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samedi 20 février 2021

Les carnets de l'Apothicaire, tome 1

HISTOIRE

Mao Mao est devenue servante à la cour impériale, après avoir été enlevée. Intelligente et vive, elle essaie de faire profil bas et de cacher ses talents d'apothicaire et sa passion pour les poisons.

Mais les intrigues de la cour vont l'amener à croiser Jinshi, haut-fonctionnaire, très intéressé par ses talents. Ce dernier va la nommer goûteuse personnelle d'une des favorites de l'empereur ; un poste aussi important que dangereux...

CRITIQUE

Voilà un titre que je voulais lire dès sa sortie, tant le pitch m'intéressait. Les intrigues de cour sont un sujet que j'aime beaucoup, et on peut dire que j'ai été servie !

Ce premier tome est assez introductif et met bien en place les premières intrigues et les personnages. Surtout Mao Mao, l'héroïne, capable de créer des poisons et de reconnaître les symptômes au premier coup d'œil. Cette capacité d'observation va l'amener à devenir goûteuse personnelle d'une des favorites de l'empereur et à croiser la route de Jinshi, un homme aussi mystérieux que séduisant.

On découvre donc un huit-clos où les complots sont légions ; le moindre faux pas peut être fatal ! Notre héroïne le sait bien, puisqu'elle essaie d'être la plus discrète possible.

J'ai beaucoup aimé ce contexte particulier, dans le palais impérial. Je ne sais pas à quelle période historique se rattache le manga ; on n'a pas d'indice temporel là-dessus, ce qui est dommage. Par contre, le fait de rester constamment en huit-clos donne au lecteur le sentiment d'être piégé. On se demande à quelle sauce Mao Mao va être mangée, et surtout, ce qui va arriver, tant on a l'impression que tout peut exploser à n'importe quel moment !

Du coup, j'ai bien accroché au récit, même si on sent que tout reste introductif. Mais les éléments mis en place donnent suffisamment envie pour qu'on ait envie de lire la suite : les favorites de l'empereur et leurs dames de compagnie, les morts de nouveau-nés, Jinshi lui-même, etc. Bref, pas mal d'éléments instaurés, qui ne demandent qu'à être développés dans les tomes suivants.

Les personnages sont aussi introduits, et ne demandent qu'à être davantage mis en avant. A commencer par Mao Mao, une experte en poisons, qui peut en fabriquer, pourvu qu'on lui laisse les ingrédients, le temps et la place nécessaires.

On sent qu'elle a déjà un parcours de vie difficile. Ayant travaillé dans une maison close avant son enlèvement, elle a eu l'occasion de vivre pas mal de choses ; autant d'expériences qui ont forgé tant son talent d'apothicaire que son caractère. Son insensibilité au charme de Jinshi va provoquer bien des situations cocasses !

Son intelligence va lui être utile dans ce véritable nid de serpents ! Même après avoir été repérée par Jinshi, elle tente de rester la plus discrète possible ; pas évident quand on est devenue goûteuse et dame de compagnie d'une des favorites de l'empereur ! D'autant plus qu'elle est régulièrement sollicitée pour les évènements relatés dans ce premier volet.

Bref, un portrait très intéressant, que j'ai hâte de retrouver pour la suite !

Par contre, j'ai eu beaucoup plus de mal avec Jinshi. Déjà, j'aime pas la façon dont il s'approche un peu trop près de Mao Mao, mais surtout, son côté "charmeur" m'a laissée indifférente. Bon, il s'en sert pour des raisons politiques, mais quand même, je ne me suis pas attachée à lui. J'espère que ça va s'améliorer par la suite, parce que ce personnage est quand même mystérieux. Je suis curieuse de voir comment il a accédé au poste qu'il occupe, et comment il est arrivé au palais impérial.

D'autres personnages semblent intéressants, notamment la favorite à laquelle Mao Mao est attachée au service (je me rappelle plus son nom) et ses dames de compagnie ; l'eunuque au service de Jinshi ; autant de personnages qu'il me tarde de retrouver par la suite, car ils m'ont vraiment intrigués.

J'ai beaucoup aimé le style graphique ; certaines planches sont vraiment superbes à voir !

Un premier tome introductif, mais qui met tout en place ; personnages et intrigues de cour. Ne reste plus qu'à développer tout ça dans les tomes suivants ! En tout cas, cette série semble prometteuse !

lundi 1 mai 2017

Le maître des livres, tome 2

HISTOIRE

Mikoshiba continue de conseiller les usagers de la bibliothèque pour enfants "La Rose Trémière".
Que ce soit une femme amoureuse de son patron, un adolescent désireux d'illustrer des livres pour enfants ou encore un père qui souhaite se réconcilier avec sa fille ; tous vont, au travers de la littérature enfantine, se retrouver et donner un nouveau sens à leur vie.

CRITIQUE

Le premier tome a été un tel coup de cœur que je n'ai pas pu m'empêcher d'emprunter directement les tomes suivants ! Et ce manga est toujours aussi géniallissime à lire ! A tel point point que j'envisage sérieusement d'acheter les tomes pour commencer ma mangathèque personnelle !

On retrouve ici Mikoshiba, notre bibliothécaire toujours aussi passionné mais toujours aussi rustre quand il s'agit de parler (le pauvre M. Miyamoto en fait régulièrement les frais !), avec ses deux jolies collègues et les usagers (nouveaux ou fréquents) qui se retrouvent au travers des histoires qu'ils lisent.

Ce qui m'a beaucoup plus dans ce deuxième tome, c'est qu'on apprend à connaître davantage nos personnages. Notamment sur Kayo qui, vous allez voir, a une vie de famille difficile. La séquence avec son père est d'ailleurs très touchante.
Mikoshiba aussi nous révèle une nouvelle surprise à la fin du manga ; je n'en dirais rien pour ne pas spoiler, mais sachez que cela risque de provoquer bien des remous au sein de la bibliothèque et de son équipe !

Mais ce que j'aime plus que tout dans cette série, c'est la place de la littérature dans la vie de nos protagonistes. Quel que ce soit le genre littéraire, chaque nouveau venu trouve matière à réfléchir à sa vie personnelle et tenter, par la suite, de sortir du problème auquel il est confronté. Et comme souvent, les livres en question, forment un parallèle avec les tourments que traversent nos héros.
Et une fois encore, Umiharu Shinohara nous présente des récits pas toujours connus dans nos contrées, mais pas toujours. De temps en temps, il présente des récits qu'on peut trouver facilement dans les rayons des librairies et/ou des bibliothèques.

Parmi les nouveaux venus, on a un adolescent désireux d'illustrer des livres pour enfants. Rêve qu'il préfère garder secret, par peur des moqueries de ses camarades.
J'ai adoré la scène où il raconte sa première histoire à des petits ; la façon dont ils sont à fond dans le récit, comment les dessins sont présentés... Bref, un moment tout simplement savoureux qui reste d'ailleurs mon préféré sur les tomes que j'ai lu jusqu'à présent !

J'ai beaucoup aimé aussi la scène avec le vieil homme qui souhaite retrouver un titre pour honorer la mémoire d'un ami d'enfance. La façon dont Mikoshiba gère le problème est tout simplement fantastique : je me suis totalement reconnue là-dedans !

Bref, tout ce petit monde est plus attachant que jamais. Que ce soit les persos principaux ou secondaires, ils ont tous ce petit quelque chose qui fait qu'ils marquent de leur empreinte les murs de "La Rose Trémière". A tel point que j'ai toujours ce petit pincement au cœur quand j'ai terminé la lecture de ce deuxième tome.

Le coup de crayon est toujours aussi agréable à l’œil, même si c'est pas non plus exceptionnel. J'aime toujours autant le chara-design des persos féminins, plus "agréables" à regarder que celui de ces messieurs.

Ce deuxième volet est toujours aussi succulent ; on en apprend plus sur nos personnages et la littérature reste le centre de ce manga puisqu'il permet à nos héros de tirer les leçons de leur vie respective.
Tout simplement géniallissime !

mardi 25 avril 2017

Le maître des livres, tome 1

HISTOIRE

A la bibliothèque "La Rose Trémière", Mikoshiba n'hésite jamais à guider les usagers qui cherchent un livre précis.
Que ce soit un adulte ou un enfant, ses méthodes, parfois rustres, permettent surtout de découvrir des tranches de vie.

CRITIQUE

Pour continuer sur ma lancée avec les mangas, j'ai voulu découvrir cette série, centrée sur les livres. En tant que lectrice assidue et fréquentant régulièrement les bibliothèques, cela ne pouvait que me parler.
Verdict : ce premier tome est mon premier coup de cœur depuis que je me suis remise à la lecture !

Pourtant, pas de fantastique, pas de suspens ; juste Mikoshiba et ses collègues qui font tourner une bibliothèque spécialisée sur les livres pour enfants. Au travers de ce bâtiment et de plusieurs livres, on découvre des personnages secondaires qui traversent tous un moment difficile dans leur vie ; la lecture sera une sorte de catharsis qui va leur permettre de dépasser leurs difficultés et mieux s'ouvrir au monde.

Evidemment, avec un thème pareil, je ne pouvais qu'être conquise : chaque personnage se retrouve dans son histoire personnel au travers d'un récit fourni par Mikoshiba, la plupart du temps. Pour le mangaka, c'est l'occasion de nous conter ces petits aspects de la vie quotidienne qui trouvent un parallèle parfois troublant avec les romans dont il est question dans ce premier volet.

Les livres sont donc LE point central de la série, puisque non seulement ils permettent aux protagonistes de faire le point sur eux-mêmes, mais c'est aussi l'occasion de découvrir des titres pas forcément connus dans nos contrées.
Et les quelques romans présentés sont de genres différents : aventure, suspens, policier, conte... Umiharu Shinohara a l'excellente idée de dévoiler plusieurs types d'histoires, susceptibles de plaire à tous. Et de nous rappeler qu'il n'y a pas d'âge pour apprécier des livres pour enfants !

Les personnages, qu'ils soient principaux ou secondaires, sont hyper attachants.
A commencer par Mikoshiba, le bibliothécaire. Avec ses manières rustres, il peut détonner, mais il se révèle passionné par son métier et vraiment désireux d'aider les usagers dans leurs requêtes. Cela le rend d'autant plus attachant que ce premier tome nous permet de trouver l'origine de son amour pour la lecture.
Ses deux collègues féminines, Kayo et Mizuho sont tout aussi passionnées, même si plus en retrait. J'ai hâte d'en apprendre plus sur elles dans les volumes suivants !

On a aussi M. Miyamoto, premier personnage qui ouvre le récit et qui va se révéler un usager assidu après sa rencontre avec Mikoshiba. Il semble cacher pas mal de choses, mais il se révèle très gentil, malgré les sautes d'humeur de l'unique bibliothécaire masculin auquel il fait régulièrement les frais. Mais son rôle risque fort d'être plus important dans la suite de la série !

Parmi les autres protagonistes, on a pêle-mêle un jeune garçon qui va découvrir que chaque livre peut renfermer un potentiel trésor ; une mère hyper protectrice qui va devoir apprendre à lâcher du lest pour son petit garçon...
Bref, une galerie qui ne demande qu'à s'étoffer, même si on risque de les recroiser par la suite.

Pour terminer sur le coup de crayon, faut pas s'attendre à un sens du détail très poussé. Si les dessins sont très sympas, je n'en retiens rien d'exceptionnel. Mais j'apprécie tout particulièrement le chara-design des personnages féminins, même si certaines d'entre elles ont presque tendance à se ressembler. Mais ce petit détail ne m'a pas empêchée d'apprécier ce manga, bien au contraire !

A tous les amoureux des livres et des bibliothécaires, ce manga est fait pour vous ! Un coup de cœur magistral qui me donne non seulement envie de lire la suite, mais aussi de vous faire partager plus que jamais mon amour des livres !

lundi 24 avril 2017

Bride Stories, tome 1

HISTOIRE

A 20 ans, Amir est mariée à un garçon de huit ans son cadet. Elle vit désormais dans une tribu totalement différente de la sienne et doit apprendre à vivre dans sa nouvelle communauté.
Mais sa famille, qui a trouvé un arrangement matrimonial plus avantageux, décide de faire marche arrière et de la récupérer.

CRITIQUE

Depuis que j'ai repris la lecture, j'ai eu l'envie de me remettre aux mangas. Il faut savoir que je suis davantage tournée vers les romans que les bandes dessinées, qu'elles soient franco-belges, japonaises ou autre.
Mais j'ai malgré tout décidé de retenter l'aventure en empruntant quelques séries, pour recommencer l'aventure du manga, et Bride Stories fait partie de ceux-là. Suite aux avis très positifs sur la blogosphère, j'ai voulu découvrir le style graphique de Kaoru Mori à travers cette saga et j'en suis très contente ; c'est une très belle surprise !

On suit donc Amir dans sa nouvelle vie, à la suite de son mariage avec un garçon de huit ans son cadet, Karluk. Malgré leur différence, les époux vont apprendre à se connaître et à s'apprécier mutuellement. Jusqu'au jour où la famille d'Amir décide de la récupérer, ayant trouvé un mariage plus avantageux pour leur clan.

Ce que je retiendrais surtout de ce manga, c'est le coup de crayon formidable de la mangaka. Elle apporte un soin tout particulier aux détails : que ce soit les vêtements, la faune ou la flore, chaque planche est un régal pour les yeux. Rien que la couverture offre un travail splendide, mais à l'intérieur, c'est carrément de l'orfèvrerie !

L'histoire en elle-même est plutôt plaisante, même si pas extraordinaire : on suit Amir dans sa nouvelle vie d'épouse, au sein de sa belle-famille et de sa tribu.
J'ai d'ailleurs été agréablement surprise par la façon dont elle gère ce nouveau départ ; elle n'hésite jamais à rendre service et ses relations avec sa belle-famille sont au beau fixe.
On suit donc leur quotidien, dans l'Asie centrale du 19ème siècle. Evidemment, autre époque, autres mœurs. Cela peut paraître surprenant, voire choquant qu'une femme de 20 ans épouse un gamin d'à peine 12 ans. Pourtant, ce qui était un barrage pour moi au début est rapidement tombé et cet élément ne m'a plus dérangée durant ma lecture.
Je me suis même surprise à penser qu'Amir et Karluk forment un couple tout mignon. On ne ressent pas l'amour attendu, mais malgré tout, un petit quelque chose se passe entre eux. Ils s'apprécient mutuellement et s'entraident constamment.
Non vraiment, j'ai beaucoup aimé ce petit couple^^

Amir est une héroïne que j'affectionne beaucoup. Déjà, son chara-design me plaît énormément ; ensuite, elle a une personnalité affirmée. Elle pratique la chasse avec dextérité et se montre d'une gentillesse et d'une générosité exemplaire. Je pense surtout à la fin avec Karluk ; son dévouement envers son mari est tout simplement exemplaire !

Karluk est un garçon très gentil, même s'il est plus enfantin. Logique, me direz-vous, suite à son âge. Pourtant, il se révèle tout aussi attentionné envers sa femme et sa famille. On sent qu'il est très attaché à eux et que c'est réciproque.

Comme écrit plus haut, nous sommes au 19ème siècle, dans le quotidien d'une tribu d'Asie centrale. J'ai adoré cet aspect historique très bien mis en avant où j'ai appris pas mal de choses de cette époque. Déjà par le sens très poussé du détail, mais je ne serais pas surprise si la mangaka s'est documentée avant de se lancer dans sa série : parce que j'ai vraiment eu l'impression de "lire" un documentaire. Mais pas du tout ennuyeux et terriblement passionnant ! 

Bride Stories ne pouvait pas être un meilleur point de départ pour redécouvrir les mangas. Kaoru Mori possède un sens du détail tout simplement extraordinaire et l'histoire, proche du documentaire, est très sympa à suivre.
Une très jolie découverte !