mercredi 28 février 2018

La maison des murmures

HISTOIRE

Sarah, fille d'un starlette assassinée, est engagée pour un étrange travail : retrouver un magnétophone, qui contiendrait le dernier témoignage de Rex Feinis, ancienne célébrité, décédé dans un tremblement de terre.
Seulement, Sarah va se rendre compte que son travail dépasse le cadre d'une simple trouvaille...

CRITIQUE

Si vous me suivez depuis un moment, vous savez que Serge Brussolo est un de mes écrivains préférés. Ce que j'aime surtout, c'est son imagination débordante !
Et il prouve, une fois encore, qu'il n'a pas son pareil pour inventer des histoires farfelues, mais diablement cohérentes. C'est précisément le cas de cette Maison des murmures.

Le travail de Sara est, à priori, simple : retrouver un vieux magnétophone dans des containers laissés à l'abandon. Mais les dit-containers contiennent ce qu'il reste de la maison de Rex Feiris, une célébrité décédée dans le tremblement de terre qui a ravagé sa demeure. Or, on raconte d'étranges rumeurs et légendes sur Feiris et sur sa maison, surnommée "La Maison des murmures". Et Sara va s'apercevoir que les légendes contiennent une part de vérité.

Ce que j'ai beaucoup aimé dans l'histoire, c'est l'imagination débordante de l'auteur. Il nous propose plusieurs aspects fantastiques, notamment une histoire de pacte sanglant, de personnages de fictions qui prennent vie... Mais est-ce que tout cela est bien réel ?

Car le génie du récit, c'est de nous plonger constamment dans le doute : est-ce que ce ne serait pas le fruit de personnes en déficience mentale ? Ou bien y-a-t-il vraiment un aspect fantastique derrière tout cela ?
Durant toute ma lecture, je me demandais où était le rêve, ou était le fantasme ? Même la fin laisse planer le doute, sans jamais avoir une confirmation ou une infirmation des deux points de vue. A mes yeux, elles se tiennent parfaitement.

Outre le doute permanent, on a aussi une tension de plus en plus forte qui s'installe. On se demande, comme Sarah, où on a bien pu tomber ! Je ne me suis pas ennuyée une seconde, désireuse de savoir ce qui allait lui arriver. Et de ce point de vue là, je suis en partie satisfaite.
C'est surtout la fin qui m'a déçue ; comme pour Les Emmurés, l'auteur n'apporte pas de réelle conclusion à son récit, nous laissant dans le désarroi. D'autant plus que la tension n'est pas complètement retombée, et qu'il reste encore une part d'angoisse qui traverse la vie de notre héroïne.
Bref, si le récit est bien amené (les révélations sont surprenantes), la fin m'a déçue.

Ce que je retiens aussi de ce texte, c'est le côté "nostalgique". On plonge dans les années 50/60, dans une époque trouble, où le cinéma souffre de la concurrence télévisuelle, de plus en plus présente dans les foyers. Les films en noir et blanc sont d'ailleurs très dépeints et servent d'ailleurs le propos principal du récit. Outre l'aspect cinématographique, on plonge aussi dans la mélancolie de certains personnages, qui regrettent l'époque où ils étaient adulés, mais ne sont plus que l'ombre d'eux-même.
Y a un vrai travail de recherche qui conduit à cette ambiance très particulière que j'ai beaucoup aimé.

Sarah est un personnage attachant par moment, car je l'ai trouvée plutôt "passive" dans sa façon de réagir par rapport aux événements. Ce n'est qu'à la fin qu'elle se décide enfin à se bouger les fesses et à tenter de s'en sortir par tous les moyens.
Ça a donc été en dent-de-scie durant toute ma lecture avec elle. Tantôt cruche, tantôt attachante. Dans tous les cas, elle est oubliable.

Quand aux autres, s'ils apportent tous leur contribution à l'histoire, il n'en ressort finalement pas grand chose. Entre les personnes abjectes qui ne pensent qu'à la drogue et la baise (Antonia ou les deux mecs qui l'accompagnent, dans les scènes avec les containers) et ceux avec une personnalité plus étranges (feu-Feiris qui semblait avoir une influence considérable sur Hollywood ou encore le mentor de Sarah), y en a pas vraiment un qui se révèle attachant.
En revanche, ils se démarquent chacun du lot, de part leur personnalité et leur passé. En fait, ils sont plus marquants que l'héroïne elle-même !

Si Serge Brussolo n'a pas son pareil pour raconter ses histoires, c'est toujours d'une manière fluide, avec toutefois cette ambiance très particulière qui le caractérise. 

Cette Maison des murmures a de quoi donner bien des frissons. Bon, c'est pas le meilleur Brussolo que j'ai lu, mais j'ai adoré l'ambiance mélancolique et nostalgique qui se dégage, sans parler de l'histoire sombre et angoissante. Reste une héroïne à étoffer davantage et des persos secondaires à rendre plus attachants.

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