vendredi 9 mars 2018

Lieutenant Eve Dallas, tome 1 : Au commencement du crime

HISTOIRE

Le lieutenant Eve Dallas est appelée pour un homicide : le corps d'une prostituée a été retrouvée dans un appartement. L'enquête s'annonce d'autant plus difficile que la victime n'est autre que la petite-fille d'un sénateur très en vue aux Etats-Unis.
Rapidement, la route de la jeune femme croise celui de Connors, un séduisant milliardaire qui figure parmi les suspects. Entre raison et passion, Eva devra faire face aux démons de son passé pour démasquer le coupable...

CRITIQUE

J'avais choisi ce titre au pif pour mon Challenge ABC Thriller/Policier 2018, mais je dois dire qu'une intrigue mélangeant romance et policier n'était pas pour me déplaire. Et je suis satisfaite de cette lecture, même si on est loin du coup de cœur.

Pour ce premier volet d'une loooooongue série, Eve Dallas doit enquêter sur le meurtre d'une prostituée, parent proche d'un sénateur qui ne veut rien de moins que le fauteuil présidentiel. Durant l'enquête, elle va faire la connaissance de Connors, un milliardaire qui ne la laisse pas indifférente. Entre ses sentiments naissants et sa soif de vérité, la jeune femme va jouer un jeu dangereux, mêlant argent, sexe et politique.

Même si le récit n'est pas original, j'ai passé un agréable moment. On est directement plongé dans l'enquête et c'est parti pour plus de 300 pages où Nora Roberts nous présente une affaire très intéressante mélangeant sexe, argent et pouvoir.

Car la politique occupe une grande place dans l'intrigue ; déjà parce que la première victime est la petite-fille d'un sénateur, mais aussi grâce au statut de prostituée, qui a changé.
On apprend en effet que l'industrie du sexe a maintenant des codes et des règles plus stricts. De plus, le grand-père de la première victime est ultra-conservateur et ne lui parle plus, suite à son choix de vie.

Ces changements sont dû aux indices temporels que l'auteure nous donne. En effet, l'histoire se déroule en 2068, dans une Amérique futuriste, où la technologie est plus évoluée que jamais. On ne donne pas non plus énormément de détails, mais suffisamment pour donner d'en apprendre davantage sur ce monde futuriste. Une petite touche SF surprenante, mais bienvenue. Sans doute le point le plus positif et intriguant du roman.

Concernant l'enquête en elle-même, j'étais curieuse de connaître le coupable. Nora Roberts a bien construit son intrigue et donne plusieurs fausses pistes, avant de nous dévoiler le coupable. De plus, elle multiplie les rebondissements ; ces derniers m'ont surprise, tant je ne m'attendais pas à trouver des histoires finalement sordides.

En revanche, l'identité du tueur m'a un peu déçue. Je veux dire par là que les fausses pistes sont telles que je me suis dit : "Finalement, ça ne peut être que cette personne". Et bingo, c'était cette personne. Cela coule tellement de source que ce n'est pas surprenant.

De plus, la fin m'a aussi déçue, car elle laisse le roman sur un sentiment d'inachevé. Certains vont me rétorquer qu'il s'agit d'un premier tome et que c’est normal. Mais quand on apporte une conclusion définitive à une enquête, ce serait bien aussi de faire pareil avec l'histoire globale, non ?
Bref, une fin décevante, en plus d'être inachevée.

Mais ici, y a pas que du policier, on a aussi de la romance. Et malheureusement, ça pêche.
Déjà, je ne suis pas très fan de romance à la base. Et si c'est mal amené, c'est encore pire ! C'est le cas ici ; Eve tombe facilement dans les bras de Connors alors qu'ils n'ont échangé que trois ou quatre dialogues, et sans vraiment se connaître. Et bien entendu, on n'échappe pas aux inévitables scènes de sexe, assez répétitives, mais pas trop nombreuses.
Cet aspect ne m'intéresse pas du tout, en plus de ne pas être crédible.

Eve est une femme attachante ; elle a déjà un passé difficile qu'elle dévoile tardivement. Malgré ses sentiments pour Connors qui lui font perdre pied (et un peu de crédibilité aussi pour être honnête), elle veut à tout prix retrouver le coupable et se jette à corps perdu dans son travail.
J'ai beaucoup aimé aussi ses relations avec ses collègues de travail ; elle évolue quand même dans un milieu très masculin, mais arrive à se faire respecter. 
Un portrait de femme qui ne m'a pas toujours convaincue, mais j'attends de voir ce qu'elle me réserve dans les tomes suivants.

En revanche, je n'ai pas du tout adhéré à Connors. Ce type est le cliché même du milliardaire qui possède la moitié de la ville et est, bien sûr, un dieu au lit. Et ajoutons à cela son côté mystérieux, puisqu'il refuse de dévoiler des pans de son passé à Eve.
Désolée, mais un cliché pareil, c'est pas possible. C'est pas hyper crédible, mais je trouve que c'est tellement usé que ça en devient risible.

Je n'ai rien de spécial à dire sur l'écriture : Nora Roberts présente un texte fluide, qui se lit rapidement. J'ai beaucoup aimé ses petites touches de SF, qui présentent un monde futuriste intéressant et qui semble plus riche que prévu.

Un premier volet très sympa, malgré une fin décevante et le personnage de Connors très cliché.

mardi 6 mars 2018

[Bilan] Février 2018


Février est terminé et voici donc l'heure du bilan livresque !
Je suis satisfaite, j'ai lu 19 romans durant ce mois, avec plus de belles découvertes que de flops, ce qui est une belle progression !
Voici donc mes flops, belles lectures et tops de Février 2018 !


FLOPS

  • Aristote et Date découvrent les secrets de l'univers => Un roman qui parle de l'homosexualité, mais ça part dans des digressions sans queue ni tête. Dommage !
  • Les Emmurés => Autant la première partie est géniale, autant la deuxième l'est moins. Mais le gros souci, c'est la place de la femme et le personnage de Jane, imbuvable au possible.
  • Phobos, tome 1 => Un pitch prometteur, mais les séances de speed-dating sont clichés au possible et l'héroïne n'est pas hyper attachante. J'ai préféré les persos secondaires et la partie centrée sur la Terre.
  • La vérité sur Alice => Un roman qui traite du harcèlement scolaire, mais de manière trop superflue.
  • Hôtel Vendôme => Ça se lit vite et bien, mais globalement, c'est le néant, tant pour l'histoire que pour les personnages.


BELLES LECTURES

  • Agatha Raisin, tome 1 : La Quiche Fatale => Un policier plutôt sympa, avec une héroïne finalement pas si farouche qu'annoncée.
  • Strom, tome 1 : Le Collectionneur => Un premier tome très jeunesse, mais qui promet un univers passionnant !
  • Blacklistée => Une histoire touchante, mais pas aussi émouvante que ce que à quoi je m'attendais. Mais le harcèlement scolaire est traitée de manière complète dans ce livre, puisqu'on suit aussi bien les harceleurs que la harcelée.
  • La vérité sur l'affaire Harry Québert => Malgré sa taille, ce roman se lit vite, grâce à l'enquête sur la disparition de Nola. Mais l'auteur se perd en chemin, quitte à prendre quelques raccourcis et à grossir les révélations, au risque d'en faire trop.
  • Ecriture => Un livre très intéressant sur la vie de l'auteur et qui en profite pour nous livrer quelques conseils d'écriture.
  • Pour toujours... jusqu'à demain => Un roman pas original, mais qui propose des persos secondaires intéressants. Dommage que ce ne soit pas le cas de l'héroïne !
  • La maison des murmures => Encore une fois, Serge Brussolo démontre toute l'étendue de son imagination ; l'histoire est très sympa, mais ce sont les personnages pas attachants qui pêchent.
  • Anges et Démons => Un thriller ésotérique qu'on ne lâche pas malgré ses 600 pages. Après, je l'ai trouvé moins bon que Da Vinci Code, mais c'est un aspect purement subjectif.
  • Le Monstrologue, tome 1 => Un univers passionnant avec des monstres, mais des personnages détestables font de cette lecture une belle découverte. J'en attends davantage pour la suite.
  • La fille de mes rêves => Un policier jeunesse sympa, saupoudré d'une touche de SF.


TOPS

  • Les garçons ne tricotent pas (en public) => Un très bon roman qui nous décrit les premiers pas en tricot, avec un garçon hyper attachant, dans une famille complètement barrée !
  • Les secrets d'une blogueuse amoureuse, tome 1 => L'aspect blog est le plus intéressant du livre, mais l'héroïne est très attachante et le couple qu'elle forme avec Jared est tout mignon !
  • Memorex => Un excellent roman d'anticipation qui pose des questions sur l'éthique scientifique. Peut-on tout se permettre au nom de science ?
  • L'anneau de Moebius => Superbe thriller que j'ai dévoré, malgré ses 600 pages. Le meilleur Thilliez que j'ai lu jusqu'à présent !
Voilà, rendez-vous le mois prochain pour le prochain bilan !

lundi 5 mars 2018

Le Monstrologue, tome 1

HISTOIRE

Will Henry, orphelin de douze ans, vit un étrange quotidien, en compagnie de son mentor, le Dr. Wharthrop. Ce dernier reçoit un curieux paquetage nocturne, qui contient deux cadavres.
L'autopsie qui en découle va les mener vers un voyage dangereux.

CRITIQUE

Le Monstrologue fait partie des titres choisis pour mon Challenge ABC Jeunesse/Young Adult. Je n'ai pas lu la saga La 5ème Vague, mais j'étais plus tentée par celui-ci, de part son pitch.
Je suis globalement satisfaite de cette lecture, mais j'ai eu de gros soucis avec les personnages. Mais je vais développer ce point plus loin.

Nous sommes à la fin du 19ème siècle. Will Henry est, depuis le décès de ses parents, l'assistant du Dr. Wharthrop, qui exerce malgré tout une étrange pratique : celui de monstrologue.
Ce métier va le mener vers l'autopsie de deux cadavres, particulièrement éprouvante, où notre duo va devoir affronter des créatures très dangereuses, prêtes à tout pour assouvir leur soif de sang...

Ce qui m'a énormément plu dans ce premier tome, c'est l'ambiance historique qui se dégage. Cela me rappelle un peu Londres à l'époque de Jack l'Eventreur, et ça y ressemble beaucoup, d'autant plus que les monstres que Will Henry et son maître devront affronter sont aussi des tueurs sanguinaires.

J'ai aussi bien aimé l'histoire. Dès le premier chapitre, on est directement plongé dans une ambiance macabre, avec cette autopsie de deux macchabées ! Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'auteur n'est pas avare en détails ! Et c'est parti pour une aventure dingue, où l'on découvre nos premiers monstres, qui provoquent de véritables boucheries ! L'intérêt principal de l'intrigue, c'est de savoir pourquoi ils se sont installés dans la ville de New Jerusalem et comment les arrêter.

Rick Yancey décrit très bien ses scènes, à tel point qu'on a l'impression de "visionner" un film. Cela se ressent surtout dans les scènes de boucherie. Les détails sont tels que j'ai eu des hauts-le-cœur à plusieurs reprises.
L'écriture très cinématographique permet une plongée direct au cœur de la ville et des pensées de Will Henry, notre narrateur.

De plus, le suspens permanent donne envie de lire le livre jusqu'au bout. Autant dire que je ne me suis pas ennuyée du tout !
Si j'ai été satisfaite de la fin, je reste un peu frustrée : je pensais qu'on allait voir pas mal de créatures, mais on se limite à une seule "espèce". Je suppose qu'on aura d'autres monstres dans les tomes à venir, mais vu ce qu'on nous propose déjà dans ce premier tome, je pense qu'il y a là matière à crée un univers riche et varié. Pour l'instant, je laisse le doute subsister, mais j'espère vraiment qu'on aura des éléments supplémentaires dans les tomes suivants.

Le gros souci de ce livre, ce sont les personnages. Je ne les ai pas apprécié.
Sauf Will Henry, notre narrateur, et encore, j'ai trouvé qu'il avait une maturité dingue pour son âge (12 ans). Tellement mature que j'ai eu du mal à croire que l'auteur mettait en scène un gamin. Je pensais plutôt avoir à faire à un ado de 16/17 ans. Son comportement le laisse supposer, mais aussi sa façon de raconter les choses. Bon, ce dernier point s'explique, mais c'est assez soutenu pour un gamin de 12 ans.

En dehors de ces détails, j'ai apprécié Will Henry. C'est un petit bonhomme pour qui la vie n'a pas été simple et qui doit composer avec les caprices de son mentor. De plus, il est confronté à des scènes parfois violentes, ce qui choque d'ailleurs les quelques adultes présents dans l'histoire. Sa façon de réagir est assez incroyable et, comme écrit plus haut, mature pour son âge. Je l'ai trouvé aussi courageux, même s'il tente de montrer par moment sa bravoure aux adultes.

En parlant d'adultes, je n'ai pas trop apprécié le Dr. Wharthrop.
Déjà, j'ai trouvé sa personnalité assez lunatique : tantôt il veut quelque chose, puis une autre... J'ai aussi trouvé sa manière de se comporter avec Will Henry assez tyrannique. Jamais un remerciement (ou alors très tardivement) ou un mot gentil/de consolation... Et puis, c'est quoi cette manie de vouloir absolument montrer toutes ces horreurs à un gosse de douze ans ?! OK, autre époque, autre mœurs ; OK, c'est son apprenti ; mais je trouve qu'un peu de considération ne pourrait pas lui faire de tort !

Autre perso que j'ai détesté : l'"ami" du Dr. Wharthrop. J'ai oublié son nom (et de toute façon, il change d'identité sans arrêt !). J'ai mis le mot "ami" entre guillemets, parce que je trouve son comportement TRES douteux : déjà, sa manie de changer tout le temps son nom et son prénom, que j'ai trouvé incompréhensible. Ensuite, sa façon d'être avec Will Henry ; y a une scène à la fin du roman qui m'a laissée pantoise. Et le mentor de notre héros fait comme si de rien n'était !!! Et c'est pareil pour la scène suivante, où notre homme ne s’embarrasse guère. Il fait preuve d'un aplomb incroyable, même dans les moments difficiles.
En fait, ce type est l'archétype même de la tête à claque que je peux pas blairer !

Rick Yancey propose un texte écrit de manière fluide, proche d'un scénario d'un film. Il allie parfaitement narration, dialogues et descriptions et semble proposer un univers très intéressant qui, je l'espère, s'étoffera dans les tomes suivants.

Un premier volet très sympa qui m'a plongée dans un contexte historique et horrifique bienvenue. Bien loin de la Young Adult actuelle, Le Monstrologue pêche malheureusement par ses personnages détestables, sauf le narrateur.
J'attends de voir ce que la suite me réserve !

dimanche 4 mars 2018

L'anneau de Moebius

HISTOIRE

Pour sa première enquête, Vic est confronté à un crime sordide : une actrice de film X vient d'être retrouvée assassinée, torturée. La mise en scène, particulièrement macabre va le plonger au cœur de ce que la nature peut faire ressortir chez l'homme, en matière de monstruosité physique.
Stéphane, lui, se souvient avec précision de ses rêves. Ils semblent si réels... comme s'ils lui indiquaient une route à suivre. Une route qui le poussera à commettre des actes insensés et qui l'entraînera dans une spirale infernale.

CRITIQUE

Franck Thilliez est un auteur français qui ne m'a pas (encore) déçue. J'ai dévoré et adoré le peu d'ouvrages que j'ai pu lire. Et L'anneau de Moebius faisait partie de ma liste perso pour le challenge ABC Thriller/Policier.
Et actuellement, c'est le meilleur livre de cet auteur que j'ai lu !

Vic et Stéphane n'ont, à première vue, rien en commun : le premier est flic, le deuxième travaille dans le cinéma, en tant que concepteur de masques. Cependant, une série d'événements va amener les deux hommes à se rencontrer. Ils vont rapidement se rendre compte qu'ils sont liés d'une manière étrange et qu'ils doivent compter l'un sur l'autre pour sauver des vies.

Vous l'aurez compris par le résumé, on suit deux intrigues à priori sans lien. La première concerne une enquête où une actrice porno est sauvagement assassinée. La mise en scène du crime est assez sordide, sans compter que la victime avait des penchants sexuels pour le moins... atypiques.
La deuxième se centre sur les rêves d'un homme, trop réalistes pour être de simples songes. Dès lors, il va tenter d'en percer le sens. Et ce faisant, il va faire d'incroyables découvertes sur lui-même...

On se doute bien que les deux histoires finiront par se regrouper. J'étais d'ailleurs curieuse de voir comment l'auteur allait arranger le coup ; et le résultat est époustouflant !
On découvre ce qu'est ce fameux anneau de Moebius et l'impact qu'il aura sur toute l'histoire. C'est sans doute l'élément le plus énorme de tout le roman ! Alors, il peut sembler compliqué à suivre au début, et c'est un peu le cas. Mais dès que vous avez compris le truc, le reste passe tout seul !

L'histoire, malgré sa longueur (quasi 600 pages), ne souffre d'aucun temps mort et enchaîne rebondissements, suspens et révélations à gogo. Je ne me suis pas ennuyée une seconde, d'autant plus que je voulais savoir : un, où l'auteur voulait en venir et deux, comment il allait conclure son récit.

De plus Franck Thilliez montre, une fois encore, qu'il sait plonger dans les tréfonds de l'âme humaine. Ici, il est surtout question de malformations physiques, qui peuvent engendrer bien des monstruosités. Et l'auteur ne tarit pas de descriptions pour nous présenter ce que la nature peut nous offrir de pire ! Une plongée à la fois fascinante et malsaine au cœur des malformations diverses et variées qui sont, en plus de l'anneau de Moebius, le deuxième pilier de l'intrigue.

Le final m'a énormément surprise ; je n'avais aucune idée de l'identité du tueur (quoique avec le recul, c'est vrai que ça coule de source au vu des éléments disponibles, mais sur le moment, je n'avais pas capté) et ses motivations sont assez justifiées. Une fois encore, M. Thilliez a su capter tout le paradoxe et la complexité de la nature humaine, rien qu'au travers de ce personnage.

Je me suis beaucoup attachée à Vic. Il est confronté à sa première enquête et à une relation difficile avec sa compagne enceinte. Cependant, il va se retrouvé confronté à des situations étranges et inédites qui vont ébranler toutes ses certitudes.
J'ai beaucoup aimé sa façon de réagir par rapport à ce qu'il vit. Ses relations avec ses collègues sont compliquées, ces derniers étant persuadés qu'il a été pistonné pour rejoindre l'équipe. Sans compter les conflits de plus en plus fréquents avec sa femme, qui ne s'épanouit guère dans leur nouvelle vie. Sans compter ce Stéphane qui semble savoir plus de choses que ce qu'il prétend...
Bref, un personnage que j'ai beaucoup aimé suivre.

Mais le plus intéressant des deux, c'est Stéphane.
Souffrant de problèmes psychologiques sévères, ses rêves semblent lui indiquer une route précise à suivre. Il va donc se fier à ces images, ces indices qu'il note dans un carnet et qui le conduiront à des lieux, des rencontres inattendues. J'ai adoré ce jeu de piste qui va le mener bien plus loin que ce qu'il imaginait.
J'ai aimé aussi cet homme, torturé, qui dissimule une grande souffrance. Rongé par la culpabilité, il tente de réparer ses erreurs, mais le destin semble s'acharner contre lui.

Les compagnes de nos deux protagonistes ne sont pas en reste, même si celle de Stéphane est davantage mise en avant que l'autre. Elle aime son mari, mais ne veut plus vivre l'enfer. Elle est constamment partagée et ne sait pas comment réagir. Je me suis moins attachée à elle qu'à son mari, mais sa présence offre une autre vision des événements vécus par ce dernier.

La compagne de Vic est plus en retrait, mais elle va jouer un rôle important. Je n'en dis pas plus, mais je ne l'ai pas trouvée spécialement attachante...

L'ensemble est présenté de manière percutante et très instructive aussi. On sent que l'auteur a fait beaucoup de recherches et nous les présente de façon claire et précise. Dans le cas de l'anneau de Moebius, il faut clairement un temps d'adaptation pour bien saisir toute sa portée... voire une relecture de certains passages. Mais une fois que vous avez compris, ça passe sans problème !

L'anneau de Moebius est un excellent thriller qui ne vous lâchera pas avant la dernière page ! Le suspens est insoutenable, les explications sont très bien fournies et l'auteur arrive, une fois encore, à nous présenter une face sombre de la nature humaine.

jeudi 1 mars 2018

Robert Langdon, tome 1 : Anges et Démons

HISTOIRE

Robert Langdon, éminent professeur en symbologie et iconographie religieuse, reçoit un appel singulier : celui du directeur du CERN, qui demande à le voir d'urgence. En effet, l'un de ses plus brillants scientifiques a été assassiné.
Il ne le sait pas encore, mais le professeur Langdon va se retrouver mêlé à un sombre complot, mêlant religion et science.

CRITIQUE

De Dan Brown, je n'ai lu grand chose, à part évidemment son Da Vinci Code, qui est d'ailleurs devenu une référence pour moi en matière de thriller ésotérique. Ceci dit, j'avais aussi lu Anges et Démons des années auparavant, mais la rediffusion du film (que j'ai bien aimé) m'a donnée envie de le relire une deuxième fois. Et dans l'ordre des aventures du professeur Langdon, bien sûr !
Résultat : j'ai passé un agréable moment, même si Anges et Démons ne m'a pas autant marquée que son illustre prédécesseur (et pourtant, en matière de chronologie, Da Vinci Code se déroule après les événements de cet opus !).

Pour sa première aventure, Robert Langdon se rend au CERN, en Suisse et, par la suite, dans la cité du Vatican. Il devra mettre ses connaissances à profil pour mettre à mal un terrible complot qui menace le Vatican. Pour ce faire, il sera assisté par la fille du scientifique décédé. Mais ils doivent faire vite car le compte à rebours est lancé...

Ce qui fait la force de ce récit, c'est le suspens permanent que l'auteur entretient. Le bouquin fait plus de 600 pages (et encore, j'ai lu la version grand format), mais on ne les sent pas passer.
Je ne me suis pas ennuyée, alors que je me souvenais de quelques éléments qui m'avaient fortement marqué durant ma lecture. Et le fait d'avoir visionné une partie du film y est aussi pour quelque chose.
Mais j'ai trouvé l'ensemble très bien construit, malgré les quelques facilités que j'ai pu glaner ici et là. Ceci dit, elles sont tellement minimes qu'elles ne m'ont pas dérangée.

Les rebondissements et les révélations s'enchaînent, sans jamais tomber dans la surenchère, ce que j'avais reproché à La vérité sur l'affaire Harry Québert. Ici, on se rend compte que le complot est bien plus vaste que ce qu'il semblait et cherche à marquer la scission entre la religion et la science.

C'est précisément ce conflit l'intérêt central de ce bouquin. Les cent premières pages illustrent d'ailleurs merveilleusement bien le propos ; on apprend que le scientifique assassiné cherchait à prouver scientifiquement des faits décrits dans la Bible (et plus spécifiquement dans la Genèse). Il voulait aussi illustrer concrètement l'une des théories scientifiques les plus connues ; je n'en dirais pas plus, mais sachez que ce fut le point le plus intéressant du livre. J'ai adoré cette partie, très bien documentée et très intéressante, tant du point de vue scientifique, que du point de vue religieux et éthique.

Passé le cap des 100 premières pages, c'est parti pour un voyage entre les murs du Vatican et les rues de Rome. Une course contre la montre qui apporte son lot de suspens, de révélations et de rebondissements.

Robert Langdon est un personnage attachant ; déjà son côté "professeur en symbologie" a tout pour me plaire, mais certaines scènes ne sont pas sans me rappeler mon propre vécu (celles de l'ascenseur ou des archives, par exemple).
Comme je l'ai écrit plus haut, certains moments semblent trop "faciles" pour notre héros, même s'il galère souvent avant de trouver LA réponse à une énigme ou à un problème.

L'alchimie avec la demoiselle qui l'accompagne (je ne sais plus son nom) fonctionne très bien ; leur complémentarité leur servira de nombreuses fois, les sortant même de situations dangereuses. J'ai beaucoup aimé l'évolution de leur relation, tant d'un point de vue professionnel que personnel.

Même si le livre est gros, Dan Brown distille son suspens avec efficacité et propose des passages très intéressants, parfois même des réflexions sur la place de la religion dans notre société ou encore l'impact de la science dans nos vies. Le tout avec fluidité, même si certaines scènes sont parfois difficiles à comprendre (les passages sur la matière, par exemple). Mais on sent vraiment qu'un travail de recherche considérable a été fourni derrière.

Anges et Démons est un thriller ésotérique efficace, qui fait passer le temps, même si je le trouve moins bon que le Da Vinci Code.

mercredi 28 février 2018

La maison des murmures

HISTOIRE

Sarah, fille d'un starlette assassinée, est engagée pour un étrange travail : retrouver un magnétophone, qui contiendrait le dernier témoignage de Rex Feinis, ancienne célébrité, décédé dans un tremblement de terre.
Seulement, Sarah va se rendre compte que son travail dépasse le cadre d'une simple trouvaille...

CRITIQUE

Si vous me suivez depuis un moment, vous savez que Serge Brussolo est un de mes écrivains préférés. Ce que j'aime surtout, c'est son imagination débordante !
Et il prouve, une fois encore, qu'il n'a pas son pareil pour inventer des histoires farfelues, mais diablement cohérentes. C'est précisément le cas de cette Maison des murmures.

Le travail de Sara est, à priori, simple : retrouver un vieux magnétophone dans des containers laissés à l'abandon. Mais les dit-containers contiennent ce qu'il reste de la maison de Rex Feiris, une célébrité décédée dans le tremblement de terre qui a ravagé sa demeure. Or, on raconte d'étranges rumeurs et légendes sur Feiris et sur sa maison, surnommée "La Maison des murmures". Et Sara va s'apercevoir que les légendes contiennent une part de vérité.

Ce que j'ai beaucoup aimé dans l'histoire, c'est l'imagination débordante de l'auteur. Il nous propose plusieurs aspects fantastiques, notamment une histoire de pacte sanglant, de personnages de fictions qui prennent vie... Mais est-ce que tout cela est bien réel ?

Car le génie du récit, c'est de nous plonger constamment dans le doute : est-ce que ce ne serait pas le fruit de personnes en déficience mentale ? Ou bien y-a-t-il vraiment un aspect fantastique derrière tout cela ?
Durant toute ma lecture, je me demandais où était le rêve, ou était le fantasme ? Même la fin laisse planer le doute, sans jamais avoir une confirmation ou une infirmation des deux points de vue. A mes yeux, elles se tiennent parfaitement.

Outre le doute permanent, on a aussi une tension de plus en plus forte qui s'installe. On se demande, comme Sarah, où on a bien pu tomber ! Je ne me suis pas ennuyée une seconde, désireuse de savoir ce qui allait lui arriver. Et de ce point de vue là, je suis en partie satisfaite.
C'est surtout la fin qui m'a déçue ; comme pour Les Emmurés, l'auteur n'apporte pas de réelle conclusion à son récit, nous laissant dans le désarroi. D'autant plus que la tension n'est pas complètement retombée, et qu'il reste encore une part d'angoisse qui traverse la vie de notre héroïne.
Bref, si le récit est bien amené (les révélations sont surprenantes), la fin m'a déçue.

Ce que je retiens aussi de ce texte, c'est le côté "nostalgique". On plonge dans les années 50/60, dans une époque trouble, où le cinéma souffre de la concurrence télévisuelle, de plus en plus présente dans les foyers. Les films en noir et blanc sont d'ailleurs très dépeints et servent d'ailleurs le propos principal du récit. Outre l'aspect cinématographique, on plonge aussi dans la mélancolie de certains personnages, qui regrettent l'époque où ils étaient adulés, mais ne sont plus que l'ombre d'eux-même.
Y a un vrai travail de recherche qui conduit à cette ambiance très particulière que j'ai beaucoup aimé.

Sarah est un personnage attachant par moment, car je l'ai trouvée plutôt "passive" dans sa façon de réagir par rapport aux événements. Ce n'est qu'à la fin qu'elle se décide enfin à se bouger les fesses et à tenter de s'en sortir par tous les moyens.
Ça a donc été en dent-de-scie durant toute ma lecture avec elle. Tantôt cruche, tantôt attachante. Dans tous les cas, elle est oubliable.

Quand aux autres, s'ils apportent tous leur contribution à l'histoire, il n'en ressort finalement pas grand chose. Entre les personnes abjectes qui ne pensent qu'à la drogue et la baise (Antonia ou les deux mecs qui l'accompagnent, dans les scènes avec les containers) et ceux avec une personnalité plus étranges (feu-Feiris qui semblait avoir une influence considérable sur Hollywood ou encore le mentor de Sarah), y en a pas vraiment un qui se révèle attachant.
En revanche, ils se démarquent chacun du lot, de part leur personnalité et leur passé. En fait, ils sont plus marquants que l'héroïne elle-même !

Si Serge Brussolo n'a pas son pareil pour raconter ses histoires, c'est toujours d'une manière fluide, avec toutefois cette ambiance très particulière qui le caractérise. 

Cette Maison des murmures a de quoi donner bien des frissons. Bon, c'est pas le meilleur Brussolo que j'ai lu, mais j'ai adoré l'ambiance mélancolique et nostalgique qui se dégage, sans parler de l'histoire sombre et angoissante. Reste une héroïne à étoffer davantage et des persos secondaires à rendre plus attachants.

lundi 26 février 2018

Hôtel Vendôme

HISTOIRE

Hugues peut être fier de sa réussite : en quelques années, son hôtel est devenu prospère. Une passion de l'hôtellerie qu'il a transmis à sa fille unique, Héloïse.
Durant plusieurs années, l'hôtel Vendôme sera le théâtre de moments de joie, de bonheur, mais aussi de drames.

CRITIQUE

Je n'avais jamais lu Danielle Steel, alors que c'est une auteure qui occupe constamment le top 10 de meilleures ventes, à chaque titre paru. Je voulais donc voir de quoi il en retourne et j'ai emprunté ce roman car c'était celui dont le résumé me parlait le plus.
Eh bien, même si ça se lit vite, quand on gratte la surface, on se rend compte que c'est le vide intersidéral. Rien n'est développé : ni l'histoire, ni les personnages.

On va suivre un père et sa fille durant plusieurs années, avec pour décor principal leur hôtel, le Vendôme. Ce dernier, très populaire, est régulièrement occupé par des stars ou des personnalités influentes. Hugues et Héloïse vont passer par différents stades de leur vie, avec l'hôtel en toile de fond.

Et, qu'on se le dise : l'histoire ne casse pas des briques. Et cela pour deux raisons.
La première étant le nombre de descriptions inutiles, qui alourdissent le produit fini. L'auteure passe son temps à nous expliquer que l'hôtel Vendôme est génial, que le personnel est extra et fait super bien son taf... OK, c'est du haut de gamme, mais si la perfection existait, ça se saurait. Or, à part un problème de fuite au début du roman, une évacuation et une remise en question de la décoration de certaines chambres, y a jamais de gros problèmes. Les quelques soucis cités n'apportent aucun impact sur la vie des personnages, ou presque. A part pour pondre une romance entre le père et la décoratrice, mais en dehors de ça, y a d'enjeu.

Et puisqu'on en parle, en temps que deuxième raison négative, les quelques "bons" éléments d'intrigue sont balayés en un tour de main. On a bien une scène censée être dramatique, mais qui est rapidement expédiée. Pareil pour les soucis familiaux, qui n'apportent pas grand chose et ne semblent pas affecter la personnalité de nos protagonistes.
En fait, j'ai l'impression que l'auteure ne veut pas tomber dans le mélo-dramatique et veut limiter la "casse" à tout prix. Sauf que par ce procédé, on tue dans l’œuf les propos vraiment intéressants du récit et cela le plombe complètement.

Surtout que, comme écrit plus haut, Mme Steel ne cesse de souligner la grandeur de l'hôtel et le professionnalisme parfait de ses employés. Sans compter le fait que le père et la fille traversent des moments "parfaits" dans leur vie : elle réussi brillamment ses études et a toujours des idées qui font mouche, lui a du bol de tomber sur LA femme de sa vie, à la première décoratrice d'intérieur qu'il rencontre. Décidément, ils sont tellement parfaits qu'ils en deviennent fades... ou presque !

Héloïse, notre héroïne de base, est juste insupportable. C'est l'exemple typique de la meuf qui n'a jamais surmonté son complexe d'Electre. Elle ne supporte pas que son père puisse refaire sa vie, alors que Mademoiselle peut batifoler comme bon lui semble ! En fait, elle apparaît plus comme une petite fille capricieuse, qui fait marcher son petit monde à la baguette, que comme une redoutable femme d'affaire.

Concernant son père, Hugues, c'est un peu pareil : je n'ai pas aimé le personnages, parce que je le trouve fade, en plus d'être dépourvu de personnalité marquante.
C'est vrai qu'il dirige un hôtel de luxe, mais en dehors de son côté "patron", il ne dégage aucun charisme. Et c'est encore pire quand il trouve l'amour ; il se transforme en mec transis, complètement gaga, ce qui m'horripile au plus haut point !
Mais surtout, il manque cruellement d'autorité sur sa fille unique. OK, leur passé familial joue un rôle, mais c'est pas parce que tu diriges une entreprise que tu peux pas veiller sur ta fille ! Et c'est pas comme si tu ne pouvais pas engager une nounou ou demander à quelques membres de ton personnel de garder un œil sur elle !

Concernant les autres, ils sont très secondaires, et n'apportent pas grand chose. A part Nathalie, le grand amour d'Hugues, et encore ; elle se limite à être la copine du père et la nouvelle décoratrice de l'hôtel.

Le style n'est pas très recherché ; en fait, on va à l'essentiel, sans jamais approfondir les choses. Ça se lit vite, mais l'ensemble est vite oubliable.

C'était la première fois que je lisais Danielle Steel. Je réitérerais certainement l'expérience, mais pas dans un futur proche. Parce que clairement ce titre est décevant : à priori on passe un bon moment, mais tout est creux et fade, que ce soient l'histoire ou les personnages.

dimanche 25 février 2018

Pour toujours... jusqu'à demain

HISTOIRE

Suite à la mort de son père, Macy vit repliée sur elle-même. Son univers se limite à son travail à la bibliothèque et sa mère, accaparée par son besoin de se rendre utile.
Et puis, elle rencontre Wish et tout change. Au contact de ses membres, l'adolescente s'ouvre de nouveau à la vie et redécouvre la chaleur de l'amitié et de l'amour.

CRITIQUE

J'ai choisi ce titre pour mon Challenge ABC Jeunesse/Young Adult. De Sarah Dessen, je n'ai lu qu'un livre, que j'avais apprécié, mais sans plus.
Et c'est pareil avec ce titre : j'ai passé un agréable moment, mais il ne restera pas longtemps dans ma mémoire. La preuve : j'ai déjà oublié pas mal d'éléments concernant l'histoire et les personnages. Mais je vais essayer d'être la plus complète possible sur cette chronique.

Dans ce livre, Macy, notre héroïne, a perdu son père récemment. Ce n'est qu'au contact d'inconnus qu'elle va peu à peu sourire à nouveau à la vie, et faire le ménage dans sa vie professionnelle et personnelle.

Bon, l'histoire en elle-même n'est pas criante d'originalité : une ado, à la dérive depuis la perte d'un proche, va reprendre du poil de la bête suite à des rencontres inattendues. J'ai déjà lu ça quelque part, mais Sarah Dessen nous propose une jolie histoire, pleine de bons sentiments.

Certaines scènes m'ont beaucoup touchée, notamment celles où Macy se confie à Tim ou encore les dernières pages, avec sa mère. L'auteure arrive à distiller l'émotion, sans jamais en faire trop. Elle nous offre ainsi un récit touchant, qui peut parler à tout le monde.
Mais ce que j'ai préféré, ce sont les passages culinaires : en effet, Macy va se retrouver dans une affaire de traiteur, à devoir préparer et apporter les plats aux clients. Cela donne lieu à des situations rocambolesques, parfois drôles, mais qui ont le mérite d'enrichir et renforcer les relations entre les personnages.

Et puisqu'on parle d'eux, j'avoue avoir eu du mal avec Macy.
Elle a une vie réglée au millimètre près, pour ne plus souffrir. Sauf qu'elle va se rendre peu à peu compte que ce qu'elle vit n'est pas forcément la bonne solution ; ses nouveaux amis vont lui faire prendre conscience qu'elle peut à nouveau sourire à la vie.
Cependant, là où nous lecteurs, avons capté les gros trucs, l'adolescente met un temps fou à les cerner. Ce qui en devient très agaçant.

Autre perso avec lequel j'ai eu du mal : Jason.
Petit ami de Macy, c'est le cliché du type très intelligent, mais qui ne veut pas s'engager parce que trop occupé à ses activités (para)scolaires. Et bien sûr, il a du mal à comprendre l'épreuve que traverse sa copine.
Faut bien justifier le fait que Macy va tomber dans les bras de Tim ! C'est tellement forcé que ça en est risible, je trouve.

Idem pour la mère, que j'ai eu le plus grand mal à cerner. Quitte à la détester.
Sur ce coup là, j'aurais bien aimé avoir son point de vue ; voir comment elle gère son deuil, au travers de son boulot ou encore, sa relation avec ses filles.
J'ai trouvé le changement de comportement assez brutal, bien que bienvenue.

En revanche, j'ai préféré la bande que constitue Wish, le fameux traiteur pour lequel Macy va travailler.
Le groupe est soudé et chaque interaction avec eux marche à fond. Ce sont de loin les personnages les plus intéressants à suivre. Surtout Tim, dont l'histoire est très touchante.

Ça se lit vite et bien ; Sarah Dessen arrive à nous livrer des tranches de vie, des moments forts et douloureux. Mais aussi des moments de joie qui donnent le sourire.

Un roman jeunesse globalement sympa, même si je regrette le choix de la narration et une narratrice un peu molle du genou.

jeudi 22 février 2018

Memorex

HISTOIRE

Cela fait un an que la mère de Rhéa est morte dans un attentat. Un an que son frère jumeau, Aïki, fuit son contact, alors qu'ils étaient si proches. Un an de non-dits et de ressentiments, qui risquent fort d'éclater sur Star Island, à l'occasion des retrouvailles familiales.

CRITIQUE

Cindy van Wilder est une auteure belge dont je n'avais encore jamais lu les romans. Et je me suis dis que, la découvrir à l'occasion du New Year Book Challenge serait une bonne idée. D'autant plus que je ne lis pas souvent de la SF.
Et bien, je devrais en lire plus souvent parce que non seulement j'ai découvert une nouvelle auteure à suivre, mais en plus, j'ai kiffé ce livre !

Rhéa a perdu sa mère dans un attentat, il y a tout juste un an. A l'occasion de cet "anniversaire", son père, avec qui elle est en conflit, l'invite sur Star Island. Aïki, son frère jumeau est aussi de la partie, malgré leur relation devenue distante.
Sur place, les rancœurs, les non-dits et les secrets explosent ; la vie de Rhéa ne sera plus jamais la même.

L'auteure prend le temps de placer le décor et les personnages. Durant les 60 premières pages, on fait la connaissance de Rhéa et de son entourage. On découvre aussi le décor de Star Island, qui servira de huit-clos durant toute l'intrigue.

Le point de vue est majoritairement celui de Rhéa, mais les chapitres sont entrecoupés de passages en italiques, qui sont, soit des extraits de journaux intimes, soit des moments-clés du passé des personnages. Cela permet d'en apprendre davantage sur eux ou la situation (passée et/ou actuelle), et d'emboîter peu à peu les pièces du puzzle.

Une fois l'élément déclencheur survenu, c'est parti pour une série de révélations et de rebondissements qui font qu'on a envie de poursuivre cette lecture jusqu'au bout. Pour ma part, je ne me suis pas ennuyée une seconde !
C'est d'autant plus angoissant que tout se déroule en huit-clos. On a une scène où la famille se retrouve enfermée dans une pièce, ce qui accentue la tension, le suspens... quand elle ne provoque pas carrément un sentiment claustrophobe. 

Le roman a un côté "thriller", saupoudré d'une touche de science-fiction. Les deux sont habilement mélangés, ce qui fait de Memorex un titre parfait pour ceux et celles qui veulent découvrir ces deux genres. Très accessible, et en même temps profond, car vu la thématique proposée, elle peut lancer bien des débats.

Car, à travers ce roman d'anticipation, l'auteure propose une réflexion sur l'éthique scientifique : peut-on tout se permettre au nom de la science ? Peut-on jouer à l'apprenti sorcier afin de défier les lois de la nature ? Peut-on jouer avec la mémoire des gens, sous prétexte de préserver ceux qu'on aime ?
Tout un questionnement très intéressant, qui vous poursuit, même après avoir terminé le livre.

J'ai trouvé les personnages très travaillés et attachants. 
A commencer par Rhéa, notre narratrice.
On découvre une jeune fille très affectée par la mort de sa mère, pleine de rancœur envers son père et sa tante. Elle va peu à peu découvrir le véritable visage de son entourage et percer le mystère planant autour de l'attentat.
Je l'ai trouvée très attachante, très marquée par les événements qu'elle a traversé. Cela l'oblige à devenir mature, ce qui se ressent dans sa façon de parler.
J'ai beaucoup aimé aussi sa manière de gérer tout ce qui va lui tomber dessus. Elle se montre courageuse, un peu peureuse, mais avec ce qu'elle traverse, c'est bien normal...

J'ai adoré aussi le personnage d'Holly, la petite amie d'Aïki (frère jumeau de Rhéa). Archétype de la fille populaire, qui aime la mode et la beauté, elle va se révéler peu à peu et nous démontrer qu'elle en a dans la cervelle ! Sa façon de réagir par rapport aux événements est juste incroyable : elle m'a bluffée durant tout le texte ! A tel point que, comme Rhéa, mon regard sur elle a totalement changé.

Le père et le frère sont plus en retrait, même si la fin explique leur comportement. Cependant, ils se révèlent plus complexes qu'il n'y paraît : à la fois monstres et victimes, ils sont tiraillés entre leurs désirs et ce qu'ils sont réellement. C'est dommage que le récit ne leur donne pas plus de profondeur, car ils sont les plus intéressants à suivre.

L'écriture est fluide et addictive. De plus, l'auteure sait mettre le lecteur en condition et le plonger dans les méandres de l'être humain, pour le meilleur et pour le pire. Une belle plongée au cœur d'une science qui finit par échapper à tout contrôle.

Memorex est un excellent roman d'anticipation ! Cindy van Wilder est une auteure à suivre et je me ferais un plaisir de lire ses autres textes, notamment sa saga des Outrepasseurs.

mardi 20 février 2018

La vérité sur l'affaire Harry Québert

HISTOIRE

Marcus Goldman souffre du syndrome de la page blanche. Or, il doit impérativement envoyer son prochain manuscrit à son éditeur dans les plus brefs délais.
Mais voilà que resurgit une affaire, vieille de 33 ans : son ami et ancien professeur Harry Québert est accusé du meurtre d'une adolescente de 15 ans, avec laquelle il aurait eu une liaison.
Marcus part alors dans la petite ville d'Aurora pour tenter de découvrir le fin mot de l'histoire...

CRITIQUE

Cela fait un moment que je lorgnais sur les titres de Joël Dicker et le résumé de ce titre me parlait plus que Le livre des Baltimore. C'est donc sans a priori que je me suis lancée dans l'aventure Harry Québert, et j'ai passé un bon moment, même si pas mal de défauts sont à relever.

Tout l'intrigue se centre sur deux éléments : le meurtre de la jeune Nola Kellergan, 15 ans à l'époque et sur les soucis de Marcus concernant l'écriture de son deuxième roman. Les deux vont se télescoper, puisque notre héros décide d'écrire un ouvrage sur l'affaire Harry Québert, et tenter de prouver son innocence en remuant le passé.

Le côté "enquête" est, de loin, la partie la plus intéressante de l'histoire. L'auteur arrive à distiller le suspens et la tension, ce qui fait qu'on devient rapidement accro.
Le bouquin fait plus de 600 pages, mais je ne les ai pas vu filer. Je voulais absolument connaître le fin mot de l'histoire, découvrir ce qui était arrivé à Nola. D'autant plus qu'on se rend compte qu'Aurora est un petit patelin où les habitants ont bien des choses à cacher...

Bon, le fait qu'un type débarque de nulle part et trouve des indices, 33 ans après les faits, que la police n'avait pas relevé avant (ce qui pourrait la faire passer pour incompétente) peut manquer de crédibilité. Mais perso, ce genre de procédé ne me pose pas de problème. En plus, M. Dicker apporte une explication pour justifier ce fait.

J'ai été transportée par le récit, ayant été surprise par le twist final. Je ne l'avais pas vu venir !
En revanche, je relève un gros point négatif : j'ai l'impression que l'auteur en fait trop.
Je veux dire par là que les éléments s'accumulent, au risque de sombrer dans le surplus. J'ai trouvé certaines révélations tellement énormes qu'au bout d'un moment, j'ai fini par ne plus y croire. OK, je veux bien que les habitants aient leurs secrets, mais faut pas en faire des caisses non plus !

C'est d'autant plus dommageable que mon intérêt pour le livre s'en est vu diminué. Pas complètement bien sûr, mais ce point mine la lecture.

Un autre aspect que j'ai moins aimé : les réflexions sur le métier d'écrivain. Ce point aurait pourtant pu être très intéressant, mais finalement, cela ne l'est pas tant que ça. Chaque chapitre débute par un conseil donné par Harry à Marcus sur la façon d'écrire un livre.
C'est sympa, certes, mais premièrement, si on s'intéresse de près ou de loin à l'écriture, ces conseils ont un air de déjà-vu ; deuxièmement, j'ai trouvé par moment que certains conseils étaient pompeux.

De plus, l'idée d'écrire un livre sur l'affaire Harry Québert était sympa... si là encore, l'auteur n'en faisait pas des tonnes !
L'éditeur utilise des stratagèmes commerciaux (douteux) pour promouvoir le futur roman de Marcus. Sauf qu''encore une fois, la publicité est tellement énorme que ça en devient grotesque.

Est-ce que les personnages sauvent le livre de ces quelques éléments négatifs ? Même pas !
En fait, je les ai tous détestés !

A commencer par Marcus et Harry qui ont le même point commun : un ego surdimensionné.
Ils sont persuadés d'écrire LE chef-d'oeuvre de leur vie ; et quand ils sont au sommet de leur gloire, ils se permettent de se brûler les ailes... quitte à se retrouver dans la panade par la suite.
Je les ai trouvés imbus d'eux-mêmes et insupportables. Même le background d'Harry n'a pas changer mon regard sur lui ; c'est pas tant le fait qu'il soit tombé amoureux d'une gamine de 15 ans qui me pose problème, c'est plutôt l'idée qu'il se transforme limite en papa-gâteau (ou plutôt en papa-gaga-de-sa-chérie), ce qui lui fait perdre tout attachement !

Nola est l'archétype même de la petite blonde écervelée, qui ne connaît pas grand chose à la vie. Certes, elle va faire des choses par amour et a un vécu difficile ; mais son âge trahit son comportement, assez immature (les "Henry chéri !" avec sa voix de midinette me sont sortis par les trous du nez !).

Quand aux autres personnages, entre la meuf envahissante et son mari un peu benêt, la serveuse éperdue, le mystérieux milliardaire et j'en passe, les clichés s'accumulent. On apprend à connaître la plupart d'entre eux, mais je n'ai jamais éprouvé d'attachement pour quelqu'un en particulier.

Heureusement, l'ensemble se lit vite malgré le pavé. L'addiction ressentie fait qu'on tourne les pages rapidement. Après, à mes yeux, ça ne vaut pas non plus un prix littéraire...

La vérité sur l'affaire Harry Québert est un roman sympa : on passe un bon moment, mais les personnages sont détestables et/ou pas attachants. Si l'histoire est addictive, elle souffre de quelques défauts qui plombent l'ambiance pourtant sombre.

samedi 17 février 2018

La vérité sur Alice

HISTOIRE

Alice est une traînée. Tout le monde le sait ; elle aurait couché avec deux garçons lors d'une soirée. Et puis, les inscriptions dans les toilettes des filles suffisent, non ?
Mais est-ce vraiment la vérité ?

CRITIQUE

Encore un livre sur le harcèlement scolaire ? Oui, d'autant plus qu'il avait aussi des avis positifs, même si moindres que Blacklistée. Mais cela m'a donnée envie de découvrir le titre.
Ceci dit, je l'ai encore moins apprécié que Blacklistée. En fait, je n'ai pas aimé du tout.

Connaît-on vraiment la vérité sur Alice ? Est-elle vraiment une traînée ? C'est en tout cas ce qu'on raconte dans les couloirs du lycée. Elle aurait couché avec deux garçons, à la suite au cours d'une soirée.
Mais quatre personnages vont apporter la lumière sur cette affaire... et nous montrer que les apparences sont trompeuses.

Comme je viens de l'écrire, le récit se suit à travers quatre points de vue : l'ex-meilleure amie d'Alice ; son admirateur secret ; le meilleur copain de l'un des garçons concerné par l'affaire ; et l'organisatrice de la fameuse soirée où tout se serait déroulé.
Pour un roman dont le titre porte sur Alice, je regrette qu'on n'ait pas de chapitre avec son point de vue. On en a bien un, mais il est unique et n'arrive que très tardivement (la toute fin). Je pensais qu'elle nous parlerais de son vécu, de son ressentiment par rapport à cette rumeur et de son impact sur sa vie quotidienne et scolaire.

Les quatre points de vue s'alternent successivement, mais je trouve que le début est confus ; on a du mal à cerner qui est qui au début. Les chapitres débutent par les prénoms des personnages, mais ils dévoilent leur rôle progressivement. Après la confusion du début, j'ai pu m'y retrouver plus facilement.

Ceci dit, je trouve qu'on ne mesure pas assez l'impact de la rumeur sur Alice et les personnes gravitant autour d'elle.
Car on se rend compte que certains personnages veulent se protéger, quitte à mentir pour éviter que les squelettes sortent du placard. Quitte ainsi à ruiner la vie d'une adolescente.
Mais l'auteure n'approfondit pas les choses, on reste en surface. Il faut dire que le livre n'est pas bien épais (200 pages à peine). Du coup, le côté "harcèlement scolaire" n'est pas abordé en profondeur et sous tous les angles... ce qu'arrivait à faire Blacklistée.

Du coup, l'histoire souffre de ce gros défaut. Et un deuxième vient s'ajouter : en dehors de cette fameuse rumeur, il ne se passe pas grand chose d'intéressant. Oui, on voit Alice et son admirateur secret se rapprocher, on découvre les secrets de chacun, mais cela ne suffit pas. Ça reste banal dans l'ensemble ; je ne me suis jamais sentie concernée par ce que vivait les personnages. Et pas seulement parce qu'il ne se passe pas grand chose ; ça manque aussi d'émotion. De la part d'un livre avec un thème aussi dur, c'est un comble !

Les personnages ne sont pas très attachants, en plus de souffrir d'un manque de profondeur flagrant.
A commencer par Alice, la principale concernée. Le fait qu'on ne connaisse pas son point de vue sur la question est déjà un handicap, d'autant plus qu'elle m'a laissée une sale impression qu'elle se fichait de ce qui lui arrivait.

Les autres ont beau avoir un minimum de développement, je n'ai jamais pu m'attacher à aucun d'entre eux. Ils m'ont laissée indifférente... sauf peut-être l'admirateur d'Alice (et encore).

Le style n'est pas très recherché ; ça reste de la littérature YA et ça se lit vite.

Un roman qui aurait pu être bon, de part son thème, mais je le trouve raté. En cause : des personnages pas du tout attachants, même si la plupart d'entre eux sont développés ou encore une histoire qui manque d'émotion.

vendredi 16 février 2018

Les secrets d'une blogueuse amoureuse, tome 1

HISTOIRE

Kayla est l'Oracle, la spécialiste de l'amour. Pour cinq dollars, elle vous prodiguera ses précieux conseils. Pourtant, la demoiselle est loin d'avoir collectionné les amoureux ! Et quand e beau Jared entre dans son champ de vision, les ennuis ne sont pas loin !

CRITIQUE

Voilà une nouvelle relecture, puisqu'il faisait partie des nouveautés jeunesse de la bibliothèque. Et comme j'avais adoré lors de ma première lecture, je voulais voir si le constat était le même.
Et je confirme : mon ressenti n'a pas changé, des années plus tard. Car j'ai passé un excellent moment avec ce titre !

Kayla est une adolescente simple, qui passe son temps entre le lycée et ses amis. Sauf qu'elle a un secret : elle est l'Oracle, cette conseillère en amour, qui vous donnera ses astuces, moyennant cinq dollars.
Le jour où Jared débarque dans sa vie, la jeune fille perd peu à peu ses moyens. Entre son identité secrète et son amour naissant, elle va devoir jongler pour ne pas perdre pied !

Ce que j'ai adoré, ce sont les moments où Kayla devient l'Oracle et dispense ses conseils à ceux et celles qui l'appelle. J'ai trouvé qu'elle s'en sortait de manière professionnelle, pour quelqu'un qui a peu d'expériences en matière de relations amoureuses. L'aspect "blog/site Internet" est le gros point fort du récit.

Evidemment, s'il ne brille pas par son originalité, j'ai adoré suivre Kayla dans sa vie de tous les jours, que ce soit avec ses amis, Jared ou sa famille (surtout sa sœur, qui lui demande souvent conseil pour ses rendez-vous galants). J'ai beaucoup aimé le début de relation entre Kayla et Jared ; on a droit aux premiers émois amoureux, côté Kayla puisque c'est notre narratrice.

Bon, soyons francs : y a un aspect qui me gave dans les romances, que j'ai malheureusement retrouvé ici. C'est quand la fille part dans un délire comme quoi le mec en question ne l'aime pas, craque pour une autre (souvent la bimbo du lycée), etc. Je déteste ce genre de considérations dans les romances, même s'il s'agit d'un passage "obligé". Heureusement, ça ne dure pas longtemps.

Les personnages sont hyper attachants ; à commencer par Kayla.
Je l'ai trouvée très mature par rapport à son job d'Oracle ; elle n'hésite jamais à se lancer à fond pour aider les personnes du mieux qu'elle peut. Pareil au lycée : que ce soit pour des anonymes ou ses proches, si un projet lui tient à cœur, elle n'hésite pas à aller au bout de l'idée !
J'ai trouvé son couple avec Jared tout mignon, malgré le fait qu'elle m'ait agacée à un moment donné, suite à ce que j'ai écrit précédemment. Le fait qu'elle s'imagine un scénario, au lieu de parler directement avec la personne concernée, c'est le genre de choses qui me font lever les yeux au ciel.

J'ai beaucoup aimé Jared aussi. C'est un garçon très doué en dessin, qui semble à priori parfait. Mais on imagine bien qu'il cache bien son jeu ! Les petites piques qu'il se lance avec Kayla sont géniaux, en plus d'être tout mignon avec sa dulcinée !

Les amis de la jeune fille sont ultra attachants. Ils apportent chacun leur petit plus, qui enrichissent la personnalité de l'héroïne. J'ai hâte de les retrouver dans le deuxième tome !
Même commentaire pour la famille, et plus particulièrement la grande sœur de Kayla. Et vu ses problèmes sentimentaux, j'espère que cette dernière va trouver une solution pour l'aider !

Bon, faut pas se leurrer, Darkiss oblige (une collection Harlequin, je le rappelle), y a pas de recherche dans l'écriture. Ça se lit vite et très bien. Il faut dire que la police est grande, ce qui apporte un certain confort de lecture. Bon, c'est pas forcément la meilleure méthode de lecture, mais elle permet d'engloutir le livre en quelques heures.

Les secrets d'une blogueuse amoureuse est un excellent roman, avec des personnages attachants et un côté "blog" qui apporte un rafraîchissement bienvenu !

mercredi 14 février 2018

Blacklistée

HISTOIRE

Regan Flay est l'une des filles les plus populaires du lycée. Mais le jour où ses messages et propos deviennent publics, tout bascule. Ses amies lui tournent le dos, elle fait l'objet d'un lynchage sans précédent... Seul Nolan s'intéresse à elle.
Arrivera-t-elle à remonter la pente ?

CRITIQUE

Voilà un titre que je souhaitais lire depuis sa sortie en VF, au vu des commentaires dithyrambiques. De plus, il traite d'un sujet difficile : le harcèlement scolaire.
Et pourtant, je m'attendais à autre chose. Non pas que je n'ai pas aimé, mais je m'attendais à un récit beaucoup plus poignant.

Regan passe son temps à jaser sur les autres, souvent pour obtenir ce qu'elle veut. Ses meilleures amies savent qu'elle n'a pas sa langue dans sa poche.
Mais un jour, ses propos qu'elle tenait sur les réseaux sociaux sont affichés sur les murs du lycée.
Pour Regan, la descente aux enfers commence...

Le gros souci que j'ai avec l'histoire, c'est que je m'attendais à ce qu'elle me prenne vraiment aux tripes. Mais cela n'a pas été le cas.
Bien sûr, le roman a ses moments touchants ; je pense notamment à cette scène où Regan voit les commentaires sur un groupe Facebook dont elle est le sujet principal. A ce moment-là, j'ai trouvé qu'elle était dramatique. Et aussi parce qu'elle m'a rappelée des moments douloureux, suite à mon histoire personnelle.

Ceci dit, je n'ai non plus été happée par le récit, au point de poursuivre absolument ma lecture. En fait, je trouve que Cole Gibsen reste encore assez "gentillet" dans son propos. Les ados peuvent se montrer vraiment cruels entre eux, mais ce point n'est pas suffisamment mis en avant.

Le thème du harcèlement scolaire est cependant bien traité et est même assez "complet", dans la mesure où l'on sent tout l'impact sur la personne concernée (insultes quotidiennes tant au lycée que sur les réseaux sociaux, pour ne citer qu'un exemple). De plus, Regan était elle-même une sorte d'harceleuse, avant d'être elle-même harcelée. Ce qui permet d'avoir deux points de vue radicalement différent sur une même situation.

Le point central reste la romance qui se noue progressivement entre Nolan et Regan... alors que cette dernière ne peut pas le saquer. Du moins au début.
Ça reste assez cliché, même si l'adolescent représente la bouée de sauvetage au milieu de l'océan tourmenté que traverse Regan. Cela donne lieu à des scènes assez touchantes.

En fait, avec le recul, mon gros reproche reste l'inégalité entre l'émotion promise et celle fournie dans le bouquin. Je trouve finalement que deux ou trois scènes m'ont vraiment marquée. Notamment la fin, qui amène une belle note d'espoir pour le futur. C'est d'ailleurs le gros point fort du récit ; j'ai adoré la façon dont l'auteure conclut son propos. J'ai quitté le livre, le sourire aux lèvres, avec l'idée que l'humanité n'est pas toujours noire et qu'elle peut aussi faire le bien !

Par contre, j'ai eu du mal avec Regan, au début du récit. Le fait qu'elle parle des autres sur le dos, pour obtenir ce qu'elle veut, c'est le genre de choses que je condamne chez un personnage.
Mais à mesure qu'on avance dans le texte, on s'aperçoit qu'elle n'a pas la vie facile. Avec une mère qui veut absolument qu'elle soit parfaite en tout point, et qu'elle suive le chemin qu'elle a tracé pour elle. Regan étouffe sous le joug maternel, mais ne sait pas quoi faire pour en sortir.
Il en ressort une ado attachante, qui affronte ces épreuves et va peu à peu s'affirmer. Elle a finalement su me convaincre, alors que c'était pas gagné au départ ! Alors que c'est la narratrice, elle nous raconte son calvaire et son évolution.

En revanche, Nolan m'a moins convaincue. Je l'ai trouvé assez étrange dans sa façon d'être avec Regan, même si la fin apporte une explication. Mais je ne l'ai pas trouvé attachant, j'ai même éprouvé de l'indifférence.

Les persos secondaires sont assez en retrait, même s'ils apportent un plus à leur façon dans l'histoire de Regan. Mais comme ils ne m'ont pas marquée plus que ça, j'en ai rien retenu de spécial.

Malgré tout, le livre est très ancré dans son époque et Cole Gibsen nous parle de son récit avec réalisme, sans jamais faire dans la surenchère. Mais paradoxalement, j'ai eu l'impression qu'elle n'osait pas aller au bout des choses, quitte à rester dans un ton soft.

Blacklistée est un roman qui traite bien du harcèlement scolaire, même si le propos reste assez "gentil". L'auteure ne va pas suffisamment en profondeur et les personnages sont soit en retrait, soit peu attachants, à l'exception de Regan la mieux travaillée du lot.

mardi 13 février 2018

Phobos, tome 1

HISTOIRE

Dans le cadre du programme Genesis, six garçons et six filles sont choisis pour coloniser Phobos et former les futurs couples qui bâtiront leur nid, une fois sur place.
Léonor, avec ses compagnes de voyage va rencontrer chaque garçon à travers des séances de speed-dating et tenter de trouver son futur époux...

CRITIQUE

Phobos est LA saga SF Young Adult qui a fait beaucoup parler d'elle sur la blogosphère. Je voulais découvrir la plume de Victor Dixen et voir ce que cette saga avait dans le ventre.
Encore une fois, un roman unanimement plébiscité ne m'aura pas convaincue.

Léonor, avec cinq autres filles et six garçons, participent au programme Genesis, où ils devront former les premiers couples à coloniser Mars... ou plutôt Phobos, l'un de ses satellites. A travers des séances de speed-dating, ils vont apprendre à se connaître et les premières affinités naissent... ainsi que les premières rivalités !

Honnêtement, un pitch pareil ne me tentait pas des masses. Je voulais surtout voir comment le côté SF allait être exploité ; et finalement, l'histoire est plutôt bien passé, malgré les facilités scénaristiques que j'ai pu relever.

L'une d'elle, au début du livre, aurait pu être mieux traitée, mais il faut bien justifier les révélations qui arriveront aux oreilles de nos apprentis astronautes !
Ceci dit, l'auteur a réussi à happer mon intérêt pour son roman. J'aimais beaucoup ce qu'il proposait, au travers des scènes baptisées "Champs" et "Contre-champs", même si j'ai préféré ces derniers.

En effet, les scènes "Contre-champs" dépeignent une vision du programme Genesis finalement très peu reluisante. Et on se rend compte que cette émission de télé-réalité cache une vérité plus sordide que ce qu'annonçait le résumé. Rien que pour cet élément, j'ai été séduite par les idées de M. Dixen. Et cela me donne envie de lire la suite, d'autant plus qu'il mets en place deux ou trois intrigues qui risquent fort de s'emboîter les unes aux autres pour les tomes à venir.
Elles sont d'autant plus réussies, qu'étant à la troisième personne du singulier, on peut se balader d'un groupe à l'autre, même si le programme Genesis reste l'élément commun, à différents échelles.

En revanche, les scènes "Champs" m'ont beaucoup moins plues, et ce pour deux raisons.
La première est le choix de la narration. L'auteur a pris le parti de suivre seulement Léonor. Et donc, uniquement le compartiment des filles.
J'aurais tellement aimé avoir le point de vue des autres filles et des six garçons, quitte à se balader d'un point de vue à un autre à chaque "Champ". Ça aurait été génial de percevoir leurs opinions, notamment par rapport aux speed-datings.
Surtout que notre Léonor est loin d'être une véritable héroïne pour moi.

La deuxième raison est qu'il ne se passe pas grand chose d'intéressant. Passée la découverte de leur compartiment, les filles passent plus leur temps à discuter de leurs séances de speed-dating, quand elles ne sont pas occupées de leur côté.
Heureusement que les scènes "Contre-Champs" sont plus intéressants ; ce sont finalement ces passages qui m'ont convaincue de poursuivre cette lecture.

Et puisqu'on parle des speed-dating, autant le dire d'emblée : j'en ai aimé aucun !
Je sais que le but est de former les futurs couples et qu'ils sont plongés dans une situation exceptionnelle, mais je ne lis pas de la SF pour me retrouver avec des scènes ou filles et garçons se rentrent dedans à coup de drague ultra lourde ! Perso, j'ai levé les yeux au ciel à plusieurs reprises, tellement je trouvais ces scènes ridicules.

Autre gros point négatif : les personnages.
N'en déplaise à certains, je trouve que Léonor est une grosse Mary-Sue, malgré les tentatives de l'auteur pour essayer de la paraître plus "normale".
Sauf que la demoiselle a un physique de rêve (on insiste énormément sur sa chevelure rousse), est la seule qui découvre LE truc important du roman, ne veut pas suivre les règles (parce que c'est bien connu, l'héroïne ne fait jamais comme tout le monde !) et veut imposer les siennes... Bref, Léonor n'a pas vraiment de défaut.
Je dis "vraiment" parce que Victor Dixen essaie de nous faire croire qu'elle a des défauts. Qu'elle complexe énormément à cause d'une brûlure (qu'elle a baptisé d'ailleurs la Salamandre) ou encore qu'elle hésite entre deux garçons, quitte à se faire passer pour une manipulatrice.
Le problème ? L'auteur force tellement le trait que ça en devient risible. Perso, j'ai eu du mal à croire qu'on pouvait autant complexer sur une blessure, même si Léonor entretient le mystère autour d'elle.

Et comme c’est notre narratrice, on ne voit l'aventure qu'à travers ses yeux. Ce qui diminue fortement l'approfondissement des autres personnages.
Les autres filles et les garçons sont réduits à leur physique et à deux ou trois traits de caractères. On a bien quelques éléments de passé pour certains d'entre eux, mais c'est exposé à la va-vite, si bien qu'on finit par oublier ces détails.
La seule qui m'a vraiment semblé intéressante, c'est Safia. De part son passé, elle m'a beaucoup touchée. Elle apporte la touche de sensibilité et de douceur bienvenue dans le groupe. J'espère qu'elle se dévoilera davantage dans les autres tomes (même commentaire pour les autres) !

L'écriture est très cinématographique. Déjà par les termes "Champs" et "Contre-champs" pour les différents chapitres, mais aussi au vu des descriptions fournies.
Ces dernières sont très vivantes, tant et si bien qu'on imagine parfaitement les scènes dans la tête. Cela rend l'ensemble très immersif, ce qui reste un gros point fort du récit.

Malgré sa mise en scène soignée, digne d'un film, ce premier tome ne m'a pas convaincue. En cause : une histoire inégale et des personnages pas très développés, d'autant plus que l'héroïne est insupportable, en plus d'être proche de la Mary-Sue.
Ceci dit, l'ensemble m'a suffisamment intriguée pour me donner envie de lire la suite.

samedi 10 février 2018

Strom, tome 1 : Le Collectionneur

HISTOIRE

Les jumeaux Raphaël et Raphaëlle semblent ordinaires. Pourtant, leur vie bascule le jour où leur parrain leur révèle qu'il est un Chevalier de l'Insolite et qu'il fait partie d'une étrange confrérie, à laquelle les deux enfants sont invités à y entrer.
Là, ils vont apprendre à maîtriser leurs facultés, dont le Strom. Mais un mystérieux Collectionneur vient perturber leur découverte de l'Insolite ; aux jumeaux de l'arrêter et de percer le mystère entourant le personnage...

CRITIQUE

J'avais lu ce livre des années auparavant, à l'époque où seul ce premier tome était sorti. J'avais apprécié cette lecture, même si je ne l'avais pas trouvé exceptionnelle.
Je l'ai relu dans le cadre du Challenge des Douze Thèmes, pour celui de Février, à savoir : lire le premier tome d'une saga.
Verdict : mon avis n'a toujours pas changé. Ça reste sympa, mais sans plus.

Ce premier volet nous présente les jumeaux Raphaël et Raphaëlle et leur découverte de la confrérie où ils deviendront un jour, ils l'espèrent, Chevalier. Mais avant, ils doivent suivre une formation pour leur permettre d'apprendre à maîtriser le Strom et de découvrir que le monde n'est pas celui qu'on croit...

Vous l'aurez sans doute compris, il s'agit clairement d'un tome d'introduction. On découvre, en même temps que les jumeaux cette fameuse confrérie et tout ce qu'elle représente.
Et on se rend compte que le monde n'est finalement pas celui qu'on croit !
J'ai beaucoup aimé cette partie de l'histoire, où les auteurs s'amusent à revisiter des pans de notre monde (tant du point de vue historique que pour la faune) pour les remodeler à la sauce "Strom". C'est, pour moi, la plus grande qualité du livre, d'autant plus que la fin laisse présager des trucs énormes, qui risquent fort de faire vaciller la confrérie !

Je regrette cependant qu'on reste constamment en surface, malgré les explications fournies. Ça reste très introductif, alors qu'on a matière à approfondir les choses. Peut-être que ça évoluera dans les tomes suivants ; j'attends donc de voir ce que les auteurs nous réservent pour la suite.

Le récit en lui-même est plutôt plaisant à suivre, même si c'est un roman destiné à la jeunesse. Je trouve que ça reste simple, voire simpliste. Y a beaucoup de facilités quand même. Certaines situations sont facilement désarçonnées, alors qu'il y avait matière à créer des scènes vraiment dramatiques.
Après, pour découvrir le genre fantastique, ce premier volet est parfait. Très accessible, il permet d'appréhender les premiers aspects d'un roman fantastique, pour que lecteur ait envie par la suite de découvrir d'autres romans du même genre, mais plus poussés.

Je ne me suis pas ennuyée, mais c'était pas l'extase non plus. La faute aux éléments qui sont soit résolus facilement, soit aux situations exposées auparavant qui ne se révèlent pas aussi menaçants qu'on le croyait.
La fin en est le parfait exemple.
Durant tout le livre, on nous pond une menace, d'autant plus mystérieuse qu'on ne connait rien de ses objectifs et de ses motivations. Même la confrérie ne sait pas à quoi s'attendre.
Et finalement, la menace n'en n'est pas une ! On se retrouve avec une séquence qui ne tient pas ses promesses, même si elle apporte une petite touche d'émotion bienvenue.
N'empêche, si c'est pour nous parler d'une grave menace durant plus de 200 pages pour qu'on se retrouve avec une scène pareille au final, ça n'en valait pas la peine !

Les personnages sont assez attachants, même si, là encore, je relève quelques facilités.
J'ai largement préféré Raphaëlle à son frère. Déjà, elle est plus réceptive que lui en ce qui concerne l'Insolite et surtout le Strom. Et aussi parce qu'elle est plus posée et a soif de découverte. Je me suis totalement reconnue en elle, même si je regrette qu'elle apprenne tout très facilement.

Je me suis moins attachée à son frère, par contre. Idem pour les autres personnages, excepté leur parrain, qui semble avoir un passé intéressant, encore une fois très peu exploité dans ce volet. Là aussi, j'ai hâte de voir s'il va évoluer dans les volumes suivants.

L'écriture des deux auteurs est très fluide, cela permet de se plonger très facilement dans le récit. Le gros souci est clairement le manque de développement dans le scénario et les personnages et l'absence de véritable enjeu.

Strom est un bon point de départ pour ceux et celles qui veulent découvrir le genre fantastique. Pour ma part, je cherche des récits beaucoup plus développés, mais il n'empêche que je l'ai trouvé sympa. C'est juste que ce premier tome ne m'a pas transcendée.

vendredi 9 février 2018

Les Emmurés

HISTOIRE

Parce qu'elle a raté le scoop de sa carrière, Jeanne est envoyée par son patron dans un immeuble où des personnes emmurées vivantes ont été retrouvées des années auparavant. La jeune femme est chargée de faire un papier vendeur où l'horreur côtoie la personnalité extravagante et dérangeante de l'architecte, M. Malestrazza.
Mais elle va vite déchanter en découvrant que la vérité est encore bien plus terrifiante que ce qu'elle croyait.

CRITIQUE

Serge Brussolo est un de mes auteurs préférés. Il y a des années, j'ai lu ce titre et j'avais dévoré en une journée, tellement je l'avais adoré.
Je l'ai choisi dans le cadre du Valentine's Day Challenge pour voir si mon avis a changé.
Et aujourd'hui, j'ai un avis beaucoup plus mitigé. N'hésitez pas à lire ma chronique si vous voulez en savoir plus !

Notre héroïne, Jeanne, doit enquêter sur une série de meurtres particulièrement sinistres : des personnes emmurées vivantes ont toutes été retrouvées dans le même immeuble. Les quelques personnes qui y vivent encore craignent que le tueur n'ait jamais quitté les lieux et qu'il se terre entre les murs. Au point qu'ils lui font des offrandes, dans l'espoir d'être épargné.
Dans cette atmosphère pesante, notre journaliste va vite se rendre compte que la réalité est encore plus incroyable que les rumeurs qui circulent dans l'immeuble.

Avant toute chose, je tiens à préciser une chose : si vous êtes féministe, alors ce livre vous fera grincer des dents. Car il présente une image de la femme particulièrement dégradante.
En effet, dans ce roman, les femmes sont majoritairement considérées comme des esclaves au service des hommes, et doivent subvenir à tous leurs besoins (sexuels de préférence).
D'ailleurs, Jeanne elle-même semble n'être attirée que par des hommes brutaux et semble même prendre du plaisir à se faire brutaliser et insulter. J'ai du mal à comprendre comment on peut éprouver du plaisir à ce genre de situation... Mais bon, il faut de tout pour faire un monde...

Quoi qu'il en soit, l'histoire est clairement divisée en deux parties.
La première se centre sur l'histoire de l'immeuble et les meurtres qui ont eu lieu. C'est la partie que j'ai préféré.
On entre vite dans une ambiance pesante, sombre, voire glauque. Déjà, avec cette histoire d'emmurés, y a de quoi flipper ! Mais le fait que les résidents croient dur comme fer que le tueur vit toujours entre leurs murs, au point de lui faire des offrandes, y a carrément de quoi se barrer en courant !

J'ai adoré cette ambiance, très bien dépeinte, à tel point qu'on dirait plutôt qu'on visionne un film, plutôt que lire un livre ! Serge Brussolo n'a pas son pareil pour décrire des sensations étranges et bizarres dont lui seul a le secret. J'ai ressenti exactement les mêmes émotions que Jeanne ; j'étais vraiment prise dans l'histoire, désireuse de poursuivre afin de connaître la suite.

Et puis, arrive la deuxième partie.
Même si je l'ai trouvée aussi plaisante, j'ai moins accroché. Déjà, je ne me rappelais pas ce moment de l'intrigue, mais surtout, il faut bien avouer qu'il ne se passe plus grand chose, même si cette partie est riche en révélations. Et une fois encore, l'auteur nous démontre qu'il possède une imagination débordante ; ce qu'il nous révèle au sujet des emmurés et du passé de l'architecte a de quoi vous glacer le sang !

Par contre, je regrette une fin bâclée, qui aurait mérité plus de travail, quitte à ajouter une cinquantaine de pages supplémentaires. Cela donne l'impression que le roman n'a pas été achevé, sentiment que je n'aime pas du tout retrouver quand j'en termine un.

Autre point négatif : je n'ai pas trouvé Jeanne attachante.
Désolée, mais les héroïnes qui éprouvent du plaisir à être maltraitée ou brutalisée par les hommes, très peu pour moi. Je l'ai trouvée aussi assez passive, dans la mesure où elle se laisse facilement dicter sa conduite. OK, elle va vire des événements exceptionnels, mais je n'ai éprouvé aucune empathie pour elle.

Pareil pour les hommes, qui n'ont pas non plus une image reluisante. La grande majorité d'entre eux sont des brutes, pour qui les femmes doivent être leurs poupées dociles et faire tout ce qu'il veulent.
C'est le cas de Pierrot, un gamin de 12/13 ans, mais qui se comporte comme s'il en avait vingt. Il a une vision féminine perverse, ce qui m'a mise très mal à l'aise, surtout vu son âge.
Mais c'est bien le seul qui m'a vraiment marqué, tous les autres étant secondaires, voire tertiaires à l'histoire.

Je reconnais cependant que le style est vraiment superbe : on plonge rapidement dans une ambiance sombre, étrange et pesante, ce qui fait que, malgré ses défauts, j'ai eu du mal à décrocher du récit et, surtout, de cette sensation oppressante qui fait qu'on a du mal à se la sortir de la tête !

Malheureusement, Les Emmurés n'aura pas tenu toutes ses promesses. Je retiens cependant les très bonnes idées de l'auteur, mais la vision des femmes dépeinte dans ce roman et les personnages détestables auront eu raison d'elles.