samedi 20 janvier 2018

Les apparences

HISTOIRE

Nick Dunne vit une vie paisible avec sa femme Amy. Ayant tous les deux perdu leur travail, ils doivent emménager dans un petit appartement et vivre dans une nouvelle cité.
Un jour, Amy disparaît. Pour Nick, commence alors l'enquête pour retrouver sa femme. Parallèlement, il va se rendre compte qu'elle lui cachait bien des choses...

CRITIQUE

Dans le cadre du challenge ABC Policier/Thriller, j'ai choisi ce titre afin de découvrir Gillian Flynn, mais aussi parce qu'il a remporté un succès monstre tant en VF qu'en VO.
Et une fois encore, voilà un best-seller qui ne m'aura pas séduite? Décidément, là où les coups de cœur s'enchaînent, j'ai l'impression que ces livres qui marchent ne sont pas fait pour moi !

Les apparences met en scène un couple à priori sans histoire : Nick et Amy. Cette dernière disparaît mystérieusement, laissant à Nick le soin de la rechercher, avec l'aide de la police. Mais rapidement, les indices accumulés semblent indiquer que Nick pourrait être un bon suspect. Comment va-t-il se sortir de ce mauvais pas pour prouver son innocence ?

Dès les premières pages, j'ai de suite senti que ça n'allait pas le faire.

En cause, la première partie, que je trouve très plate ; l'auteure prend le temps de mettre en place le contexte et les personnages, certes, mais c'est inintéressant. A cela s'ajoute des flashs-backs qui n'en finissent pas ; quitte à donner une ligne du temps, il aurait fallu placer les événements dans l'ordre chronologique et surtout, accélérer un peu les choses.

Heureusement, les deuxième et troisième parties sont nettement meilleures. Mon intérêt est remonté en flèche une fois franchi ce cap, même si je pointe un autre défaut, déjà relevé dans la première partie : la longueur.
J'ai trouvé l'ensemble du bouquin incroyablement long. Ça dure durant 570 pages et je les ai senti ; ça traîne en longueur, j'ai eu l'impression que j'en verrais jamais le bout !

C'est dommage parce que j'ai trouvé l'idée de base à la fois géniale et glaçante à souhait : voir jusqu'où on est prêt à aller par vengeance.
La fin est d'ailleurs à la hauteur de ce fameux plan ; j'avoue, même si par moments je me suis ennuyée, j'ai repensé à ce livre après l'avoir terminé.

Autre bonne idée : l'alternance des points de vue. On suit l'histoire à travers les yeux de Nick et Amy. Et chacun d'eux va donner sa version des événements, pour permettre aux lecteurs de mieux s'y retrouver. Et chacun va donner sa propre opinion sur une même scène, ce qui ajoute un plus par rapport à leur psychologie.

Et puisqu'on aborde la psychologie des personnages, ça va être l'occasion de parler d'eux, même si cette chronique se centre surtout sur Nick et Amy.
Je le dis d'emblée : j'ai détesté Nick. Il peut sembler attachant, surtout vu tout ce qui lui tombe dessus, mais je l'ai trouvé imbuvable ! Sa façon de gérer les choses (du moins au début), son comportement vis-à-vis de son entourage... Bref, je l'ai trouvé antipathique et pas vraiment attachant.

Amy est nettement mieux, même si c'est pas encore LE personnage attachant de l'histoire.
Déjà, j'ai trouvé son plan à la fois glaçant et génial ; une autre femme aurait réagi d'une manière classique après ce qu'elle a vécu. Mais pas elle.
Non, elle va nous présenter un truc complètement dingue, mais en même temps tellement cohérent qu'on pourrait se dire : et si je faisais un coup pareil aussi ?

Ensuite, elle se présente comme une personne assez particulière ; en même temps, vu les parents qu'elle se paye, c'est pas étonnant qu'elle soit comme ça. Les chapitres la concernant étaient bien mieux, plus intéressants que ceux de Nick. J'ai beaucoup aimé sa façon de réagir par rapport aux événements, même si son attitude reste, par moments, condamnable. Cela explique pourquoi elle n'est pas non plus attachante.

Le seul personnage que j'ai vraiment apprécié, c'est Go, la sœur jumelle de Nick. Elle se montre forte, malgré les bourdes de son frangin. Pour le coup, j'aurais bien aimé aussi avoir son point de vue sur les scènes auxquelles elle assiste.
En revanche, les parents d'Amy sont tout aussi imbuvables que leur beau-fils. Je n'ai pas du tout aimé la façon dont il gérait leur fille, un peu comme si elle servait à leurs fins commerciales.

Il faut cependant reconnaître que le style de Gillian Flynn est ultra fluide et que ce bouquin se lit facilement, malgré ses longueurs. J'attends de voir ce qu'elle va m'offrir dans d'autres romans, mais je ne peux pas vraiment parler d'un thriller. Il s'agit plus d'un roman psychologique.

Les apparences ne m'aura malheureusement pas séduite. En cause : des longueurs parfois interminables et des personnages pas hyper attachants (voire insupportables). J'attends ma prochaine lecture de Gillian Flynn au tournant, en espérant qu'elle m'offrira mieux.

jeudi 18 janvier 2018

Love Letters to the Dead

HISTOIRE

Laurel a perdu sa sœur, May, dans des circonstances tragiques. Depuis, elle essaie tant bien que mal de se reconstruire.
Son nouveau lycée et l'arrivée du mystérieux Sky vont être l'occasion pour elle de prendre un nouveau départ.

CRITIQUE

A chaque fois que je passais à la bibliothèque, il me faisait de l’œil. Et finalement, j'ai franchi le cap et décidé de l'emprunter. Je ne regrette pas, même si cette lecture a été moyenne dans son ensemble.

Pourtant, le pitch avait de quoi séduire : une jeune fille perd sa sœur et se rend dans un nouveau lycée pour tenter de redémarrer sa vie. Là, elle va rencontrer plusieurs personnages, dont un mystérieux garçon, qui vont peu à peu l'aider à surmonter cette épreuve.

Je m'attendais donc à un drame poignant, mais finalement, il n'en n'est rien, ou alors très peu.

En fait, la grosse majorité de l'histoire se centre sur la nouvelle vie de Laurel, avec ses amis et son petit copain. On sent malgré tout le mal-être de l'héroïne, d'autant plus qu'elle est notre narratrice.
Ceci dit, ça manque cruellement d'émotion ; je n'ai pas ressenti les pincements au cœur promis, sauf vers la toute fin. Cette dernière est véritablement touchante et m'a vraiment prise aux tripes. Le souci, c'est que ça arrive beaucoup trop tard ; j'avais déjà décroché bien avant de parvenir jusqu'à cette étape.

Mais surtout, c'est inutilement long. Laurel semble cacher un terrible secret, par rapport à la mort de sa sœur. Sauf qu'elle met trois plombes à en parler, notamment pour éviter de perdre l'amour du B.G.M. (le Beau Gosse Mystérieux). Ce genre de procédé me gave énormément ; j'avais envie d'entrer dans le bouquin et de dire à la fille : "Mais bordel, arrête de tourner autour du pot et balance ton truc !!!".
Le bouquin fait à peine 360 pages, mais pour moi, il aurait pu être amputé d'une centaine. C'est parfois long et inintéressant.

Je dis ça parce qu'on passe la plupart du temps à suivre Laurel en cours (ou plutôt, en train de sécher les cours), avec ses nouveaux amis, durant ses sorties avec Sky ou dans des soirées organisées... Bref, l'histoire en elle-même est banale. Y a rien d'exceptionnel.
Pourtant, le mystère entourant la mort de May avait de quoi intriguer. C'est finalement le seul véritable intérêt du roman.

Par contre, ce que j'ai bien aimé, c'est l'utilisation de lettres pour raconter l'histoire. En effet, au début, Laurel doit accomplir un devoir de français assez spécifique : écrire une lettre à une personne décédée. Et elle va se mettre à écrire à des personnalités célèbres défuntes pour raconter sa vie, mais aussi des flashs-backs avec sa sœur. Et on se rend compte à quel point ces personnalités influencent grandement l'héroïne, tant dans son passé que dans son présent.
Même si le produit finit ressemble davantage à un journal intime qu'à un roman épistolaire, j'ai apprécié cette petite touche, très sympa.

Etant donné que Laurel est notre narratrice, on suit ses pensées, son cheminement. Ce dernier est le plus intéressant, puisqu'il permet de suivre l'évolution du personnage, mais je n'ai éprouvé d'attachement envers elle que vers la toute fin du livre. Sachant qu'on parle d'un drame et que ça dure plus de 300 pages, je m'attendais à un personnage plus complexe.
Finalement, elle est assez lambda dans l'ensemble et ne m'a pas transcendée.

Le souci avec une narration à la première personne du singulier, c'est que les autres sont occultés, ou alors, on ne les suit qu'au travers de l'héroïne. C'est totalement le cas ici.
A commencer par Nathalie et Je-sais-plus-son-nom. Ce sont deux filles qui vont développer une relation très forte, qui va marquer les esprits. Le fait d'inclure une relation homosexuelle est géniale, mais comme on suit tout à travers les yeux de Laurel, on voit le couple se former de loin. Avec ce concept, y avait de quoi parler du coming-out des filles, le regard des autres, etc.

On a aussi Sky, cliché par excellence du Beau Gosse Mystérieux. Je n'ai pas éprouvé d'attachement spécifique le concernant, mais encore une fois, Laurel nous le décrit comme canon et quasiment parfait, malgré son côté cachottier. Ouais, chez moi, c'est plutôt moyen...

Mais ça reste malgré tout une lecture agréable à lire, même si le style de l'auteure va un peu en dent-de-scie. On a tantôt des scènes assez poétiques, qui donnent matière à réfléchir ; tantôt on tombe dans un style contemporain qu'on voit dans pas mal de romans du genre et qui ne marque pas l'esprit du lecteur.

Love Letters to the Dead aurait pu être poignant, mais ça a loupé avec moi. L'histoire est banale et le style est en dent-de-scie. Sans parler des personnages, pas vraiment travaillés. Dommage car le pitch annonçait un récit qui malheureusement n'est pas à la hauteur de son résumé.

mardi 16 janvier 2018

Au fond de l'eau

HISTOIRE

Julia doit retourner dans le village de son enfance car sa sœur a été retrouvée morte, dans des circonstances mystérieuses. Elle doit s'occuper de sa nièce, Lena, et prendre aussi la maison en charge.
Cependant, elle va s'apercevoir que les habitants ont bien des choses à cacher. Et tous les secrets semblent converger vers la rivière qui traverse le village.

CRITIQUE

La fille du train était une lecture mitigée. Je voulais malgré tout donner une deuxième chance à Paula Hawkins avec Au fond de l'eau.
Et je me demande vraiment si je vais retenter l'aventure, parce que, là encore, ça n'a pas été une lecture brillante.

Après le train, la rivière ! Cette dernière est l'élément principal de l'intrigue, car dans le village où Julia se rend, plusieurs femmes ont été retrouvées noyées, dont sa sœur. Julia va donc tenter de s'occuper de ses affaires et de Lena, sa nièce de quinze/seize ans, en pleine crise d'adolescence. Mais comme tout village qui se respecte, chacun semble porter un lourd secret. Un secret qui concerne de près ou de loin la rivière...

Avec un tel pitch, je me suis dis que ce serait intéressant de suivre l'enquête et de découvrir peu à peu les fameux secrets et le mystère planant autour de la rivière. Car on sent qu'il y a des histoires sordides autour de ce point d'eau, objet de crainte et de fascination à la fois.

Et qu'est-ce que je me suis trompée !!!

Dès le début, j'ai trouvé l'ensemble très confus. En cause : la narration.
L'auteure nous abreuve de chapitres dont la narration est la plupart du temps à la première personne du singulier. Certes, les noms des chapitres commencent par les prénoms des personnages, mais cela donne malgré tout l'impression que tout est flou.
On ne sait pas qui est qui, qui occupe tel poste au sein du village, le rôle de chacun, etc. Et pendant les soixante premières pages, c'est ce que j'ai ressenti. Après, c'est mieux passé et j'arrivais à m'y retrouver.
Mais à chaque fois que je reprenais le livre après une pause, j'avais du mal à me resituer par rapport aux personnages. Il me fallait toujours un temps d'adaptation avant de me rappeler les rôles de chacun.
Je trouve que faire parler presque tous les protagonistes à la première personne n'est pas vraiment une bonne idée ; il aurait fallu leur donner une narration à la troisième personne, pour pouvoir mieux s'y retrouver. C'est du moins l'impression que j'ai eue.

Pourtant, l'ambiance en elle-même est mieux travaillée que dans La fille du train. On sent un vrai malaise au sein de cette communauté. Tout tourne autour de cette fameuse rivière où les morts suspectes se multiplient. Entre les non-dits et les secrets dissimulés, y a quand même un énorme suspens qui se maintient pendant la première moitié du récit.

Et puis, passé la deuxième, j'ai tout de suite compris où l'auteure voulait m'emmener. De fait, j'avais deviné le gros point de l'histoire, avant d'arriver à la fin. C'est dommage parce que la première moitié me plaisait malgré le sentiment de confusion qui régnait ; je voulais vraiment savoir ce qui allait se passer.
Et la deuxième gâche un peu l'ensemble, à cause de ces révélations qui, à mes yeux, n'en sont pas vraiment. Comme pour La fille du train, Paula Hawkins ne brouille pas suffisamment les pistes, alors que c'est précisément l'intérêt de ce genre d'ouvrages.

Et puisqu'on parle de la deuxième moitié, je trouve que la fin n'en n'est pas une. Pour moi, Au fond de l'eau est un roman inachevé. Il manque une grosse partie du récit, qui prend quand même pas mal de place dans ces 400 pages. Et finalement, on les balance à la corbeille comme si de rien n'était !
Non, je ne suis pas d'accord. Et franchement, payer vingt balles pour un roman qui, toujours à mes yeux, n'est pas fini, ça me mets en rogne !

L'autre gros souci du livre, ce sont les personnages.
C'est bien simple : je ne me suis attachée à aucun d'entre eux.
Que ce soit Julia, archi fade (et c'est quoi ce délire de vouloir être appelée Jules ?!), Sean le flic qui semble constamment dopé à l'héroïne (même si son comportement s'explique, surtout vers la fin) ou encore Nikki, une espèce de pseudo-sorcière, adepte des arnaques, aucun ne m'a plu.
A la limite, Lena est encore celle qui tire le plus son épingle du jeu, mais pas vraiment dans le bon sens. Elle fait à un moment donné un mauvais choix, qui va la pousser vers un chemin que je n'ai pas apprécié du tout. Bon, elle finit par se révéler progressivement, mais franchement, c'était pas non plus la panacée.

Je dirais pas que le style de Paula Hawkins est addictif, mais elle a su instaurer une ambiance sombre et glauque, même si elle n'a pas su distiller le suspens correctement. Non pas que le roman soit difficile à lire, mais je m'attendais à être davantage transportée.

Décidément, entre cette auteure et moi, le courant ne passe pas. J'ai l'impression qu'elle a un mal de chien à proposer des personnages attachants et à placer le suspens là où il faut. Mais surtout, les révélations déjà devinées à l'avance, le choix de la narration pas judicieux et les personnages auront fait que cette lecture a été très moyenne dans l'ensemble.

lundi 15 janvier 2018

Le Cimetière des Livres Oubliés, tome 1 : L'Ombre du Vent

HISTOIRE

A dix ans, Daniel est emmené par son père dans un endroit étrange : le Cimetière des Livres Oubliés. Là, le petit garçon choisit un livre (ou le livre le choisit) qui va changer sa vie : L'Ombre du Vent de Julian Carax.
Intrigué par l'auteur dont il ne reste pratiquement aucune information, il va se lancer dans une quête éperdue, au cœur de Barcelone, pour percer le mystère Carax et, parallèlement, trouver un sens à son existence.

CRITIQUE

J'ai lu ce roman des années auparavant, grâce à un devoir que je devais remplir pour l'école. Et je me souviens avoir été transportée dans cette Barcelone de l'après-guerre.
Dans le cadre d'une lecture commune, je voulais voir si cette impression m'est restée. Et je suis effectivement ravie d'avoir retrouvé la plume de Carlos Ruiz Zafon et d'avoir à nouveau passé un merveilleux moment !

Le héros, Daniel, est emmené, à dix ans, par son père au Cimetière des Livres Oubliés. Dans cet endroit, tous les livres abandonnés ou oubliés trouvent acquéreur. Et Daniel tombe sur un roman écrit par un certain Julian Carax : L'Ombre du Vent. Non seulement il le transporte, mais cela le pousse à en apprendre davantage sur l'auteur. Or, très peu d'informations circulent sur lui. De plus, Carax semble avoir vécu une vie très mouvementée.
Il n'en faut pas plus à Daniel pour se lancer sur ses traces. Un voyage au cœur de Barcelone, à la recherche du passé, mais aussi à la découverte de lui-même...

Ce que j'ai adoré par dessus tout, c'est l'immersion dans l'histoire. A commencer par la ville de Barcelone, plongée dans le contexte d'après-guerre. Je me suis parfaitement imaginée les rues, les bâtiments, tant M. Zafon maîtrise ses descriptions. C'est particulièrement le cas pour le Cimetière des Livres Oubliés ou encore la villa des Aldaya. L'immersion est d'autant plus forte que l'auteur ne se base pas que sur la vue ; il fait aussi appel à l'ouïe, l'odorat et le toucher. De quoi marquer les esprit avec des scènes flippantes, par moment !

L'histoire en elle-même est très plaisante à suivre. Ce que j'ai surtout aimé, ce sont les passages en italiques qui nous racontent l'histoire de Julian, au travers des gens qui l'ont connu. Comme Daniel, on découvre peu à peu son parcours, et je me suis rendue compte qu'au vu de ce que l'auteur nous propose, voilà un récit que n'aurait pas renié Virginia C. Andrews. C'est une auteure américaine qui a pas mal de sagas familiales à son actif, toutes avec des secrets souvent sordides. L'Ombre du Vent m'a beaucoup rappelé ses récits.

En parallèle à Carax, on suit aussi Daniel sur plusieurs années. Et on se rend compte qu'il suit un cheminement parallèle à Julian, notamment en ce qui concerne son histoire d'amour. Sa façon d'appréhender la vie à travers son jeune âge, ses découvertes sur Carax, etc... tout cela nous est livré progressivement, et en douceur.

J'ai éprouvé beaucoup d'attachement pour notre jeune héros. Sa naïveté et sa façon d'appréhender les choses (surtout celles de l'amour) le rendent très attachants. J'ai aussi beaucoup aimé la manière dont il recueille les révélations sur Julian ; je l'ai trouvé de plus en plus mature à mesure qu'on avançait dans l'histoire. Et pas seulement parce qu'il grandit en âge.
De plus, c'est notre narrateur ; on découvre donc tout en même temps que lui. Et c'est aussi un gros souci : car comme on suit tout à travers ses yeux, l'auteur ne s'attarde pas trop sur les personnages qu'il rencontre, et même sur son entourage.

Pourtant, un autre personnage que j'ai adoré, c'est Fermin. Ancien clochard, il va peu à peu se dévoiler ; j'ai adoré ses réparties, ses discours sur les autres, et surtout sur les relations amoureuses. Il possède un langage très recherché et n'hésite jamais à balancer ses quatre vérités aux autres. Voilà un trait de caractère qui m'a conquise !

Concernant les autres, j'ai apprécié les suivre, même s'ils sont moins travaillés que Daniel et Fermin. Le père, par exemple, qui aurait mérité un plus grand approfondissement, tant dans le caractère que dans la relation père/fils.
Pareil pour Béa, la fille qui fait chavirer le cœur de Daniel ; on a bien un développement de son passé et de son caractère, mais pas suffisamment pour la rendre attachante.

Mais surtout, je regrette que le Cimetière des Livres Oubliés soit finalement peu présent, bien qu'il soit le point de départ de l'intrigue. Cet endroit semble à la fois mystérieux et magique et là encore, j'aurais aimé voir plus de développement autour de ce lieu : sa construction, qui la dirige, etc. J'ignore si on aura plus d'infos dans Le Jeu de l'Ange et Prisonnier du Ciel, mais j'espère que l'auteur va donner plus d'éléments là-dessus.

La plume de Carloz Ruiz Zafon est juste magnifique. Il maîtrise les mots à la perfection : il sait nous transporter à la fois dans la ville de Barcelone et dans l'histoire de Julian. J'ai été transportée par son style, à la fois poétique et contemporaine. Avec en prime, un bel hommage à tous les amoureux des livres. Certaines citations risquent fort de vous parler si vous êtes, comme moi, un grand lecteur.

L'Ombre du Vent est une histoire magnifique, sublimée par la plume de l'auteur et la plupart de ses personnages. Je regrette juste que certains d'entre eux soient relégués au second plan alors qu'ils méritaient plus de développement.

jeudi 11 janvier 2018

La Prophétie des Andes

HISTOIRE

Le héros se rend au Pérou après avoir entendu parler d'un mystérieux Manuscrit qui expliquerait le sens de notre vie sur Terre.
Sur place, il rencontre plusieurs personnages qui vont lui expliquer les révélations pas à pas ; mais le gouvernement, hostile au Manuscrit et à son contenu, veille...


CRITIQUE

J'avoue, j'ai choisi ce livre par hasard, mais surtout pour le New Year Book Challenge. Et plus précisément pour la thématique de Janvier qui consiste à lire un livre d'un genre qu'on n'a pas l'habitude de lire.
Et je pense pas renouveler l'expérience du développement personnel durant un moment parce que je n'ai pas du tout apprécié cette lecture.

Le roman se centre sur un homme qui cherche à en apprendre davantage sur le Manuscrit, un texte qui, apparemment, nous apprend le sens de la vie au travers de neuf révélations. Durant son séjour au Pérou, notre protagoniste va peu à peu connaître les révélations et apprendre à les appliquer dans sa vie quotidienne...

Y a pas mal de points qui me chiffonnent dans l'histoire.
Premièrement, le Manuscrit en lui-même. On ne cesse de dire que son existence est top-secrète, que le gouvernement veut tout faire pour cacher son existence... Mais pratiquement tout le monde en a entendu parler ! C'est bien simple : le héros rencontre des gens qui ont soit entendu parler du Manuscrit, soit ont commencé à appliquer les révélations et/ou à les enseigner.
Déjà, ça part mal. Mais j'ai relevé une autre incohérence : si on tient tant à ce que peu de monde connaisse le Manuscrit, pourquoi ne pas carrément buter ceux et celles qui appliquent ses principes ? Pourquoi les garder en vie et se contenter de les laisser partir ? Forcément que les révélations seront transmises à d'autres si tu les laisses gambader dans la nature !!!

Et puis, on a cette scène incroyable dans une prison, qui, pour moi ressemble davantage à une colonie de vacances qu'à un véritable milieu carcéral. Les personnages ne souffrent pas, tant physiquement que moralement, sont très bien traités... Pour des gens qu'on veut à tout prix éloigner du Manuscrit, encore une fois, c'est illogique !

L'auteur tente de nous présenter une menace, tant pour le Manuscrit que pour ceux qui pratiquent son enseignement. Mais j'y ai pas cru : oui, on a bien des scènes de fusillade, dont une où le héros voit quelqu'un mourir sous ses yeux. Mais la scène, censée être dramatique, est noyée sous un délire pseudo-mystique où le gars n'a rien de mieux à foutre que de songer à l'univers et à la façon dont il a été créée !!! Seriously ?!
Bref, cette fameuse menace n'est jamais vraiment présentée comme étant "sérieuse", au point de mettre en danger la vie des personnages. Et je n'y ai pas cru une seconde.

Deuxièmement, les révélations présentées. Déjà, le schéma narratif est toujours le même : le héros rencontre A qui lui apprend une révélation et se met à l'appliquer. Chapitre suivant, il rencontre B qui lui apprend une autre révélation et l'applique, tout en se rappelant la révélation précédente. Puis, il rencontre C et rebelote.
Bref, c'est très répétitif ; et comme y a neuf révélations, bonjour l'ennui !

Ensuite, le contenu de ces révélations est loin d'être exceptionnel. C'est un mélange d'histoire, de psychologie, de religion... Des éléments qu'on a déjà croisé quelque part, pour peu qu'on s'intéresse à ces notions. En ce qui me concerne, y a pas de surprise ; j'avais déjà lu ce que James Redfield nous pond dans ce roman, tant par mes lectures personnelles que par mon parcours professionnel. Tu parles de soi-disantes "révélations" !

En plus, le héros les apprend un peu trop facilement. Encore une fois, se pose le problème de la facilité scénaristique. OK, tout le monde peut apprendre les révélations ; mais de manière aussi fastoche et par le premier venu, faut quand même pas exagérer ! Et, bien sûr, il les assimile aussi naturellement, comme s'il les avait appris toute sa vie. Bof...

Et puisqu'on parle du héros, je l'ai trouvé très con et très fade.
Très con parce qu'il met des plombes à comprendre les révélations alors que j'avais déjà compris les grandes lignes. Mais non, on nous assène les explications à coups de marteaux, pour être bien certains qu'on a parfaitement captés les messages transmis !

Et très fade, parce qu'il n'a aucune personnalité. Il se contente juste de suivre les autres, sans jamais remettre leurs paroles en question, ni leurs actes. Lui-même suit les protagonistes, sans se poser de question, et de parfaits inconnus qui plus est !

Quand aux autres personnages, aucun ne m'a inspiré de l'empathie. Ils vont et viennent et on n'a pas le temps d'approfondir leur personnalité et/ou leur passé. L'essentiel se tient dans leurs discours et ce qu'ils ont compris et appris des neuf révélations.

Il faut quand même reconnaître que le livre se lit facilement. Heureusement d'ailleurs, parce que, malgré ses 317 pages, j'ai trouvé ce livre très mauvais. Voilà encore un livre qui surfe sur le développement personnel, mais qui le fait de manière tellement maladroite que je n'ai jamais cru à l'histoire, ni aux messages qu'il véhicule.

La Prophétie des Andes se caractérise par ses incohérences énormes et son personnage principal débile et très fade. C'est pas demain la veille que je lirais la suite !