vendredi 9 février 2018

Les Emmurés

HISTOIRE

Parce qu'elle a raté le scoop de sa carrière, Jeanne est envoyée par son patron dans un immeuble où des personnes emmurées vivantes ont été retrouvées des années auparavant. La jeune femme est chargée de faire un papier vendeur où l'horreur côtoie la personnalité extravagante et dérangeante de l'architecte, M. Malestrazza.
Mais elle va vite déchanter en découvrant que la vérité est encore bien plus terrifiante que ce qu'elle croyait.

CRITIQUE

Serge Brussolo est un de mes auteurs préférés. Il y a des années, j'ai lu ce titre et j'avais dévoré en une journée, tellement je l'avais adoré.
Je l'ai choisi dans le cadre du Valentine's Day Challenge pour voir si mon avis a changé.
Et aujourd'hui, j'ai un avis beaucoup plus mitigé. N'hésitez pas à lire ma chronique si vous voulez en savoir plus !

Notre héroïne, Jeanne, doit enquêter sur une série de meurtres particulièrement sinistres : des personnes emmurées vivantes ont toutes été retrouvées dans le même immeuble. Les quelques personnes qui y vivent encore craignent que le tueur n'ait jamais quitté les lieux et qu'il se terre entre les murs. Au point qu'ils lui font des offrandes, dans l'espoir d'être épargné.
Dans cette atmosphère pesante, notre journaliste va vite se rendre compte que la réalité est encore plus incroyable que les rumeurs qui circulent dans l'immeuble.

Avant toute chose, je tiens à préciser une chose : si vous êtes féministe, alors ce livre vous fera grincer des dents. Car il présente une image de la femme particulièrement dégradante.
En effet, dans ce roman, les femmes sont majoritairement considérées comme des esclaves au service des hommes, et doivent subvenir à tous leurs besoins (sexuels de préférence).
D'ailleurs, Jeanne elle-même semble n'être attirée que par des hommes brutaux et semble même prendre du plaisir à se faire brutaliser et insulter. J'ai du mal à comprendre comment on peut éprouver du plaisir à ce genre de situation... Mais bon, il faut de tout pour faire un monde...

Quoi qu'il en soit, l'histoire est clairement divisée en deux parties.
La première se centre sur l'histoire de l'immeuble et les meurtres qui ont eu lieu. C'est la partie que j'ai préféré.
On entre vite dans une ambiance pesante, sombre, voire glauque. Déjà, avec cette histoire d'emmurés, y a de quoi flipper ! Mais le fait que les résidents croient dur comme fer que le tueur vit toujours entre leurs murs, au point de lui faire des offrandes, y a carrément de quoi se barrer en courant !

J'ai adoré cette ambiance, très bien dépeinte, à tel point qu'on dirait plutôt qu'on visionne un film, plutôt que lire un livre ! Serge Brussolo n'a pas son pareil pour décrire des sensations étranges et bizarres dont lui seul a le secret. J'ai ressenti exactement les mêmes émotions que Jeanne ; j'étais vraiment prise dans l'histoire, désireuse de poursuivre afin de connaître la suite.

Et puis, arrive la deuxième partie.
Même si je l'ai trouvée aussi plaisante, j'ai moins accroché. Déjà, je ne me rappelais pas ce moment de l'intrigue, mais surtout, il faut bien avouer qu'il ne se passe plus grand chose, même si cette partie est riche en révélations. Et une fois encore, l'auteur nous démontre qu'il possède une imagination débordante ; ce qu'il nous révèle au sujet des emmurés et du passé de l'architecte a de quoi vous glacer le sang !

Par contre, je regrette une fin bâclée, qui aurait mérité plus de travail, quitte à ajouter une cinquantaine de pages supplémentaires. Cela donne l'impression que le roman n'a pas été achevé, sentiment que je n'aime pas du tout retrouver quand j'en termine un.

Autre point négatif : je n'ai pas trouvé Jeanne attachante.
Désolée, mais les héroïnes qui éprouvent du plaisir à être maltraitée ou brutalisée par les hommes, très peu pour moi. Je l'ai trouvée aussi assez passive, dans la mesure où elle se laisse facilement dicter sa conduite. OK, elle va vire des événements exceptionnels, mais je n'ai éprouvé aucune empathie pour elle.

Pareil pour les hommes, qui n'ont pas non plus une image reluisante. La grande majorité d'entre eux sont des brutes, pour qui les femmes doivent être leurs poupées dociles et faire tout ce qu'il veulent.
C'est le cas de Pierrot, un gamin de 12/13 ans, mais qui se comporte comme s'il en avait vingt. Il a une vision féminine perverse, ce qui m'a mise très mal à l'aise, surtout vu son âge.
Mais c'est bien le seul qui m'a vraiment marqué, tous les autres étant secondaires, voire tertiaires à l'histoire.

Je reconnais cependant que le style est vraiment superbe : on plonge rapidement dans une ambiance sombre, étrange et pesante, ce qui fait que, malgré ses défauts, j'ai eu du mal à décrocher du récit et, surtout, de cette sensation oppressante qui fait qu'on a du mal à se la sortir de la tête !

Malheureusement, Les Emmurés n'aura pas tenu toutes ses promesses. Je retiens cependant les très bonnes idées de l'auteur, mais la vision des femmes dépeinte dans ce roman et les personnages détestables auront eu raison d'elles.

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