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jeudi 11 janvier 2018

La Prophétie des Andes

HISTOIRE

Le héros se rend au Pérou après avoir entendu parler d'un mystérieux Manuscrit qui expliquerait le sens de notre vie sur Terre.
Sur place, il rencontre plusieurs personnages qui vont lui expliquer les révélations pas à pas ; mais le gouvernement, hostile au Manuscrit et à son contenu, veille...


CRITIQUE

J'avoue, j'ai choisi ce livre par hasard, mais surtout pour le New Year Book Challenge. Et plus précisément pour la thématique de Janvier qui consiste à lire un livre d'un genre qu'on n'a pas l'habitude de lire.
Et je pense pas renouveler l'expérience du développement personnel durant un moment parce que je n'ai pas du tout apprécié cette lecture.

Le roman se centre sur un homme qui cherche à en apprendre davantage sur le Manuscrit, un texte qui, apparemment, nous apprend le sens de la vie au travers de neuf révélations. Durant son séjour au Pérou, notre protagoniste va peu à peu connaître les révélations et apprendre à les appliquer dans sa vie quotidienne...

Y a pas mal de points qui me chiffonnent dans l'histoire.
Premièrement, le Manuscrit en lui-même. On ne cesse de dire que son existence est top-secrète, que le gouvernement veut tout faire pour cacher son existence... Mais pratiquement tout le monde en a entendu parler ! C'est bien simple : le héros rencontre des gens qui ont soit entendu parler du Manuscrit, soit ont commencé à appliquer les révélations et/ou à les enseigner.
Déjà, ça part mal. Mais j'ai relevé une autre incohérence : si on tient tant à ce que peu de monde connaisse le Manuscrit, pourquoi ne pas carrément buter ceux et celles qui appliquent ses principes ? Pourquoi les garder en vie et se contenter de les laisser partir ? Forcément que les révélations seront transmises à d'autres si tu les laisses gambader dans la nature !!!

Et puis, on a cette scène incroyable dans une prison, qui, pour moi ressemble davantage à une colonie de vacances qu'à un véritable milieu carcéral. Les personnages ne souffrent pas, tant physiquement que moralement, sont très bien traités... Pour des gens qu'on veut à tout prix éloigner du Manuscrit, encore une fois, c'est illogique !

L'auteur tente de nous présenter une menace, tant pour le Manuscrit que pour ceux qui pratiquent son enseignement. Mais j'y ai pas cru : oui, on a bien des scènes de fusillade, dont une où le héros voit quelqu'un mourir sous ses yeux. Mais la scène, censée être dramatique, est noyée sous un délire pseudo-mystique où le gars n'a rien de mieux à foutre que de songer à l'univers et à la façon dont il a été créée !!! Seriously ?!
Bref, cette fameuse menace n'est jamais vraiment présentée comme étant "sérieuse", au point de mettre en danger la vie des personnages. Et je n'y ai pas cru une seconde.

Deuxièmement, les révélations présentées. Déjà, le schéma narratif est toujours le même : le héros rencontre A qui lui apprend une révélation et se met à l'appliquer. Chapitre suivant, il rencontre B qui lui apprend une autre révélation et l'applique, tout en se rappelant la révélation précédente. Puis, il rencontre C et rebelote.
Bref, c'est très répétitif ; et comme y a neuf révélations, bonjour l'ennui !

Ensuite, le contenu de ces révélations est loin d'être exceptionnel. C'est un mélange d'histoire, de psychologie, de religion... Des éléments qu'on a déjà croisé quelque part, pour peu qu'on s'intéresse à ces notions. En ce qui me concerne, y a pas de surprise ; j'avais déjà lu ce que James Redfield nous pond dans ce roman, tant par mes lectures personnelles que par mon parcours professionnel. Tu parles de soi-disantes "révélations" !

En plus, le héros les apprend un peu trop facilement. Encore une fois, se pose le problème de la facilité scénaristique. OK, tout le monde peut apprendre les révélations ; mais de manière aussi fastoche et par le premier venu, faut quand même pas exagérer ! Et, bien sûr, il les assimile aussi naturellement, comme s'il les avait appris toute sa vie. Bof...

Et puisqu'on parle du héros, je l'ai trouvé très con et très fade.
Très con parce qu'il met des plombes à comprendre les révélations alors que j'avais déjà compris les grandes lignes. Mais non, on nous assène les explications à coups de marteaux, pour être bien certains qu'on a parfaitement captés les messages transmis !

Et très fade, parce qu'il n'a aucune personnalité. Il se contente juste de suivre les autres, sans jamais remettre leurs paroles en question, ni leurs actes. Lui-même suit les protagonistes, sans se poser de question, et de parfaits inconnus qui plus est !

Quand aux autres personnages, aucun ne m'a inspiré de l'empathie. Ils vont et viennent et on n'a pas le temps d'approfondir leur personnalité et/ou leur passé. L'essentiel se tient dans leurs discours et ce qu'ils ont compris et appris des neuf révélations.

Il faut quand même reconnaître que le livre se lit facilement. Heureusement d'ailleurs, parce que, malgré ses 317 pages, j'ai trouvé ce livre très mauvais. Voilà encore un livre qui surfe sur le développement personnel, mais qui le fait de manière tellement maladroite que je n'ai jamais cru à l'histoire, ni aux messages qu'il véhicule.

La Prophétie des Andes se caractérise par ses incohérences énormes et son personnage principal débile et très fade. C'est pas demain la veille que je lirais la suite !

samedi 18 novembre 2017

L'homme qui voulait être heureux

HISTOIRE

Un touriste vient voir un vieux guérisseur, impressionné par sa réputation. S'ensuivent alors des discussions et des épreuves qui vont transformer le jeune homme.

CRITIQUE

De Laurent Gounelle, j'ai lu Et tu trouveras le trésor qui dort en toi. J'avais bien aimé cette lecture, malgré les conditions désastreuses dans lesquelles je m'y suis plongée.
Pour celui-ci, je l'ai lu bien plus tranquillement. Et, à l'inverse, j'ai pas du tout aimé !

On découvre Julian, professeur, qui veut rencontrer un guérisseur très réputé. Ce dernier va lui apprendre pas mal de choses et va lui faire passer quelques "devoirs", dans le but qu'il puisse évoluer sa pensée...

Le premier problème que je relève est la brièveté du récit : à peine 168 pages. Et comme c'est très court, on pose des bases scientifiques, psychologiques sans jamais les approfondir. C'est dommage car certains points très intéressants méritaient vraiment d'être davantage développés (je pense aux passages avec les placebos).

Ceci dit, les fameux points psychologiques en question ne sont finalement pas si nouveaux que ça. Ce que je veut dire par là ? Disons que si vous vous intéressez un minimum au social, alors les dires de l'auteur dans ce roman vont sûrement vous évoquer quelque chose.
Pour ma part, j'avais déjà eu vent des dires du guérisseur au travers de mes expériences et de mes lectures sur les sujets abordés. Du style : "Nous sommes maîtres de notre destinée", "On a toujours le choix", "On renvoie une image de nous aux autres", etc.
Bref, rien de nouveau sous le soleil.

Et c'est (presque) pareil en ce qui concerne la science.
Je dis "presque" parce que, pour reprendre les passages sur les placebos, je ne me rappelais plus à quel point les croyances peuvent avoir un énorme impact sur les gens. Après tout, il reste encore tellement de zones d'ombres concernant la psyché humaine...
Par contre, j'ai remarqué un truc : le guérisseur nous parle pas mal d'expériences scientifiques, sans jamais citer ses sources. Je ne doute pas que Laurent Gounelle ait fait un travail de recherche considérable concernant ces expériences, mais quand même, il aurait pu au moins citer un site et/ou un livre... Mais c'est mon côté "documentaliste" qui ressort, c'est pour cette raison que j'en parle dans cette chronique.

Pour le reste : comme je l'ai écrit plus haut, c'est tellement court qu'on n'a pas le temps d'assimiler une chose qu'on passe à la suivante. Du coup, ça m'est passé complètement à travers, en plus d'avoir déjà entendu ou lu certains trucs quelque part.

Et c'est pareil pour les personnages. Ils sont soit antipathiques, soit clichés.
Julian, notre narrateur est totalement antipathique. Non seulement il s'étonne des dires du guérisseur (le gars est censé être prof et il a jamais entendu parler du fait qu'on renvoie une image aux autres ?! Il a jamais suivi de cours de psychologie durant ses études ou quoi ?!), mais devient à la fin du roman très imbu de lui-même et se permet de juger les autres sur base de simples observations (cf. scène du café-glacier).
Et je m'interroge du coup sur le but véritable de ce livre : à quoi ça sert de vouloir améliorer quelqu'un si c'est pour le rendre arrogant à la fin de l'histoire ? Ça n'a pas sens et ça loupe complètement le coche.

Quand au guérisseur, il passe son temps à nous abreuver de phrases toutes faites, sans surprise et sans citer ses sources. Bref, j'en retiens rien de spécial le concernant ; je l'ai même trouvé assez cliché par moments.

Il faut quand même reconnaître que L'homme qui voulait être heureux est un roman très accessible, très simple à comprendre. Il peut poser les bases pour commencer des livres sur le développement personnel, mais en ce qui me concerne, ça a un goût de trop peu.

Une lecture très décevante, avec une histoire banale, saupoudré de détails scientifiques et/ou psychologiques dont je connaissais déjà l'existence, ajouté à des personnages soit clichés ou pas du tout attachants.
C'est un bon point de départ en matière de développement personnel, certes, mais si je veux me lancer dans ce genre de lectures, ce n'est clairement pas ce que je recherche.