré lors de ma première lecture, je voulais voir si le constat était le même.
Et je confirme : mon ressenti n'a pas changé, des années plus tard. Car j'ai passé un excellent moment avec ce titre !

Kayla est une adolescente simple, qui passe son temps entre le lycée et ses amis. Sauf qu'elle a un secret : elle est l'Oracle, cette conseillère en amour, qui vous donnera ses astuces, moyennant cinq dollars.
Le jour où Jared débarque dans sa vie, la jeune fille perd peu à peu ses moyens. Entre son identité secrète et son amour naissant, elle va devoir jongler pour ne pas perdre pied !

Ce que j'ai adoré, ce sont les moments où Kayla devient l'Oracle et dispense ses conseils à ceux et celles qui l'appelle. J'ai trouvé qu'elle s'en sortait de manière professionnelle, pour quelqu'un qui a peu d'expériences en matière de relations amoureuses. L'aspect "blog/site Internet" est le gros point fort du récit.

Evidemment, s'il ne brille pas par son originalité, j'ai adoré suivre Kayla dans sa vie de tous les jours, que ce soit avec ses amis, Jared ou sa famille (surtout sa sœur, qui lui demande souvent conseil pour ses rendez-vous galants). J'ai beaucoup aimé le début de relation entre Kayla et Jared ; on a droit aux premiers émois amoureux, côté Kayla puisque c'est notre narratrice.

Bon, soyons francs : y a un aspect qui me gave dans les romances, que j'ai malheureusement retrouvé ici. C'est quand la fille part dans un délire comme quoi le mec en question ne l'aime pas, craque pour une autre (souvent la bimbo du lycée), etc. Je déteste ce genre de considérations dans les romances, même s'il s'agit d'un passage "obligé". Heureusement, ça ne dure pas longtemps.

Les personnages sont hyper attachants ; à commencer par Kayla.
Je l'ai trouvée très mature par rapport à son job d'Oracle ; elle n'hésite jamais à se lancer à fond pour aider les personnes du mieux qu'elle peut. Pareil au lycée : que ce soit pour des anonymes ou ses proches, si un projet lui tient à cœur, elle n'hésite pas à aller au bout de l'idée !
J'ai trouvé son couple avec Jared tout mignon, malgré le fait qu'elle m'ait agacée à un moment donné, suite à ce que j'ai écrit précédemment. Le fait qu'elle s'imagine un scénario, au lieu de parler directement avec la personne concernée, c'est le genre de choses qui me font lever les yeux au ciel.

J'ai beaucoup aimé Jared aussi. C'est un garçon très doué en dessin, qui semble à priori parfait. Mais on imagine bien qu'il cache bien son jeu ! Les petites piques qu'il se lance avec Kayla sont géniaux, en plus d'être tout mignon avec sa dulcinée !

Les amis de la jeune fille sont ultra attachants. Ils apportent chacun leur petit plus, qui enrichissent la personnalité de l'héroïne. J'ai hâte de les retrouver dans le deuxième tome !
Même commentaire pour la famille, et plus particulièrement la grande sœur de Kayla. Et vu ses problèmes sentimentaux, j'espère que cette dernière va trouver une solution pour l'aider !

Bon, faut pas se leurrer, Darkiss oblige (une collection Harlequin, je le rappelle), y a pas de recherche dans l'écriture. Ça se lit vite et très bien. Il faut dire que la police est grande, ce qui apporte un certain confort de lecture. Bon, c'est pas forcément la meilleure méthode de lecture, mais elle permet d'engloutir le livre en quelques heures.

Les secrets d'une blogueuse amoureuse est un excellent roman, avec des personnages attachants et un côté "blog" qui apporte un rafraîchissement bienvenu !

mardi 13 février 2018

Phobos, tome 1

HISTOIRE

Dans le cadre du programme Genesis, six garçons et six filles sont choisis pour coloniser Phobos et former les futurs couples qui bâtiront leur nid, une fois sur place.
Léonor, avec ses compagnes de voyage va rencontrer chaque garçon à travers des séances de speed-dating et tenter de trouver son futur époux...

CRITIQUE

Phobos est LA saga SF Young Adult qui a fait beaucoup parler d'elle sur la blogosphère. Je voulais découvrir la plume de Victor Dixen et voir ce que cette saga avait dans le ventre.
Encore une fois, un roman unanimement plébiscité ne m'aura pas convaincue.

Léonor, avec cinq autres filles et six garçons, participent au programme Genesis, où ils devront former les premiers couples à coloniser Mars... ou plutôt Phobos, l'un de ses satellites. A travers des séances de speed-dating, ils vont apprendre à se connaître et les premières affinités naissent... ainsi que les premières rivalités !

Honnêtement, un pitch pareil ne me tentait pas des masses. Je voulais surtout voir comment le côté SF allait être exploité ; et finalement, l'histoire est plutôt bien passé, malgré les facilités scénaristiques que j'ai pu relever.

L'une d'elle, au début du livre, aurait pu être mieux traitée, mais il faut bien justifier les révélations qui arriveront aux oreilles de nos apprentis astronautes !
Ceci dit, l'auteur a réussi à happer mon intérêt pour son roman. J'aimais beaucoup ce qu'il proposait, au travers des scènes baptisées "Champs" et "Contre-champs", même si j'ai préféré ces derniers.

En effet, les scènes "Contre-champs" dépeignent une vision du programme Genesis finalement très peu reluisante. Et on se rend compte que cette émission de télé-réalité cache une vérité plus sordide que ce qu'annonçait le résumé. Rien que pour cet élément, j'ai été séduite par les idées de M. Dixen. Et cela me donne envie de lire la suite, d'autant plus qu'il mets en place deux ou trois intrigues qui risquent fort de s'emboîter les unes aux autres pour les tomes à venir.
Elles sont d'autant plus réussies, qu'étant à la troisième personne du singulier, on peut se balader d'un groupe à l'autre, même si le programme Genesis reste l'élément commun, à différents échelles.

En revanche, les scènes "Champs" m'ont beaucoup moins plues, et ce pour deux raisons.
La première est le choix de la narration. L'auteur a pris le parti de suivre seulement Léonor. Et donc, uniquement le compartiment des filles.
J'aurais tellement aimé avoir le point de vue des autres filles et des six garçons, quitte à se balader d'un point de vue à un autre à chaque "Champ". Ça aurait été génial de percevoir leurs opinions, notamment par rapport aux speed-datings.
Surtout que notre Léonor est loin d'être une véritable héroïne pour moi.

La deuxième raison est qu'il ne se passe pas grand chose d'intéressant. Passée la découverte de leur compartiment, les filles passent plus leur temps à discuter de leurs séances de speed-dating, quand elles ne sont pas occupées de leur côté.
Heureusement que les scènes "Contre-Champs" sont plus intéressants ; ce sont finalement ces passages qui m'ont convaincue de poursuivre cette lecture.

Et puisqu'on parle des speed-dating, autant le dire d'emblée : j'en ai aimé aucun !
Je sais que le but est de former les futurs couples et qu'ils sont plongés dans une situation exceptionnelle, mais je ne lis pas de la SF pour me retrouver avec des scènes ou filles et garçons se rentrent dedans à coup de drague ultra lourde ! Perso, j'ai levé les yeux au ciel à plusieurs reprises, tellement je trouvais ces scènes ridicules.

Autre gros point négatif : les personnages.
N'en déplaise à certains, je trouve que Léonor est une grosse Mary-Sue, malgré les tentatives de l'auteur pour essayer de la paraître plus "normale".
Sauf que la demoiselle a un physique de rêve (on insiste énormément sur sa chevelure rousse), est la seule qui découvre LE truc important du roman, ne veut pas suivre les règles (parce que c'est bien connu, l'héroïne ne fait jamais comme tout le monde !) et veut imposer les siennes... Bref, Léonor n'a pas vraiment de défaut.
Je dis "vraiment" parce que Victor Dixen essaie de nous faire croire qu'elle a des défauts. Qu'elle complexe énormément à cause d'une brûlure (qu'elle a baptisé d'ailleurs la Salamandre) ou encore qu'elle hésite entre deux garçons, quitte à se faire passer pour une manipulatrice.
Le problème ? L'auteur force tellement le trait que ça en devient risible. Perso, j'ai eu du mal à croire qu'on pouvait autant complexer sur une blessure, même si Léonor entretient le mystère autour d'elle.

Et comme c’est notre narratrice, on ne voit l'aventure qu'à travers ses yeux. Ce qui diminue fortement l'approfondissement des autres personnages.
Les autres filles et les garçons sont réduits à leur physique et à deux ou trois traits de caractères. On a bien quelques éléments de passé pour certains d'entre eux, mais c'est exposé à la va-vite, si bien qu'on finit par oublier ces détails.
La seule qui m'a vraiment semblé intéressante, c'est Safia. De part son passé, elle m'a beaucoup touchée. Elle apporte la touche de sensibilité et de douceur bienvenue dans le groupe. J'espère qu'elle se dévoilera davantage dans les autres tomes (même commentaire pour les autres) !

L'écriture est très cinématographique. Déjà par les termes "Champs" et "Contre-champs" pour les différents chapitres, mais aussi au vu des descriptions fournies.
Ces dernières sont très vivantes, tant et si bien qu'on imagine parfaitement les scènes dans la tête. Cela rend l'ensemble très immersif, ce qui reste un gros point fort du récit.

Malgré sa mise en scène soignée, digne d'un film, ce premier tome ne m'a pas convaincue. En cause : une histoire inégale et des personnages pas très développés, d'autant plus que l'héroïne est insupportable, en plus d'être proche de la Mary-Sue.
Ceci dit, l'ensemble m'a suffisamment intriguée pour me donner envie de lire la suite.

samedi 10 février 2018

Strom, tome 1 : Le Collectionneur

HISTOIRE

Les jumeaux Raphaël et Raphaëlle semblent ordinaires. Pourtant, leur vie bascule le jour où leur parrain leur révèle qu'il est un Chevalier de l'Insolite et qu'il fait partie d'une étrange confrérie, à laquelle les deux enfants sont invités à y entrer.
Là, ils vont apprendre à maîtriser leurs facultés, dont le Strom. Mais un mystérieux Collectionneur vient perturber leur découverte de l'Insolite ; aux jumeaux de l'arrêter et de percer le mystère entourant le personnage...

CRITIQUE

J'avais lu ce livre des années auparavant, à l'époque où seul ce premier tome était sorti. J'avais apprécié cette lecture, même si je ne l'avais pas trouvé exceptionnelle.
Je l'ai relu dans le cadre du Challenge des Douze Thèmes, pour celui de Février, à savoir : lire le premier tome d'une saga.
Verdict : mon avis n'a toujours pas changé. Ça reste sympa, mais sans plus.

Ce premier volet nous présente les jumeaux Raphaël et Raphaëlle et leur découverte de la confrérie où ils deviendront un jour, ils l'espèrent, Chevalier. Mais avant, ils doivent suivre une formation pour leur permettre d'apprendre à maîtriser le Strom et de découvrir que le monde n'est pas celui qu'on croit...

Vous l'aurez sans doute compris, il s'agit clairement d'un tome d'introduction. On découvre, en même temps que les jumeaux cette fameuse confrérie et tout ce qu'elle représente.
Et on se rend compte que le monde n'est finalement pas celui qu'on croit !
J'ai beaucoup aimé cette partie de l'histoire, où les auteurs s'amusent à revisiter des pans de notre monde (tant du point de vue historique que pour la faune) pour les remodeler à la sauce "Strom". C'est, pour moi, la plus grande qualité du livre, d'autant plus que la fin laisse présager des trucs énormes, qui risquent fort de faire vaciller la confrérie !

Je regrette cependant qu'on reste constamment en surface, malgré les explications fournies. Ça reste très introductif, alors qu'on a matière à approfondir les choses. Peut-être que ça évoluera dans les tomes suivants ; j'attends donc de voir ce que les auteurs nous réservent pour la suite.

Le récit en lui-même est plutôt plaisant à suivre, même si c'est un roman destiné à la jeunesse. Je trouve que ça reste simple, voire simpliste. Y a beaucoup de facilités quand même. Certaines situations sont facilement désarçonnées, alors qu'il y avait matière à créer des scènes vraiment dramatiques.
Après, pour découvrir le genre fantastique, ce premier volet est parfait. Très accessible, il permet d'appréhender les premiers aspects d'un roman fantastique, pour que lecteur ait envie par la suite de découvrir d'autres romans du même genre, mais plus poussés.

Je ne me suis pas ennuyée, mais c'était pas l'extase non plus. La faute aux éléments qui sont soit résolus facilement, soit aux situations exposées auparavant qui ne se révèlent pas aussi menaçants qu'on le croyait.
La fin en est le parfait exemple.
Durant tout le livre, on nous pond une menace, d'autant plus mystérieuse qu'on ne connait rien de ses objectifs et de ses motivations. Même la confrérie ne sait pas à quoi s'attendre.
Et finalement, la menace n'en n'est pas une ! On se retrouve avec une séquence qui ne tient pas ses promesses, même si elle apporte une petite touche d'émotion bienvenue.
N'empêche, si c'est pour nous parler d'une grave menace durant plus de 200 pages pour qu'on se retrouve avec une scène pareille au final, ça n'en valait pas la peine !

Les personnages sont assez attachants, même si, là encore, je relève quelques facilités.
J'ai largement préféré Raphaëlle à son frère. Déjà, elle est plus réceptive que lui en ce qui concerne l'Insolite et surtout le Strom. Et aussi parce qu'elle est plus posée et a soif de découverte. Je me suis totalement reconnue en elle, même si je regrette qu'elle apprenne tout très facilement.

Je me suis moins attachée à son frère, par contre. Idem pour les autres personnages, excepté leur parrain, qui semble avoir un passé intéressant, encore une fois très peu exploité dans ce volet. Là aussi, j'ai hâte de voir s'il va évoluer dans les volumes suivants.

L'écriture des deux auteurs est très fluide, cela permet de se plonger très facilement dans le récit. Le gros souci est clairement le manque de développement dans le scénario et les personnages et l'absence de véritable enjeu.

Strom est un bon point de départ pour ceux et celles qui veulent découvrir le genre fantastique. Pour ma part, je cherche des récits beaucoup plus développés, mais il n'empêche que je l'ai trouvé sympa. C'est juste que ce premier tome ne m'a pas transcendée.

mardi 6 février 2018

Agatha Raison, tome 1 : La Quiche Fatale

HISTOIRE

Agatha Raison profite d'une retraite anticipée pour s'installer dans la campagne anglaise où elle s'ennuie rapidement. Le concours de quiches du village serait une bonne occasion de se faire remarquer et de s'attirer les bonnes grâces de ses voisins.
Mais le juge du concours est retrouvé mort après avoir dégusté une part de sa quiche. Alors que les soupçons se dirigent vers elle, Agatha va alors tenter de démasquer elle-même le coupable...

CRITIQUE

Je voyais pas mal de titres de la saga Agatha Raison, que ce soit en librairie "classique" ou en librairie d'occasion. Et quand j'ai vu le premier tome à la bibliothèque, je l'ai emprunté. Et je ne regrette pas : j'ai passé un bon moment, même si ce policier ne révolutionne pas le genre (à mes yeux).

Agatha Raisin, la cinquantaine, emménage en pleine campagne anglaise pour profiter de sa retraite anticipée. Mais elle ne tarde pas à s'ennuyer, d'autant plus que les habitants ne lui réservent pas un accueil des plus chaleureux. Pour remédier à ce fait, elle participe au concours de quiches qui devrait lui rapporter un capital sympathie auprès des villageois. Pas de bol, l'arbitre meurt empoisonnée, après avoir goûté sa quiche !
Pour écarter tous les soupçons, Agatha va enquêter...

Il faut quand même reconnaître que l'enquête en elle-même ne casse pas trois pattes à un canard. D'ailleurs, on ne peut pas vraiment parler d'enquête. On a bien quelques éléments de temps à autre, mais on passe plus notre temps à suivre Agatha dans sa nouvelle vie (où elle dépense sans compter, d'ailleurs) que dans sa première grande enquête.
Le twist final n'est pas vraiment surprenant ; l'auteur ne cherche pas vraiment à nous offrir un jeu de piste et nous dévoile l'identité du coupable sur un plateau d'argent. Du coup, je n'ai pas été surprise par cet élément de l'intrigue.

L'histoire se centre vraiment sur les premiers pas d'Agatha dans la campagne anglaise. En effet, elle a passé toute sa carrière à Londres, en pleine ville. Femme active, elle se retrouve du jour au lendemain sans réelle activité à exercer. Elle va peu à peu se familiariser avec son nouvel environnement, de part ses déplacements et ses discussions avec les habitants.

Et on se rend compte que ces derniers ont manifestement bien des choses à cacher ! Derrière ses façades paisibles, bien des cadavres se cachent dans le placard. Et Agatha, par sa présence et ses interrogations, va les déterrer, ce qui ne va pas plaire à tout le monde.

J'ai beaucoup aimé cet aspect de l'histoire, où une citadine pur jus se (re)découvre dans la campagne et son regard par rapport à la ville de Londres après un séjour loin de tout. L'auteur souligne clairement le contraste entre la ville et la campagne, point que j'ai particulièrement apprécié.

M.C.Beaton soigne aussi les relations entre les protagonistes. Que ce soit l'héroïne avec ses nouveaux voisins ou ses anciens collègues, on prend le temps de poser les bases et de présenter différents aspects des relations humaines, sans doute le point le plus intéressant de tout l'ouvrage.

En revanche, ce qui me chagrine, c'est la présentation d'Agatha.
A lire le résumé, on dirait que notre bonne femme a un sacré caractère, qu'elle ne se laisse pas démordre, au point de déranger. Alors, pour ce deuxième point, je suis entièrement d'accord.
Mais pour le caractère, je reste sceptique.

Elle montre certes par moment un caractère de cochon, mais elle plus donnée l'impression d'être une femme un peu paumée, qui ne sait pas trop à quoi s'accrocher. Elle se lance dans l'enquête, en dilettante, au grand désespoir des policiers (dont un en particulier qui va malgré tout s'attacher à elle).
Elle se laisse souvent porter par les autres, alors qu'elle tend à tout garder pour elle.
Du coup, j'attends Agatha dans les prochains tomes, voir si elle va s'améliorer ou au contraire, stagner.

Pareil pour les autres personnages, du moins certains d'entre eux ; je pense qu'on va les revoir dans les autres volumes, en espérant qu'ils vont davantage se dévoiler. Je pense notamment aux collègues d'Agatha ou encore à certains flics, qui la suivent et tentent désespérément de lui faire la leçon !

J'ai trouvé que l'ensemble était immersif, que l'auteur dépeint une ambiance vraiment distincte, tant entre la campagne que la ville, ainsi que le côté enquête et le côté "découverte d'une nouvelle vie".

J'ai passé un agréable moment avec ce livre, même si je ne le trouve pas exceptionnel. J'attends Agatha et ses nouveaux amis dans de nouvelles aventures, en espérant qu'ils se révéleront davantage.

mercredi 31 janvier 2018

Les Ailes d'Alexanne, tome 3 : Le Faucheur

HISTOIRE

Après ce qui s'est passé avec la secte, Alexei cherche à protéger les gens qu'il aime à tout prix. C'est sans compter sur la détermination de sa nièce, Alexanne, à vouloir le secourir et à ses amis qui s'unissent contre leur ennemi.
Parviendront-ils enfin à venir à bout de leur adversaire ?

CRITIQUE

J'avais dans l'idée de poursuivre des sagas en 2018 et j'ai choisi ce volet pour mon challenge ABC Jeunesse/Young Adult. J'avais bien aimé les deux premiers tomes, même si le deuxième m'avait un peu plus déçue que le premier.
Or, ce troisième épisode des aventures d'Alexanne est une énorme déception. Je ne sais pas encore à ce stade si je lirais la suite.

Nous retrouvons la famille Kalinovsky quelques temps après les événements du tome deux. Alexei est en danger de mort et veut protéger sa famille à tout prix. Mais le Faucheur possède de terribles pouvoirs et veut attirer le jeune homme droit dans un piège. Avec sa nièce Alexanne, sa sœur Tatiana, sa compagne Danielle et ses amis, il va tenter de mettre son ennemi hors d'état de nuire.

Par où commencer ? Par l'histoire et y a déjà pas mal de choses à dire.
Commençons d'abord par ce qui s'y passe ; en fait, y a pas grand chose. On a bien quelques scènes qui essaient de donner un peu de suspens et de tension, mais ce n'est pas toujours cohérent (je vais revenir là-dessus plus loin).
En fait, durant 358 pages, on tourne en rond, tant du côté des gentils que du côté des méchants. On attend désespérément qu'ils se bougent les fesses pour agir en conséquence, mais il faut attendre les cinquante dernières pages pour qu'il se passe ENFIN un truc !
Et encore, le combat est tellement rapide que, finalement, ça se règle en deux temps trois mouvements !

Deuxième souci : l'incohérence.
J'ai relevé surtout une scène assez incroyable : Christian et Mélissa sont enfermés dans le bureau du commissariat car ils sont prisonniers d'un sortilège maléfique. Ils cherchent à défoncer la porte, alors que leurs collègues sont A COTE OU EN FACE DU BUREAU.
Comment se fait-il que personne ne les entendent en train d'essayer de défoncer la porte ?! Il faut attendre que Mélissa hurle pour qu'ils réagissent !
Autre incohérence : les relations entre les personnages. Le coup de foudre, ça va bien deux minutes, mais à force de placer le karma comme seule explication aux relations amoureuses bâclées et sans réelle profondeur, je dis non. A un moment donné, faut donner plus d'explications et ne pas se cantonner au même discours.

Troisième souci : l'inégalité dans les différentes intrigues.
L'auteure amène deux histoires différentes dans ce troisième volet : la traque du Faucheur et une enquête sur une série de meurtres d'enfants.
Or, ce dernier aspect est quasiment occulté par la partie "Faucheur", alors que l'enquête est le point de départ du livre ! Mais on parle pratiquement pas, à part dans quelques scènes finalement avares en détails et explications en tout genre. OK, on n'est pas dans un roman policier, mais mince : j'aurais aimé que Mme Robillard développe un peu tout ça, quitte à ajouter une centaine de pages supplémentaires.

Sauf qu'elle occulte l'enquête et qu'elle se centre essentiellement sur les attaques du Faucheur.
Mais dans les quarante dernières pages, l'auteure semble se rappeler subitement qu'elle avait instauré une enquête en cours dans son histoire ; il faut donc rapidement apporter une conclusion, histoire de bien montrer que ça n'a pas été placé en vain !
Mais la résolution de l'enquête est tellement surréaliste que je n'y ai pas cru une seconde ! Tout se résout en même pas vingt pages !

Quatrième souci : les facilités scénaristiques.
J'en avait déjà parlé dans mes chroniques des deux tomes précédents, mais là, c'est tellement abusé que ça en devient risible.
Télépathie, télékinésie, lire dans les pensées, guérir les blessures, sentir la présence d'un ennemi, et j'en passe. A ce stade, les Kalinovsky ne sont même plus des fées, ce sont carrément des dieux !
Je sais qu'on est dans une saga fantastique, mais c'est pas une excuse, bien au contraire ! Il faut montrer les limites des pouvoirs des personnages et clairement faire comprendre au lecteur qu'on n'a pas affaire à des demi-dieux, mais à des êtres humains dotés de facultés exceptionnelles.
Là, c'est beaucoup trop facile ; on se demande même sérieusement pourquoi ils tournent autant en rond en attendant que le Faucheur se manifeste.

Mais surtout, ces facilités n'offrent aucun véritable enjeu dans le livre.
A partir du moment où vous avez des personnages dotés de pouvoirs (presque) divins, y a pas vraiment de scène dramatique, par exemple. Et pourtant, y en a bien une dans ce bouquin qui aurait mérité d'apporter une touche dramatique : mais non ! L'auteure arrange le coup et "tout est bien qui finit bien". NON ! La vie ne marche pas comme ça, même pour un récit jeunesse avec des éléments fantastiques !

Cinquième et dernier point négatif trouvé dans le récit : le fait que pratiquement tous les personnages soient en couple.
Sérieux, Mme Robillard avait un contrat qui l'obligeait à caser tout le monde ? Parce que nos héros sont (quasi) tous en couple ! Même les célibataires trouvent une compagne, et parfois de façon assez poussée !
Pourquoi c'est négatif ? Déjà parce qu'on sent que l'auteure veut caser ses persos de manière forcée, mais je vois pas l'intérêt de montrer tout le monde (ou presque) en couple ! Je pars du principe qu'on peut être heureux sans être avec quelqu'un dans sa vie !

Parlons maintenant des personnages. Et là aussi, le bilan n'est pas terrible.
Alexanne et Tatiana qui m'avaient beaucoup touchée, surtout dans le premier tome, perdent leur intérêt, même si, dans le cas d'Alexanne, elle acquiert une certaine assurance. Et vu ce qui lui arrive à la fin de ce tome-ci, je serais curieuse de voir ce qu'elle va faire... même si je sais pas encore si je lirais la suite.

En revanche, Alexei est devenu insupportable. J'ai détesté sa façon d'agir, alors que cela ne m'avait pas posé autant de problème auparavant.
Mais il est bien entouré maintenant ; il devrait même avoir trouvé un semblant de paix dans sa vie. Seulement, encore dicté par la colère et la haine, il passe son temps à dire qu'il doit éliminer le Faucheur seul, s'enfuit à la moindre contrariété... Bref, c'est comme ça durant les deux tiers du livre. Je suis très déçue, je pensais quand même que son comportement avait évolué, avec ce qui lui est arrivé dans les tomes précédents ; ben, pas du tout.

Les personnages secondaires restent clairement secondaires, même s'ils apportent leur soutien à la famille Kalinovsky. Mais je n'ai pas relevé de personnalité vraiment marquante chez eux.
Encore une fois, ce sont les gentils d'un côté et les méchants de l'autre.

Et puisqu'on parle du méchant, le Faucheur n'a jamais réussi à me convaincre. Déjà parce qu'il mets trois plombes à intervenir, mais surtout, avec la puissance qu'il possède, il pourrait se débarrasser de ses ennemis sans aucun problème. Franchement, pire méchant... tu meurs !

Je reconnais que le style d'Anne Robillard est simple et ne s'encombre pas de détails inutiles. On sent qu'il s'agit d'un livre destiné à la jeunesse... mais là, c'est beaucoup trop jeunesse pour moi.

Ce troisième volet ne m'a pas du tout convaincue. L'histoire est mal construite, les personnages perdent de leur intérêt, voire leur capital sympathie pour certains d'entre eux et le méchant n'est pas du tout convaincant. Reste la plume, mais ce n'est pas suffisant pour remonter le niveau.