samedi 9 juillet 2016

Narcogenèse

HISTOIRE

Un enfant de la DDASS disparaît. Une enquête est ouverte, tandis que les soupçons se portent sur une famille peu appréciée de la région : les Gaucher.

CRITIQUE

Narcogenèse est un livre qui m'intriguait essentiellement avec sa couverture et son pitch. Après lecture, j'en suis ressortie assez satisfaite.

La particularité de ce roman, c'est qu'on est à mi-chemin entre le fantastique et le policier. Car Simon Larcher, notre flic, doit résoudre le mystère entourant la disparition d'un enfant de la DDASS. En parallèle, on suit également Louise Gaucher, une infirmière qui possède un étrange pouvoir : celui de voyager dans les rêves de ses patients plongés dans le coma. C'est là où elle se rend compte qu'un esprit malfaisant tente d'éliminer aussi bien "l'esprit" des patients qu'elle-même...

Ma première impression concernant ce roman est : très bizarre. Durant toute ma lecture, je ne savais pas trop où l'auteure voulait m'emmener. On oscille entre le fantastique, avec les voyages de Louise dans les rêves de ses patients, et le policier avec Simon et son enquête.
On se doute bien sûr que tout est lié ; j'étais donc curieuse de savoir comment Anne Fakhouri allait englober ces deux aspects. Et je n'ai pas été déçue.
Le final proposé m'a en effet surprise, tant je ne m'y attendais pas. On découvre enfin la finalité de tout ce qu'on a lu auparavant et la façon dont l'auteure conclut son récit m'a satisfaite... en partie.

Parce que je relève quand même un point négatif : certaines questions restent sans réponse, notamment par rapport au don de Louise et au reste de sa famille. J'ai trouvé quelques zones d'ombres que l'auteure n'aborde pas (ou très peu) et cela m'a énormément gênée. Je suis donc ressortie satisfaite, certes, mais aussi avec une part de frustration, car je n'avais pas toutes les réponses aux questions que je me posais. C'est dommage.

Ceci dit, j'ai quand même accroché à l'histoire : on sent dès le début que Miss Fakhouri va jouer avec nos nerfs et le prologue donne le ton du récit. On reste, durant plus de 300 pages, dans une ambiance pesante, sombre et angoissante. Une menace plane ; on ne connaît pas exactement la nature de cette menace, mais une chose est sûre : c'est dangereux et ça prépare quelque chose de terrible.
C'est cette sensation de "danger imminent" qui m'a accrochée ; je tenais à savoir ce qui allait se passer, voir comment les choses allait évoluer. J'ai trouvé que c'était un bon "page-turner".

Pour les personnages, si on suit beaucoup Simon et Louise, l'auteure prend aussi le parti de suivre d'autres personnages, tous liés de près ou de loin aux événements qui s'écoulent. On a donc le sentiment, en tant que lecteur, d'être "privilégié" par rapport à tout ce qui se passe, car tout le monde n'est pas au courant de ce qui se trame chez les autres. Et le lecteur assiste à toutes les scènes, ce qui apporte un côté "omniscient" au récit qui m'a beaucoup plu.
Après, je n'ai pas éprouvé d'attachement particulier à un personnage. Seule Louise m'a vraiment séduite, mais pas suffisamment pour qu'elle devienne une héroïne à laquelle je m'identifie et à laquelle j'ai un pincement au cœur lorsque je l'ai quittée.
Je n'ai pas trouvé que les protagonistes étaient hyper travaillés ; ce point s'en ressent davantage au niveau de l'ambiance, je trouve.

Le style appuie sur le côté "omniscient", puisqu'on suit quelques personnages, mais sans jamais se perdre. On sait qui est qui car chaque chapitre suit un ou deux personnages bien précis. J'ai été bien immergée dans le récit puisque je n'ai pas pu lâcher le livre, en raison de son ambiance sombre.

Narcogenèse est une lecture divertissante, avec une ambiance très sombre, qui annonce une grave menace. Si les personnages ne sont pas inoubliables, le récit s'appuie sur un côté "omniscient" appréciable.
Une lecture très sympathique !

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