jeudi 7 décembre 2017

La tresse

HISTOIRE

Smila, Giulia et Sarah. Trois femmes qui vivent dans trois pays différents (Inde, Italie et Canada) et qui sont à un tournant de leur vie où elles peuvent tout changer.
Vont-elles saisir la minuscule lueur d'espoir qui se présentera à elles ?

CRITIQUE

Ce livre remporte un beau succès, tant en librairie que sur la blogosphère. Et comme il faisait partie des nouveautés de la bibliothèque, je l'ai emprunté afin de découvrir par moi-même ce qui plaît autant dans cette histoire.
Sûrement la note d'espoir qui parsème le cheminement des trois histoires qu'on suit. Malheureusement, en dehors de ce point, je n'ai pas du tout adhéré.

La tresse met dont en scène trois femmes, de trois pays différents : Smila, Giulia et Sarah.
La première veut que sa fille aille à l'école pour ne pas suivre la même voie que sa mère, à savoir ramasseuse de crottes ; la deuxième veut sauver l'entreprise familiale au bord de la faillite ; et la troisième, avocate réputée apprend qu'elle a un cancer.
On va donc les suivre au travers de leur parcours de vie et leur façon de changer les choses afin de la rendre meilleure, tant pour elles que pour les proches.

J'ai cru comprendre que Laeticia Colombani voulait donner la parole aux femmes à travers ce roman. Intention louable, mais une bonne intention ne fait pas forcément un bon livre.

Pour commencer, le texte se compose à 95% de narration pour 5% de dialogues. On passe le plus clair de notre temps à suivre les pensées de ces femmes, leurs désarrois intérieurs. L'idée en elle-même est plutôt sympa, mais elle souffre de deux problèmes : les répétitions (l'auteure aime à rappeler des éléments qu'on avait déjà découvert quelques chapitres auparavant), mais surtout, je trouve ce choix assez étrange pour un roman censé donner la parole aux femmes...

Autre souci : les informations fournies dans les chapitres. Je ne doute pas que Mlle Colombani a fait des recherches, notamment sur les Intouchables. Mais vu la façon dont elle nous présente les choses, on dirait davantage la retranscription d'un reportage télé qu'une véritable tranche de vie. Cela me donne la très désagréable impression que le texte ne reflète pas vraiment la réalité.

Si la petite touche d'espoir est la bienvenue (surtout en cette période sombre), l'auteure n'apporte pas de réelle conclusion à son roman. On ne sait pas vraiment ce qu'il advient des héroïnes ; je déteste ce genre de fin. Déjà, c'est frustrant et cela me donne une impression de m'être fait arnaquer...

Un autre problème se pose : l'identification.
Je ne me suis attachée qu'à Smila. De part sa condition d'Intouchable, elle veut absolument que sa fille aille à l'école pour ne pas effectuer le même métier, à savoir ramasser la merde des autres dans leurs maisons.
J'ai beaucoup aimé suivre cette mère de famille, prête à tout pour offrir un avenir digne à son unique fille ; j'ai aimé son courage, sa foi au dieu Vishnou, sa détermination. Elle m'a impressionnée.

Je n'en dirais pas autant des deux autres.
Giulia, c'est la jeune femme italienne qui vit dans une famille très traditionnelle. Elle est très famille et veut tout faire pour sauver l'entreprise fondée par son père, au bord de la faillite.
Elle ne m'a pas spécialement séduite, elle m'est apparue assez fade. Et bien sûr, elle est pas fichue de trouver la solution seule, il lui faut un mec pour la trouver à sa place !
Bref, une demoiselle assez nunuche.

Sarah, elle, est avocate dans un prestigieux cabinet. Elle a parfaitement réussi sa vie professionnelle, mais sacrifie sa vie familiale puisqu'elle n'a pas vu grandir ses enfants.
Or, tout bascule quand elle apprend qu'elle a un cancer.
Je pensais qu'on allait suivre son combat contre la maladie, mais pas du tout ; en fait, la seule chose qui la préoccupe, c'est que personne ne doit connaître l'existence de son cancer. Elle ne veut pas être rejetée et qu'on lui prenne sa place. C'est la seule chose qui importe finalement, ce qui m'a insupportée. Qu'elle ne veut pas qu'on soit au courant, d'accord, mais avec une telle mentalité, je trouve cela ridicule !

Concernant le style, je ne dirais pas que c'est mauvais, mais c'est très haché et pas exceptionnel. L'auteure va droit au but, donne très peu de descriptions et donne l'impression de suivre des tranches de vie au travers d'un reportage télé qu'au travers d'une fiction.

La tresse avait tout pour me faire passer un bon moment ; même pas !
Je me retrouve avec un style assez pauvre, des personnages pas hyper attachants et des histoires sans conclusion, bien qu'apportant un moment d'espérance.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire