vendredi 8 décembre 2017

Les Substituts, tome 1

HISTOIRE

Tya vit dans une société divisée en plusieurs factions. Elle est une Substitut, un être d'une intelligence très limitée et travaille au sein d'une famille aisée.
Mais, suite au bug de sa puce, elle accède à des connaissances et un langage qu'elle n'est pas censé connaître. C'est le début de la remise en question et de la découverte d'elle-même et du monde qui l'entoure.

CRITIQUE

Suite à l'avis de Mélisendre, j'ai voulu tenter l'aventure avec cette nouvelle saga et je ne suis pas déçue ; j'ai passé un bon moment, malgré les défauts que j'ai pu relever.

Nous sommes dans un monde visiblement dystopique où Tya, notre héroïne, est une Substitut. Comme tous les Substituts, elle possède une intelligence très limitée et doit travailler pour subvenir aux besoins de sa famille.
Or, un bug de sa puce va tout changer : elle va non seulement perfectionner son langage, mais aussi accéder à des connaissances dont elle ne soupçonnait même pas l'existence. C'est le début d'une incroyable aventure qui commence pour la jeune fille.

Le gros point fort du roman, c'est la forme apportée au récit : le début montre clairement les limites langagières de Tya. Elle dit des phrases courtes, avec un vocabulaire très pauvre.
Et plus on avance dans l'histoire, plus sa connaissance du langage s'améliore et, par conséquent, son vocabulaire s'enrichit. les discours plus que minimes du début font place à de véritables descriptions où elle mets des mots sur ses pensées, ce qu'elle voit, ressent.
Le fait que la forme participe au fond est génial ; cela me rappelle Des fleurs pour Algernon de Daniel Kayes, dont la forme est dans la même veine que ce roman.

Si le fond est sympa, il est clairement moins travaillé que la forme.
J'ai beaucoup aimé le monde mis en place par Johan Heliot ; à la fois dystopie et anticipation, il montre une société formatée à partir du niveau d’intelligence de chaque individu. On apprend qu'il existe plusieurs "factions" : les Substituts, les Hauts, les Très-Hauts, la Horde... Bref, tout se petit monde évolue dans cette communauté, même si elles sont séparées. Personne ne se mélange.
L'auteur prend le temps de mettre en place les différents éléments de son univers, qu'on découvre en même temps que Tya, la narratrice. Cela montre surtout qu'il est plus complexe qu'il n'y paraît et laisse présager quelque chose de plus grand pour le deuxième tome.

L'univers est intéressant ; l'histoire l'est moins.
En fait, je ne pensais pas que Tya aurait accédé à une plus grande intelligence bien plus tard dans le bouquin. J'ai été surprise donc quand son discours s'améliore, d'autant plus que ça  n'arrive pas vraiment en douceur.
Mais ce n'est pas grave ; je me suis rapidement habituée au changement de style.
En revanche, à un moment donné, le récit a pris une tournure qui ne m'a pas beaucoup plu ; les passages avec la Horde sont bien trop courts, à tel point que j'aurais aimé plus de développement de ce côté-là. Pareil pour ce qui suit l'épisode Horde ; là encore, plus de développement m'aurait plu.
En fait, j'avais oublié à quel point le roman n'est pas long ; 322 pages. C'est vrai qu'on va à l'essentiel et qu'on ne s'attarde pas sur les détails. Ce qui donne un livre qui va assez vite, malgré ses quelques passages plus calmes où Tya parfait ses connaissances grâce à ses rencontres.

Et puisqu'on parle de Tya, voilà une héroïne à laquelle je me suis attachée. Assez limitée au départ, elle va, à mesure que grandit son intelligence, se rendre compte de l'atroce condition des Substituts et des conditions dans lesquelles ce monde a été créée et son évolution dans le temps.
J'ai beaucoup aimé cette jeune demoiselle de 14 ans qui porte rapidement le destin de tout un peuple sur ses épaules. Etant la narratrice, elle apprend, apprivoise, découvre en même temps que le lecteur.
J'ai hâte de la retrouver dans le tome deux afin de voir la façon dont elle gère le rôle qui lui est attribué !

Je ne parlerais pas des autres personnages, étant donné qu'on ne suit que Tya. Certains semblent intéressants (Cox), d'autres me semblent fades. Sans compter la romance pas du tout crédible, en plus d'arriver comme un cheveu sur la soupe. Heureusement, ce point occupe très peu de place dans l'intrigue, ce qui fait totalement mon bonheur. Je déteste les récits où les histoires d'amour prennent TROP de place dans un livre.

Johan Heliot a une plume qui, comme écrit plus haut, participe clairement à l'intelligence de plus en plus développée de l'héroïne, ce qui renforce non seulement l'attachement au personnage, mais aussi l'immersion à ce monde SF.

Un premier tome très sympa, malgré une histoire en dents-de-scie et des personnages secondaires peu développés, au profil de l'héroïne. Mais je retiens la plume, géniale, et ce monde auquel j'ai la désagréable impression qu'on s'y rapproche de plus en plus.

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