mercredi 20 novembre 2013

Le Dernier Jardin, tome 1 : Ephémère

HISTOIRE

Rhine a seize ans. Elle n'a plus que quatre ans à vivre.
Kidnappée et contrainte à un mariage polygame, elle n'a qu'une idée en tête : fuir et retrouver son frère jumeau, Rowan.


CRITIQUE

Décidément, entre la dystopie et moi, c'est l'amour fou ! Et ce livre me l'a encore prouvé en m'offrant un magnifique récit poignant, dramatique et un tantinet dérangeant.
L'histoire met en scène Rhine, une ado de seize ans, kidnappée et mariée de force, avec deux autres filles. Elle n'aura alors de cesse de trouver une solution pour fuir de sa prison dorée.
L'intrigue m'a énormément plu : on suit Rhine dans ses pensées, dans ses relations avec ses soeurs-épouses, son mari, son beau-père et surtout avec Gabriel, un domestique avec qui elle va se lier d'amitié. Mais si vous vous attendez à de l'action, vous allez être déçu : il n'y en a pas beaucoup.
Mais ce n'est rien comparé à la richesse de ce premier texte de Lauren DeStefano, qui apporte au lecteur matière à réflexion sur un thème d'actualité : les dérives de la science. En effet, les scientifiques auraient crée dans ce monde dystopique des bébés parfait, immunisés contre toutes les maladies. Seulement, des années plus tard, on se rend compte qu'un énorme problème subsiste : l'espérance de vie s'en retrouve considérablement diminuée. Ainsi, les garçons vivent jusque 25 ans, les filles 20 ans. Ces dernières sont arrivées à un point où elles n'ont plus leur mot à dire, notamment sur le choix de leur compagnon : kidnappées et contraintes à des mariages polygames au nom de la survie de l'espèce, elles se retrouvent privées de liberté. Jusqu'à leur dernier souffle.
En plus de la science, la condition de la femme est également exploitée. Un roman qui apporte matière à réflexion et assez dérangeant, d'autant plus que j'imagine ce scénario futuriste parfaitement probable.
Toujours repousser la mort, oui... Mais à quel prix ?
Le ton du livre est donc assez sombre, mettant en scène des personnages très jeunes qui devraient profiter de leur jeunesse. Or, ils sont contraints de se comporter comme des adultes et le plus terrible, c'est qu'ils savent que dans quelques années, ce sera terminé pour eux, ils n'auront même pas le temps de vivre quand on lit bien !
Bref, l'histoire apporte une véritable réflexion sur notre monde actuel et peut pousser surtout les jeunes à réfléchir à leur condition actuelle. Et comme je l'écris à chaque chronique d'un roman dystopique : on se plaint sans cesse de notre société, mais quand je lis des récits de cette trempe, y a de quoi se dire qu'on est quand même chanceux...
Au niveau des personnages, chaque soeur-épouse m'a attendrie et émue.
Il y a tout d'abord Jenna, 18 ans, qui hait Linden comme Rhine pour l'avoir précipitée dans cette situation. Mais contrairement à cette dernière, elle se résigne à son sort. Elles se rapprochent et elle finit par lui confier son passé, avant son enlèvement.
Puis, nous avons Cecily, la plus jeune. Du haut de ses 13 ans, elle se comporte déjà comme une femme d'une vingtaine d'années. Sous son caractère de cochon, se cache le symbole d'une innoncence perdue, catapultée trop tôt dans un monde où elle n'est pas prête. Ravie de sa situation avec Linden, elle l'accepte sans broncher dans son lit et traite les domestiques, tel une dame de grande importance.
Et enfin, il y a Rhine, 16 ans. Cette fille est une narratrice en or. Elle fait preuve d'une maturité surprenant pour son âge et a une volonté de fer. Elle veut s'enfuir et elle fera tout pour cela ! Son goût pour la liberté transparaît très fort dans ce livre et donne son rythme au récit.
Leur relation de soeur-épouse est tellement forte, tellement développée que les émotions suivent naturellement. Je me suis attachée à ce trio, bien plus encore qu'à Linden et Gabriel, les personnages masculins. Autant avec Linden ce fut l'incompréhension totale du à son attitude avec les filles (quelques heures seulement après avoir perdu sa première épouse, il se rend déjà dans le lit d'une autre...), autant Gabriel ne m'a pas fait une grande impression (serait-ce parce qu'il n'est pas suffisamment apparu à mon goût ?). En plus, Linden ne se rend absolument pas compte que son père le tient dans un monde crée de toutes pièces, une illusion dans laquelle il ne se pose pas trop de questions. De plus, il se contente des filles à portée de main, sans savoir dans quelles conditions elles sont arrivées chez lui !
Côté style, j'ai été conquise par l'écriture poétique de l'auteure, donnant un véritable hymne à son histoire et comme marqué sur la quatrième de couverture : elle a fait de l'histoire de Rhine une oeuvre d'art. Elle a réussi à en faire un récit parfaitement maîtrisé, fluide et ça se lit tout seul.
Pour un premier roman, tout est parfaitement maîtrisé : intensité de l'univers, personnages attachants... Bref, ce livre se situe bien au-delà du coup de coeur pour moi. Je ne peux vous cacher mon envie de lire le tome 2 le plus vite possible !


NOTE

5/5

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