jeudi 18 janvier 2018

Love Letters to the Dead

HISTOIRE

Laurel a perdu sa sœur, May, dans des circonstances tragiques. Depuis, elle essaie tant bien que mal de se reconstruire.
Son nouveau lycée et l'arrivée du mystérieux Sky vont être l'occasion pour elle de prendre un nouveau départ.

CRITIQUE

A chaque fois que je passais à la bibliothèque, il me faisait de l’œil. Et finalement, j'ai franchi le cap et décidé de l'emprunter. Je ne regrette pas, même si cette lecture a été moyenne dans son ensemble.

Pourtant, le pitch avait de quoi séduire : une jeune fille perd sa sœur et se rend dans un nouveau lycée pour tenter de redémarrer sa vie. Là, elle va rencontrer plusieurs personnages, dont un mystérieux garçon, qui vont peu à peu l'aider à surmonter cette épreuve.

Je m'attendais donc à un drame poignant, mais finalement, il n'en n'est rien, ou alors très peu.

En fait, la grosse majorité de l'histoire se centre sur la nouvelle vie de Laurel, avec ses amis et son petit copain. On sent malgré tout le mal-être de l'héroïne, d'autant plus qu'elle est notre narratrice.
Ceci dit, ça manque cruellement d'émotion ; je n'ai pas ressenti les pincements au cœur promis, sauf vers la toute fin. Cette dernière est véritablement touchante et m'a vraiment prise aux tripes. Le souci, c'est que ça arrive beaucoup trop tard ; j'avais déjà décroché bien avant de parvenir jusqu'à cette étape.

Mais surtout, c'est inutilement long. Laurel semble cacher un terrible secret, par rapport à la mort de sa sœur. Sauf qu'elle met trois plombes à en parler, notamment pour éviter de perdre l'amour du B.G.M. (le Beau Gosse Mystérieux). Ce genre de procédé me gave énormément ; j'avais envie d'entrer dans le bouquin et de dire à la fille : "Mais bordel, arrête de tourner autour du pot et balance ton truc !!!".
Le bouquin fait à peine 360 pages, mais pour moi, il aurait pu être amputé d'une centaine. C'est parfois long et inintéressant.

Je dis ça parce qu'on passe la plupart du temps à suivre Laurel en cours (ou plutôt, en train de sécher les cours), avec ses nouveaux amis, durant ses sorties avec Sky ou dans des soirées organisées... Bref, l'histoire en elle-même est banale. Y a rien d'exceptionnel.
Pourtant, le mystère entourant la mort de May avait de quoi intriguer. C'est finalement le seul véritable intérêt du roman.

Par contre, ce que j'ai bien aimé, c'est l'utilisation de lettres pour raconter l'histoire. En effet, au début, Laurel doit accomplir un devoir de français assez spécifique : écrire une lettre à une personne décédée. Et elle va se mettre à écrire à des personnalités célèbres défuntes pour raconter sa vie, mais aussi des flashs-backs avec sa sœur. Et on se rend compte à quel point ces personnalités influencent grandement l'héroïne, tant dans son passé que dans son présent.
Même si le produit finit ressemble davantage à un journal intime qu'à un roman épistolaire, j'ai apprécié cette petite touche, très sympa.

Etant donné que Laurel est notre narratrice, on suit ses pensées, son cheminement. Ce dernier est le plus intéressant, puisqu'il permet de suivre l'évolution du personnage, mais je n'ai éprouvé d'attachement envers elle que vers la toute fin du livre. Sachant qu'on parle d'un drame et que ça dure plus de 300 pages, je m'attendais à un personnage plus complexe.
Finalement, elle est assez lambda dans l'ensemble et ne m'a pas transcendée.

Le souci avec une narration à la première personne du singulier, c'est que les autres sont occultés, ou alors, on ne les suit qu'au travers de l'héroïne. C'est totalement le cas ici.
A commencer par Nathalie et Je-sais-plus-son-nom. Ce sont deux filles qui vont développer une relation très forte, qui va marquer les esprits. Le fait d'inclure une relation homosexuelle est géniale, mais comme on suit tout à travers les yeux de Laurel, on voit le couple se former de loin. Avec ce concept, y avait de quoi parler du coming-out des filles, le regard des autres, etc.

On a aussi Sky, cliché par excellence du Beau Gosse Mystérieux. Je n'ai pas éprouvé d'attachement spécifique le concernant, mais encore une fois, Laurel nous le décrit comme canon et quasiment parfait, malgré son côté cachottier. Ouais, chez moi, c'est plutôt moyen...

Mais ça reste malgré tout une lecture agréable à lire, même si le style de l'auteure va un peu en dent-de-scie. On a tantôt des scènes assez poétiques, qui donnent matière à réfléchir ; tantôt on tombe dans un style contemporain qu'on voit dans pas mal de romans du genre et qui ne marque pas l'esprit du lecteur.

Love Letters to the Dead aurait pu être poignant, mais ça a loupé avec moi. L'histoire est banale et le style est en dent-de-scie. Sans parler des personnages, pas vraiment travaillés. Dommage car le pitch annonçait un récit qui malheureusement n'est pas à la hauteur de son résumé.

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