samedi 9 décembre 2017

Les Petites Reines

HISTOIRE

Mireille, Astrid et Hakima ont remporté un concours Facebook, attribuant les prix des Boudins d'Or, d'Argent et de Bronze.
Les trois adolescentes se lancent alors dans un pari fou : relier Bourg-en-Bresse et Paris, à vélo, en vendant des boudins ! Et chacune a des raisons de se rendre dans la capitale française : parviendront-elles à atteindre leur objectif ?

CRITIQUE

Je me suis lancée dans ce titre, suite aux vidéos de Jess et Mélisendre, qui l'avaient beaucoup aimé. J'ai aussi vu d'autres avis, tout aussi positifs.
Pour ma part, ça l'a pas vraiment fait.

Le pitch de base est un concours Facebook attribuant des prix particuliers : les Boudins d'Or, d'Argent et de Bronze. Et les gagnantes sont Mireille, Astrid et Hakima.
Si la première s'en moque royalement, étant habituée depuis des années aux insultes sur son poids, les deux autres sont anéanties. Mais leur rencontre va donner lieu à une idée dingue : se rendre à Paris, à vélo, en vendant des boudins pour payer leurs frais, afin d'accomplir un objectif personnel.

Un résumé pareil, à priori loufoque, m'a pourtant séduite. Bon, on peut s'interroger sur le fait que les parents laissent leurs filles partir seules, pratiquement sans argent, avec un pick-up, des boudins et des vélos, avec le grand frère de l'une d'elles... et ce, sans aucun problème.
Ce n'est pas ce point qui m'a dérangée. Au contraire : cette aventure va être l'occasion pour le quatuor de faire de belles rencontres, de se surpasser. Leur épopée ne laissera d'ailleurs pas indifférent, puisque les "Boudins" (comme elles se surnomment) vont rapidement faire l'objet d'une médiatisation sans précédent. Si elles reçoivent des commentaires bienveillants, d'autres en profitent pour cracher leur venin, sous couvert d'anonymat. Acte de lâcheté par excellence.

A travers le parcours de ces adolescentes au physique "pas dans la norme", l'auteure aborde des sujets difficiles, comme le harcèlement scolaire ; voir un concours désignant les filles les plus laides sur Facebook et les commentaires insultants sont, hélas, une triste réalité : étant Youtubeuse, je côtoie régulièrement ce dernier point. Alors forcément, cela me parle.
Clémentine Beauvais aborde ce sujet avec délicatesse et cela passe très bien.

Si le message est une réussite et l'histoire pas mal du tout, c'est clairement du côté des personnages et de la narration que ce roman pose problème. Sans parler du ton.

Je ne suis pas contre l'auto-dérision, surtout dans ce genre de situation, bien au contraire. Mais là, l'auteure en fait trop.
Mireille, notre narratrice, habituée aux critiques sur son physique prend le tout avec légèreté. Je dirais même avec TROP de légèreté. Elle se permet parfois un discours très lourd qui m'a fait lever les yeux au ciel à plusieurs reprises. Je déteste ces personnes qui balancent des trucs et se croient drôles alors qu'en fait, pas du tout. Je l'avoue, je suis une fille qui ne rit pas beaucoup. Il faut dire que je suis une grande adepte de l'humour noir.
Tout ça pour dire que, si j'ai souri une ou deux fois au début du récit, ça n'a plus été le cas par la suite. L'humour de ce roman m'a agacée.

Du coup, je ne me suis pas du tout attachée à Mireille, qui m'a gonflée, même si son caractère force l'admiration. Elle ne se laisse pas avoir et n'hésite pas à se plonger dans des situations loufoques. Mais son humour agaçant m'a laissée de marbre. Même si elle remonte le moral des troupes, je n'ai pas vraiment eu d'empathie pour elle.

Le fait que tout soit racontée de son point de vue restreint le roman puisqu'on ne suit que ses pérégrinations, à travers ses yeux. Or, j'aurais adoré connaître l'avis d'Astrid, Hakima et Kader (grand frère de cette dernière) sur leurs aventures et leur façon de gérer les différentes situations et leur célébrité grandissante.
De même, j'aurais aussi aimé avoir un avis extérieur à leur épopée ; celui des parents, par exemple. Ou encore celui des journalistes, tant ceux du journal télévisé que de la presse et/ou de la radio.
Bref, y avait largement matière à multiplier les points de vue, quitte à rallonger le bouquin. C'est, pour moi, le plus gros point noir du roman.

Malgré cela, Les Petites Reines se lit très vite et permet de passer un moment assez agréable, pour peu qu'on soit sensible à son humour, ce qui n'a pas été mon cas.

Un livre qui a eu de très bons avis sur la blogosphère, mais en ce qui me concerne, c'est presque loupé. La faut en grande partie à l'humour très lourd et une choix de narration pas judicieux.
Mais le message véhiculé est une réussite et l'histoire en elle-même est plutôt plaisante.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire