dimanche 10 juillet 2016

Carabosse : la légende des cinq royaumes

HISTOIRE

Parce que son amour pour le roi Florestan n'est pas réciproque, Cara, une jeune femme qui berce dans la magie, deviendra une mauvaise fée. Elle jure de se venger du roi et de sa sœur, Léonore. Ainsi, leur fille mourra le jour de ses 18 ans...

CRITIQUE

J'adore les réécritures de contes de fées. Et ici, on a droit à une réadaptation de La Belle au Bois Dormant. Je suis charmée par ce bouquin, avec l'envie de ne pas le finir pour prolonger la magie encore et encore !

On suit donc deux sœurs, Cara et Léonore qui vivent dans le manoir de leur père. Tout ce petit monde accueille le roi Florestan, alors en guerre contre un peuple primitif. Cara tombe amoureuse de lui, mais il préfère Léonore. Dès lors, déçue par cet amour à sens unique, Cara fera tout pour se venger.

Vous l'aurez compris, l'auteur réécrit La Belle au Bois Dormant, de manière à ce que le conte de Charles Perrault soit davantage étoffé, voire complexifié.

Le monde dans lequel nous sommes est bercé par plusieurs royaumes (cinq précisément). La magie fait partie du quotidien, même si les humains respectent et craignent les fées, ces êtres enchantés à l'incroyable beauté et aux immenses pouvoirs.
Si on ne nous explique pas grand chose sur la politique du monde dans lequel on est, ce n'est pas grave, car là n'est pas le sujet. On découvre surtout le lieu où vit Cara (future Carabosse), vivant dans le manoir paternel avec sa sœur aînée, Léonore.

Le roman est divisé en deux parties bien distinctes. La première mets vraiment Cara en avant et nous permet de découvrir comment elle deviendra la mauvaise fée à l'origine de la célèbre malédiction jetée sur la petite princesse. J'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteur amène doucement la jeune femme vers le côté obscur de la magie ; d'une fille solitaire, elle devient une fée vengeresse, prête à tout pour asseoir sa domination sur les cinq royaumes. Ceci constitue surtout la première partie du roman.
Dans la deuxième, elle est beaucoup plus en retrait. Je dirais même qu'elle finit par se faire voler la vedette par un autre personnage. A mon grand désappointement, car pour un roman qui porte son nom, j'ai pas trouvé que Carabosse soit aussi mise en avant comme je l'espérais.
D'un autre côté, je trouve ce point logique, car on ne se centre pas uniquement sur notre fée maléfique, mais aussi sur les autres personnages et surtout, sur la quête du prince charmant qui viendra réveiller la belle.

J'ai trouvé l'histoire très bien amenée, qui respecte aussi le conte de Perrault, en ajoutant bien sûr des éléments propres à l'auteur. D'ailleurs, j'ai pensé à une sorte de mix entre le conte d'origine et le film Disney pour plusieurs raisons : le prénom de la princesse (Aurore, comme chez Disney, alors qu'elle ne porte pas de nom chez Perrault) ; le final qui m'a bien plue, mais je vais pas en dire plus pour ne pas spoiler ! 
J'ai adoré suivre les péripéties des personnages que M. Honaker présente, offrant même quelques belles surprise auxquelles je ne m'y attendais pas !

Si Cara est le centre du livre (surtout dans la première partie), j'ai trouvé un point négatif par rapport à ce personnage : pas assez de développement concernant son histoire personnelle. En effet, quand on commence l'histoire, elle connaît déjà beaucoup de choses sur la magie et a des contacts avec des entités magiques. J'aurais aimé avoir plus d'éléments sur la façon dont elle a commencé son apprentissage, comment a-t-elle découvert la présence de ces êtres qu'elle côtoie, etc. Cela ne m'a pas empêchée d'éprouver un petit pincement au cœur pour Cara, surtout par rapport à ce qu'elle deviendra par la suite.
Concernant les autres, nous sommes dans un conte ; par conséquent, on reste dans les stéréotypes. On a la sœur aînée aimante, le bouffon du roi qui cache une certaine sagesse, le prince un peu bellâtre sur les bords (un peu comme le prince Naveen dans La Princesse et la Grenouille), etc. J'ai pas éprouvé d'attachement particulier pour eux, même s'ils ont tous un rôle important à jouer.

Concernant le style, j'ai lu sur des chroniques que le roman était trop littéraire pour un roman jeunesse. Il est vrai que l'auteur écrit son histoire avec un vocabulaire recherché, mais toujours dans la lignée des contes de fées tels qu'écrits dans l'ancien temps.
J'ai adoré cette façon de procéder ; c'est superbement écrit et je me suis sentie en totale immersion dans le récit. Bien sûr, ce n'est pas le genre de roman que je donnerais à lire à un enfant de huit ans. Je le conseillerais plutôt aux lecteurs plus âgés (dès 14 ans).


La Belle au Bois Dormant réécrit d'une superbe façon, où on découvre comment Cara devient Carabosse. C'est prenant et immersif, même si je regrette une mise en retrait de notre anti-héroïne dans la deuxième partie, au profil d'un autre personnage. De plus, j'aurais aimé la connaître quelques années avant que le récit démarre.
Mais ce roman est tellement bon que je ne peux que vous conseiller de le lire ! Surtout si vous aimez les réécritures de contes de fées !

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