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dimanche 25 février 2018

Pour toujours... jusqu'à demain

HISTOIRE

Suite à la mort de son père, Macy vit repliée sur elle-même. Son univers se limite à son travail à la bibliothèque et sa mère, accaparée par son besoin de se rendre utile.
Et puis, elle rencontre Wish et tout change. Au contact de ses membres, l'adolescente s'ouvre de nouveau à la vie et redécouvre la chaleur de l'amitié et de l'amour.

CRITIQUE

J'ai choisi ce titre pour mon Challenge ABC Jeunesse/Young Adult. De Sarah Dessen, je n'ai lu qu'un livre, que j'avais apprécié, mais sans plus.
Et c'est pareil avec ce titre : j'ai passé un agréable moment, mais il ne restera pas longtemps dans ma mémoire. La preuve : j'ai déjà oublié pas mal d'éléments concernant l'histoire et les personnages. Mais je vais essayer d'être la plus complète possible sur cette chronique.

Dans ce livre, Macy, notre héroïne, a perdu son père récemment. Ce n'est qu'au contact d'inconnus qu'elle va peu à peu sourire à nouveau à la vie, et faire le ménage dans sa vie professionnelle et personnelle.

Bon, l'histoire en elle-même n'est pas criante d'originalité : une ado, à la dérive depuis la perte d'un proche, va reprendre du poil de la bête suite à des rencontres inattendues. J'ai déjà lu ça quelque part, mais Sarah Dessen nous propose une jolie histoire, pleine de bons sentiments.

Certaines scènes m'ont beaucoup touchée, notamment celles où Macy se confie à Tim ou encore les dernières pages, avec sa mère. L'auteure arrive à distiller l'émotion, sans jamais en faire trop. Elle nous offre ainsi un récit touchant, qui peut parler à tout le monde.
Mais ce que j'ai préféré, ce sont les passages culinaires : en effet, Macy va se retrouver dans une affaire de traiteur, à devoir préparer et apporter les plats aux clients. Cela donne lieu à des situations rocambolesques, parfois drôles, mais qui ont le mérite d'enrichir et renforcer les relations entre les personnages.

Et puisqu'on parle d'eux, j'avoue avoir eu du mal avec Macy.
Elle a une vie réglée au millimètre près, pour ne plus souffrir. Sauf qu'elle va se rendre peu à peu compte que ce qu'elle vit n'est pas forcément la bonne solution ; ses nouveaux amis vont lui faire prendre conscience qu'elle peut à nouveau sourire à la vie.
Cependant, là où nous lecteurs, avons capté les gros trucs, l'adolescente met un temps fou à les cerner. Ce qui en devient très agaçant.

Autre perso avec lequel j'ai eu du mal : Jason.
Petit ami de Macy, c'est le cliché du type très intelligent, mais qui ne veut pas s'engager parce que trop occupé à ses activités (para)scolaires. Et bien sûr, il a du mal à comprendre l'épreuve que traverse sa copine.
Faut bien justifier le fait que Macy va tomber dans les bras de Tim ! C'est tellement forcé que ça en est risible, je trouve.

Idem pour la mère, que j'ai eu le plus grand mal à cerner. Quitte à la détester.
Sur ce coup là, j'aurais bien aimé avoir son point de vue ; voir comment elle gère son deuil, au travers de son boulot ou encore, sa relation avec ses filles.
J'ai trouvé le changement de comportement assez brutal, bien que bienvenue.

En revanche, j'ai préféré la bande que constitue Wish, le fameux traiteur pour lequel Macy va travailler.
Le groupe est soudé et chaque interaction avec eux marche à fond. Ce sont de loin les personnages les plus intéressants à suivre. Surtout Tim, dont l'histoire est très touchante.

Ça se lit vite et bien ; Sarah Dessen arrive à nous livrer des tranches de vie, des moments forts et douloureux. Mais aussi des moments de joie qui donnent le sourire.

Un roman jeunesse globalement sympa, même si je regrette le choix de la narration et une narratrice un peu molle du genou.

samedi 17 février 2018

La vérité sur Alice

HISTOIRE

Alice est une traînée. Tout le monde le sait ; elle aurait couché avec deux garçons lors d'une soirée. Et puis, les inscriptions dans les toilettes des filles suffisent, non ?
Mais est-ce vraiment la vérité ?

CRITIQUE

Encore un livre sur le harcèlement scolaire ? Oui, d'autant plus qu'il avait aussi des avis positifs, même si moindres que Blacklistée. Mais cela m'a donnée envie de découvrir le titre.
Ceci dit, je l'ai encore moins apprécié que Blacklistée. En fait, je n'ai pas aimé du tout.

Connaît-on vraiment la vérité sur Alice ? Est-elle vraiment une traînée ? C'est en tout cas ce qu'on raconte dans les couloirs du lycée. Elle aurait couché avec deux garçons, à la suite au cours d'une soirée.
Mais quatre personnages vont apporter la lumière sur cette affaire... et nous montrer que les apparences sont trompeuses.

Comme je viens de l'écrire, le récit se suit à travers quatre points de vue : l'ex-meilleure amie d'Alice ; son admirateur secret ; le meilleur copain de l'un des garçons concerné par l'affaire ; et l'organisatrice de la fameuse soirée où tout se serait déroulé.
Pour un roman dont le titre porte sur Alice, je regrette qu'on n'ait pas de chapitre avec son point de vue. On en a bien un, mais il est unique et n'arrive que très tardivement (la toute fin). Je pensais qu'elle nous parlerais de son vécu, de son ressentiment par rapport à cette rumeur et de son impact sur sa vie quotidienne et scolaire.

Les quatre points de vue s'alternent successivement, mais je trouve que le début est confus ; on a du mal à cerner qui est qui au début. Les chapitres débutent par les prénoms des personnages, mais ils dévoilent leur rôle progressivement. Après la confusion du début, j'ai pu m'y retrouver plus facilement.

Ceci dit, je trouve qu'on ne mesure pas assez l'impact de la rumeur sur Alice et les personnes gravitant autour d'elle.
Car on se rend compte que certains personnages veulent se protéger, quitte à mentir pour éviter que les squelettes sortent du placard. Quitte ainsi à ruiner la vie d'une adolescente.
Mais l'auteure n'approfondit pas les choses, on reste en surface. Il faut dire que le livre n'est pas bien épais (200 pages à peine). Du coup, le côté "harcèlement scolaire" n'est pas abordé en profondeur et sous tous les angles... ce qu'arrivait à faire Blacklistée.

Du coup, l'histoire souffre de ce gros défaut. Et un deuxième vient s'ajouter : en dehors de cette fameuse rumeur, il ne se passe pas grand chose d'intéressant. Oui, on voit Alice et son admirateur secret se rapprocher, on découvre les secrets de chacun, mais cela ne suffit pas. Ça reste banal dans l'ensemble ; je ne me suis jamais sentie concernée par ce que vivait les personnages. Et pas seulement parce qu'il ne se passe pas grand chose ; ça manque aussi d'émotion. De la part d'un livre avec un thème aussi dur, c'est un comble !

Les personnages ne sont pas très attachants, en plus de souffrir d'un manque de profondeur flagrant.
A commencer par Alice, la principale concernée. Le fait qu'on ne connaisse pas son point de vue sur la question est déjà un handicap, d'autant plus qu'elle m'a laissée une sale impression qu'elle se fichait de ce qui lui arrivait.

Les autres ont beau avoir un minimum de développement, je n'ai jamais pu m'attacher à aucun d'entre eux. Ils m'ont laissée indifférente... sauf peut-être l'admirateur d'Alice (et encore).

Le style n'est pas très recherché ; ça reste de la littérature YA et ça se lit vite.

Un roman qui aurait pu être bon, de part son thème, mais je le trouve raté. En cause : des personnages pas du tout attachants, même si la plupart d'entre eux sont développés ou encore une histoire qui manque d'émotion.

mercredi 14 février 2018

Blacklistée

HISTOIRE

Regan Flay est l'une des filles les plus populaires du lycée. Mais le jour où ses messages et propos deviennent publics, tout bascule. Ses amies lui tournent le dos, elle fait l'objet d'un lynchage sans précédent... Seul Nolan s'intéresse à elle.
Arrivera-t-elle à remonter la pente ?

CRITIQUE

Voilà un titre que je souhaitais lire depuis sa sortie en VF, au vu des commentaires dithyrambiques. De plus, il traite d'un sujet difficile : le harcèlement scolaire.
Et pourtant, je m'attendais à autre chose. Non pas que je n'ai pas aimé, mais je m'attendais à un récit beaucoup plus poignant.

Regan passe son temps à jaser sur les autres, souvent pour obtenir ce qu'elle veut. Ses meilleures amies savent qu'elle n'a pas sa langue dans sa poche.
Mais un jour, ses propos qu'elle tenait sur les réseaux sociaux sont affichés sur les murs du lycée.
Pour Regan, la descente aux enfers commence...

Le gros souci que j'ai avec l'histoire, c'est que je m'attendais à ce qu'elle me prenne vraiment aux tripes. Mais cela n'a pas été le cas.
Bien sûr, le roman a ses moments touchants ; je pense notamment à cette scène où Regan voit les commentaires sur un groupe Facebook dont elle est le sujet principal. A ce moment-là, j'ai trouvé qu'elle était dramatique. Et aussi parce qu'elle m'a rappelée des moments douloureux, suite à mon histoire personnelle.

Ceci dit, je n'ai non plus été happée par le récit, au point de poursuivre absolument ma lecture. En fait, je trouve que Cole Gibsen reste encore assez "gentillet" dans son propos. Les ados peuvent se montrer vraiment cruels entre eux, mais ce point n'est pas suffisamment mis en avant.

Le thème du harcèlement scolaire est cependant bien traité et est même assez "complet", dans la mesure où l'on sent tout l'impact sur la personne concernée (insultes quotidiennes tant au lycée que sur les réseaux sociaux, pour ne citer qu'un exemple). De plus, Regan était elle-même une sorte d'harceleuse, avant d'être elle-même harcelée. Ce qui permet d'avoir deux points de vue radicalement différent sur une même situation.

Le point central reste la romance qui se noue progressivement entre Nolan et Regan... alors que cette dernière ne peut pas le saquer. Du moins au début.
Ça reste assez cliché, même si l'adolescent représente la bouée de sauvetage au milieu de l'océan tourmenté que traverse Regan. Cela donne lieu à des scènes assez touchantes.

En fait, avec le recul, mon gros reproche reste l'inégalité entre l'émotion promise et celle fournie dans le bouquin. Je trouve finalement que deux ou trois scènes m'ont vraiment marquée. Notamment la fin, qui amène une belle note d'espoir pour le futur. C'est d'ailleurs le gros point fort du récit ; j'ai adoré la façon dont l'auteure conclut son propos. J'ai quitté le livre, le sourire aux lèvres, avec l'idée que l'humanité n'est pas toujours noire et qu'elle peut aussi faire le bien !

Par contre, j'ai eu du mal avec Regan, au début du récit. Le fait qu'elle parle des autres sur le dos, pour obtenir ce qu'elle veut, c'est le genre de choses que je condamne chez un personnage.
Mais à mesure qu'on avance dans le texte, on s'aperçoit qu'elle n'a pas la vie facile. Avec une mère qui veut absolument qu'elle soit parfaite en tout point, et qu'elle suive le chemin qu'elle a tracé pour elle. Regan étouffe sous le joug maternel, mais ne sait pas quoi faire pour en sortir.
Il en ressort une ado attachante, qui affronte ces épreuves et va peu à peu s'affirmer. Elle a finalement su me convaincre, alors que c'était pas gagné au départ ! Alors que c'est la narratrice, elle nous raconte son calvaire et son évolution.

En revanche, Nolan m'a moins convaincue. Je l'ai trouvé assez étrange dans sa façon d'être avec Regan, même si la fin apporte une explication. Mais je ne l'ai pas trouvé attachant, j'ai même éprouvé de l'indifférence.

Les persos secondaires sont assez en retrait, même s'ils apportent un plus à leur façon dans l'histoire de Regan. Mais comme ils ne m'ont pas marquée plus que ça, j'en ai rien retenu de spécial.

Malgré tout, le livre est très ancré dans son époque et Cole Gibsen nous parle de son récit avec réalisme, sans jamais faire dans la surenchère. Mais paradoxalement, j'ai eu l'impression qu'elle n'osait pas aller au bout des choses, quitte à rester dans un ton soft.

Blacklistée est un roman qui traite bien du harcèlement scolaire, même si le propos reste assez "gentil". L'auteure ne va pas suffisamment en profondeur et les personnages sont soit en retrait, soit peu attachants, à l'exception de Regan la mieux travaillée du lot.

jeudi 18 janvier 2018

Love Letters to the Dead

HISTOIRE

Laurel a perdu sa sœur, May, dans des circonstances tragiques. Depuis, elle essaie tant bien que mal de se reconstruire.
Son nouveau lycée et l'arrivée du mystérieux Sky vont être l'occasion pour elle de prendre un nouveau départ.

CRITIQUE

A chaque fois que je passais à la bibliothèque, il me faisait de l’œil. Et finalement, j'ai franchi le cap et décidé de l'emprunter. Je ne regrette pas, même si cette lecture a été moyenne dans son ensemble.

Pourtant, le pitch avait de quoi séduire : une jeune fille perd sa sœur et se rend dans un nouveau lycée pour tenter de redémarrer sa vie. Là, elle va rencontrer plusieurs personnages, dont un mystérieux garçon, qui vont peu à peu l'aider à surmonter cette épreuve.

Je m'attendais donc à un drame poignant, mais finalement, il n'en n'est rien, ou alors très peu.

En fait, la grosse majorité de l'histoire se centre sur la nouvelle vie de Laurel, avec ses amis et son petit copain. On sent malgré tout le mal-être de l'héroïne, d'autant plus qu'elle est notre narratrice.
Ceci dit, ça manque cruellement d'émotion ; je n'ai pas ressenti les pincements au cœur promis, sauf vers la toute fin. Cette dernière est véritablement touchante et m'a vraiment prise aux tripes. Le souci, c'est que ça arrive beaucoup trop tard ; j'avais déjà décroché bien avant de parvenir jusqu'à cette étape.

Mais surtout, c'est inutilement long. Laurel semble cacher un terrible secret, par rapport à la mort de sa sœur. Sauf qu'elle met trois plombes à en parler, notamment pour éviter de perdre l'amour du B.G.M. (le Beau Gosse Mystérieux). Ce genre de procédé me gave énormément ; j'avais envie d'entrer dans le bouquin et de dire à la fille : "Mais bordel, arrête de tourner autour du pot et balance ton truc !!!".
Le bouquin fait à peine 360 pages, mais pour moi, il aurait pu être amputé d'une centaine. C'est parfois long et inintéressant.

Je dis ça parce qu'on passe la plupart du temps à suivre Laurel en cours (ou plutôt, en train de sécher les cours), avec ses nouveaux amis, durant ses sorties avec Sky ou dans des soirées organisées... Bref, l'histoire en elle-même est banale. Y a rien d'exceptionnel.
Pourtant, le mystère entourant la mort de May avait de quoi intriguer. C'est finalement le seul véritable intérêt du roman.

Par contre, ce que j'ai bien aimé, c'est l'utilisation de lettres pour raconter l'histoire. En effet, au début, Laurel doit accomplir un devoir de français assez spécifique : écrire une lettre à une personne décédée. Et elle va se mettre à écrire à des personnalités célèbres défuntes pour raconter sa vie, mais aussi des flashs-backs avec sa sœur. Et on se rend compte à quel point ces personnalités influencent grandement l'héroïne, tant dans son passé que dans son présent.
Même si le produit finit ressemble davantage à un journal intime qu'à un roman épistolaire, j'ai apprécié cette petite touche, très sympa.

Etant donné que Laurel est notre narratrice, on suit ses pensées, son cheminement. Ce dernier est le plus intéressant, puisqu'il permet de suivre l'évolution du personnage, mais je n'ai éprouvé d'attachement envers elle que vers la toute fin du livre. Sachant qu'on parle d'un drame et que ça dure plus de 300 pages, je m'attendais à un personnage plus complexe.
Finalement, elle est assez lambda dans l'ensemble et ne m'a pas transcendée.

Le souci avec une narration à la première personne du singulier, c'est que les autres sont occultés, ou alors, on ne les suit qu'au travers de l'héroïne. C'est totalement le cas ici.
A commencer par Nathalie et Je-sais-plus-son-nom. Ce sont deux filles qui vont développer une relation très forte, qui va marquer les esprits. Le fait d'inclure une relation homosexuelle est géniale, mais comme on suit tout à travers les yeux de Laurel, on voit le couple se former de loin. Avec ce concept, y avait de quoi parler du coming-out des filles, le regard des autres, etc.

On a aussi Sky, cliché par excellence du Beau Gosse Mystérieux. Je n'ai pas éprouvé d'attachement spécifique le concernant, mais encore une fois, Laurel nous le décrit comme canon et quasiment parfait, malgré son côté cachottier. Ouais, chez moi, c'est plutôt moyen...

Mais ça reste malgré tout une lecture agréable à lire, même si le style de l'auteure va un peu en dent-de-scie. On a tantôt des scènes assez poétiques, qui donnent matière à réfléchir ; tantôt on tombe dans un style contemporain qu'on voit dans pas mal de romans du genre et qui ne marque pas l'esprit du lecteur.

Love Letters to the Dead aurait pu être poignant, mais ça a loupé avec moi. L'histoire est banale et le style est en dent-de-scie. Sans parler des personnages, pas vraiment travaillés. Dommage car le pitch annonçait un récit qui malheureusement n'est pas à la hauteur de son résumé.

dimanche 3 décembre 2017

Avant toi

HISTOIRE

Après avoir perdu son boulot, Lou accepte un contrat de six mois en tant qu'aide pour un tétraplégique. Mais ce dernier, Will, accueille mal la jeune femme et tout ne semble pas se dérouler sous les meilleurs auspices.
Rapidement, cependant, Lou va découvrir que son travail consiste surtout à empêcher Will de mettre fin à ses jours...

CRITIQUE

Ce roman a été encensé par pas mal de personnes sur la blogosphère. Quand c'est le cas, j'évite de lire le livre en question, de peur d'être déçue, mais surtout pour pouvoir le savourer une fois le buzz passé. Ce fut le cas pour Avant toi ; même si j'ai passé un bon moment, je suis loin des avis ultra enthousiastes que j'ai pu lire.

Lou, une jeune anglaise, perd son travail et accepte dès lors un poste d'aide pour une personne handicapée. Il s'appelle Will et veut mettre fin à ses jours. La demoiselle a six mois pour l'empêcher d'accomplir son projet...

Ce qui m'a surtout déçue, c'est que je n'ai pas ressenti l'émotion tellement décrite par d'autres lecteurs. Bien sûr, j'ai eu des moments où j'ai été touchée, mais ce fut pas l'extase.

Pourtant, ce récit parle de sujets difficiles : le handicap évidemment, mais aussi du chômage et de l'euthanasie. Et de nous rappeler que ce dernier sujet provoque encore bien des débats ; il suffit de voir les réactions des différents personnages.
Jojo Moyes aborde ces sujets avec délicatesse, sans jamais être racoleur ; elle a le mérite de présenter les problèmes sous différentes facettes. Par exemple, le handicap vécu par Will, mais aussi par les membres de sa famille, Nathan, son aide-soignant et les personnes "extérieures" à ses soucis.
Idem pour l'euthanasie et le chômage, ce qui apporte un petit plus.

J'ai écrit "petit plus" parce que le choix de la narration n'est pas vraiment propice à ce type de récit.
C'est Lou notre narratrice, avec de temps en temps des chapitres qui donnent la voix à d'autres personnages (Nathan, Camilla et Steven, les parents de Will ; Katrina, la sœur de Lou). Ce qui n'est pas plus mal, mais il aurait fallu que l'auteure propose d'autres voix, comme Patrick, le copain de notre héroïne, mais surtout Will.
J'aurais préféré avoir une narration principale à deux voix avec les deux protagonistes, quitte à inclure les autres dans des chapitres dédiés.

Autre souci : les personnages, justement.
Je trouve qu'ils sont trop clichés ou trop caricaturaux. A commencer par Lou, l'exemple typique de la jeune ingénue qui n'a jamais rien vécu de sa vie et qui découvre petit à petit le monde, grâce notamment aux voyages, à la musique classique et j'en passe.
Bon, qu'elle habite dans un bled paumé et qui vit dans la pauvreté, soit. Mais j'ai quand même du mal à croire en cette héroïne qui pose parfois des questions incongrues sur le handicap de Will et qui s'extasie devant des trucs qui, pour moi, semblent évidents.

Sa famille est une grosse caricature. Entre les parents qui n'hésitent pas à balancer des piques à leur fille sur son avenir, sur son poids, no comment. Et la sœur qui fait de brillantes études, ultra intelligente et qui, évidemment, veut sortir du carcan pauvre, encouragée par toute la famille. Ceci dit, c'est encore celle que j'ai préféré de toute la cellule familiale.

Je suis très partagée envers Will.
D'un côté, il m'a beaucoup touchée de par son histoire et sa vie qui a totalement basculé ; mais d'un autre côté, le mec demande à Lou de profiter de la vie alors qu'il veut mettre fin à la sienne... Bien sûr, je n'oublie pas le fait qu'il soit tétraplégique. Oui, étant valide, je ne peux pas comprendre cette situation. Clairement. Mais, je sais pas, je trouve ça dingue quand même !

De plus, il a un caractère assez détestable, même s'il finit par se dévoiler progressivement. Cependant, je reste très partagée en ce qui le concerne.

Et là encore, sa famille m'a totalement déplu. Là où je trouvais que celle de Lou était caricaturale, chez Will, je n'ai pas ressenti d'empathie pour aucun membre. Camille, Steven, Georgina, aucun ne m'a plu. Et même les chapitres qui leur sont dédiés ne m'ont jamais convaincue.
Seul Nathan, l'aide-soignant, tire son épingle du jeu et parvient à être attachant. J'ai beaucoup aimé sa façon d'être avec Will et Lou. Le meilleur perso du bouquin, selon moi !

L'écriture de Jojo Moyes n'est pas exceptionnelle ; elle raconte son histoire sans chichis, sans jamais en faire trop. Elle nous propose une histoire entre deux êtres que tout oppose, mais qui vont apprendre à se connaître et découvrir leurs univers respectifs. C'est joliment raconté.

Avant toi n'est pas le coup de cœur attendu, bien au contraire ; les personnages sont trop clichés pas assez attachants et le choix de la narration n'est pas judicieux. En revanche, les sujets délicats sont abordés avec justesse et sensibilité, le tout raconté d'une jolie manière, bien que pas extraordinaire.
Pour résumer l'ensemble : sympa, mais sans plus.

jeudi 16 novembre 2017

Moi et Becca

HISTOIRE

Une nouvelle élève arrive au pensionnat de Manderley. Elle est très vite prise en grippe par les autres élèves car elle "remplace" Becca, une étudiante adulée par tous, qui a mystérieusement disparu. Que lui est-il arrivé ? C'est ce que notre héroïne va tenter de découvrir...

CRITIQUE

En parcourant ma PAL, je suis tombée sur ce titre et le résumé m'a de suite tapée dans l’œil. Et qu'est-ce que ça donne à l'arrivée ? Une lecture assez médiocre, malgré quelques petits points positifs.

Déjà la particularité de ce roman, c'est que l'héroïne n'est jamais nommée. Elle est toujours appelée "la nouvelle" par ses camarades ou "ma grande" par ses parents. C'est la toute première fois que je lis un livre où l'auteure ne fournit pas le prénom du personnage principal. Ceci n'est qu'un détail, cela ne m'a pas dérangée ; mais je trouve que c'est un détail plutôt sympa !

On suit donc notre adolescente dans sa nouvelle année à Manderley où elle s'aperçoit très rapidement que l'endroit est "hanté" (si je puis dire) par l'aura de Becca, une jeune demoiselle qui a disparu du jour au lendemain, sans laisser de trace. Elle était totalement adulée, traitée comme une reine et sa disparition jette un froid parmi les élèves. Au point qu'ils ne vont pas accueillir la nouvelle dans la meilleure atmosphère possible...

Dès le départ, on entre dans le vif du sujet avec la disparition de Becca. Et, comme l'héroïne, on se pose des questions sur elle. On veut savoir ce qui lui est arrivé et tenter de percer le mystère planant sur elle.
Et l'auteure a l'excellente idée de fournir deux narrations : la nouvelle, qui parle en "je" et Becca. On a deux narratrices qui racontent donc leur parcours à Manderley, à peu près à la même période de l'année.
On apprend dès lors à connaître les filles à mesure qu'on avance dans le bouquin. Et si la nouvelle m'a beaucoup plue au début, j'ai rapidement déchanté. Mais je reviendrais sur elle plus loin.

L'intérêt principal de l'intrigue réside dans l'idée de savoir ce qui s'est réellement passé la nuit où Becca a disparu. Et Paige Harbison sait instaurer une ambiance assez sombre, assez intrigante, ce qui fait qu'on dévore ce livre d'une traite.
Mais c'est malheureusement la seule chose positive que je retiens de l'intrigue, pour deux points : déjà, la fin.
Je m'attendais à un truc énorme, une grosse révélation et quand j'ai tourné la dernière page, je me suis dis : "Tout ça pour ça ?!". Énorme déception concernant la fin.

Le deuxième point concerne l'intrigue en général. Si on est intrigué par la disparition de Becca, tout le reste est finalement assez banal, voire sans surprise (la nouvelle qui se tape l'ancien copain de Becca... le genre de choses que vous devinez à l'avance).

Mais certains points de l'histoire m'ont semblé invraisemblable. Par exemple, l'adulation que vouent les élèves à Becca.
Qu'on admire une jeune fille visiblement très dévergondée... Bon, ça passe.
Mais cette manière de l'adorer comme ils le font... J'ai eu l'impression à certains passages de me trouver, non pas dans un pensionnat, mais dans une secte où Becca est le gourou. C'est juste incroyable ! Tellement que j'ai fini par ne plus y croire, tant que trouvais ce point gros comme une maison.

Il y a aussi le comportement des personnages qui ne m'a pas semblé crédible. Et ça tombe bien, on va en profiter pour parler d'eux.
Et bien sûr, on va commencer avec notre héroïne.
Au début, elle me plaisait bien. Elle semblait assez sûre d'elle, désireuse de suivre ses études et ne semblait pas se laisser démonter par les mauvais traitements des autres.
Mais plus on avançait, plus elle m'a parue "soumise". Je pense à la scène de la gifle : aucune réaction, aucun reproche, RIEN. Elle ne cherche pas vraiment à se défendre et a un comportement parfois curieux.
Par exemple, à un moment, elle dit qu'elle ne supporte pas l'alcool. Mais quelques chapitres plus loin, alors qu'elle le sait, elle ne trouve rien de mieux que de se bourrer, avec une jolie gueule de bois en prime le lendemain.
Sans compter le fait sa façon de décrire les garçons (leur torse surtout), comme si elle était en chaleur. Oui, j'ose l'écrire ; dès que le mec qu'elle aime est dans les parages, torse nu de préférence, c'est parti pour le festival des descriptions censés nous montrer que le gars est juste trop hot. Non, ça ne me plaît pas, ça ne m'émoustille pas et ça me fait lever les yeux au ciel !

Passons maintenant à Becca. Alors elle, c'est typiquement le genre de fille que je hais : manipulatrice, égoïste, séductrice (elle ne trouve rien de mieux que de briser une amitié en se tapant les deux garçons...), etc. Bref, la garce poussée à son paroxysme. En un mot : BEURK !

Quand aux garçons, Max et Johnny, je ne les ai pas aimé non plus. Si Max s'en sort un peu mieux, Johnny est le cliché du gars qui réfléchit plus avec son entrejambe qu'avec son cerveau. Là aussi, c'est un un gros BEURK pour moi.
Max est un peu mieux comme je viens de l'écrire, mais c'est toujours pas ça. Il trouve des excuses bidons pour ne pas sortir avec l'héroïne et a une bien curieuse façon de se comporter avec elle. Là encore, ça passe pas trop.

On a aussi Dana, la coloc de notre héroïne, qui a un sérieux problème psychologique. La meuf harcèle la nouvelle, l'humilie de plusieurs manières... On découvre à la fin du bouquin pourquoi elle a agit de cette façon, mais c'est juste pas possible ! Encore une fois, c'est pas crédible et cela la rend encore plus insupportable !

Je ne dirais rien concernant le style, puisqu'il n'a rien d'exceptionnel. Ça se lit vite et bien, mais là encore, y a rien de sensationnel à en tirer.

Malgré le mystère planant autour de la disparition de Becca et un côté "lecture détente" avec son style, ce livre reste médiocre sur bien des points : histoire pas originale et personnages totalement détestables.
Pourtant, j'en attendais pas grand chose, mais cela ne m'empêche pas d'être déçue !


dimanche 26 mars 2017

Une vie entre deux océans

HISTOIRE

Tom est gardien de phare sur l'île de Janus. Il vit heureux avec sa femme Isabel, mais leur bonheur est entaché par l'absence d'un enfant.
Un jour, un dinghy échoue sur la plage. A son bord, le cadavre d'un homme et un bébé, vivant.
Isabel demande alors à Tom de ne pas signaler l'accident et d'adopter le nourrisson.
Cette décision va entraîner le couple dans un engrenage infernal...

CRITIQUE

J'étais intriguée par la couverture et la bande-annonce du film. C'est pour cette raison que j'ai choisi ce titre pour constituer ma PAL de Printemps 2017.
Et je suis bien contente de l'avoir emprunté, parce que j'ai galéré pour le lire !

On suit un couple, Tom et Isabel, désireux d'avoir un enfant, sans succès. Mais un jour, un dinghy échoue sur la plage avec, à son bord le cadavre d'un homme et un bébé (une petite fille) qu'Isabel veut adopter, au grand désespoir de Tom. Commence alors une vie faite de culpabilité et de faux-semblants...

En lisant la quatrième de couverture, je m'attendais à un récit poignant, qui prendrait aux tripes.
Pas de bol, c'est pas ce que j'ai ressenti.
J'ai trouvé le texte très long ; ça traîne en longueur et y a pas mal de passages qui auraient dû être abrégés (notamment l'enfance de Tom), voire supprimés. Ils n'apportent pas grand chose à l'histoire, même s'ils ont le mérite approfondir le passé des protagonistes.
Du coup, on avance lentement pendant les 100 premières pages ; passé ce cap, ça va mieux, mais je n'ai jamais été en phase avec l'intrigue.

Mon gros souci a été la prévisibilité du roman ; y a plein d'éléments qu'on devine à l'avance et qui ont gâché ma lecture. Et en plus, je n'ai jamais pu entrer dans le roman, à cause de ces fichues longueurs qui plombent l'ensemble...
Pour tout vous avouer, j'en avais tellement marre que j'ai survolé les dernières pages parce que je n'en pouvais plus ! Une vie entre deux océans devenait tellement lourd que je n'avais qu'une hâte : passer à autre chose !

Ceci dit, j'ai beaucoup aimé les scènes entre la petite Lucy et ses "parents". Son histoire est d'ailleurs une bonne occasion pour aborder la thématique du bien et du mal, et celle de la culpabilité. Jusqu'où iriez-vous pour être heureux ? Pour rendre une personne heureuse ? Et ce n'est que les quelques questions que l'on se pose après la lecture. J'ai trouvé cette réflexion bien amenée et donne matière à réfléchir, même après avoir terminé le bouquin.

Les personnages, même s'ils sont travaillés, sont cependant présentés de telle sorte qu'ils sont lointains ; on dirait qu'ils ne se sentent pas concernés par ce qui leur arrive. Un peu comme un acteur qui joue tellement mal qu'on ne croit pas une seconde à son jeu durant le film.
Ben c'est l'effet que Tom et Isabel m'ont fait. Pourtant, ils traversent des épreuves hors normes, mais je n'ai jamais éprouvé la moindre empathie envers eux.
J'ai largement préféré les personnages secondaires, comme Hannah ou encore la famille d'Isabel. Je les ai trouvés davantage "impliqués" dans le récit.

Le style de l'auteur est parfois lourd ; la faute aux longueurs qui font que le récit avance lentement. Même si sa plume offre des moments de tendresse (cf. la petite Lucy) et des instants réflexifs (je pense surtout à Hannah), je n'ai pas été totalement convaincue.

Un drame historique qui promettait pas mal de choses, mais je me suis tellement ennuyée que j'ai fini par survoler les dernières pages. La faute aux passages lourds et aux personnages (Tom et Isabel en tête) si peu concernés par ce qui leur arrive qu'on a du mal à s'identifier à eux.