vendredi 2 février 2018

Les Thanatonautes

HISTOIRE

Michael Pinson, médecin spécialisé dans la réanimation, se lance, avec son ami d'enfance Raoul Razorbak dans un pari fou : explorer la mort.
Ils vont tenter ainsi de répondre à cette fameuse question : y-a-t-il une vie après la mort ?

CRITIQUE

J'avais lu ce titre bien des années auparavant. A l'époque, je commençais à peine sur la blogosphère littéraire et je me souviens l'avoir adoré. Mais c'était huit ou neuf ans en arrière.
Aujourd'hui, j'ai un avis beaucoup plus mitigé.

Pourtant, le postulat de base est géniale : explorer la mort et voir s'il existe bel et bien une vie dans l'au-delà. L'auteur aurait pu ainsi mettre cette idée à profil pour nous exposer sa vision des choses, au travers d'expériences de mort imminente, ou encore de données scientifiques.

Mais deux problèmes se posent : ces éléments n’apparaissent que dans les cent premières pages et sont rapidement jetées aux oubliettes. Et j'ai eu l'impression de lire davantage un roman de science-fiction qu'un roman scientifique.

Pourtant, comme je viens de l'écrire, les cent premières pages étaient plutôt plaisantes à lire. Le narrateur, Michael nous raconte sa vie, sa rencontre avec Raoul et ses différentes expériences avec la mort.
Puis, quand les deux hommes se lancent à la conquête de ce qu'ils appelleront : "Le Continent Ultime", ça part en cacahuètes.

Bien évidemment, vu le pitch, je m'attendais à un récit d'exploration. Sauf que ça part un peu dans tous les sens : visions du passé d'un coté, fantasmes inassouvis/inavoués de l'autre, découverte de la vraie beauté, etc. En soi, ces sujets auraient pu mener à de vrais débats, philosophiques par exemple (notamment sur la vraie beauté, décrite dans l'au-delà). Mais plus on progresse dans l'histoire, plus je trouvais que ça devenait gros, au point d'en n'être pas crédible.

De plus, la découverte de ces "zones" de la mort ont un impact sur le monde. Et déjà les premiers émois m'ont semblé invraisemblables... jusqu'à arriver dans un monde pseudo-parfait où le Mal n'existe plus. Non, désolée, j'adhère pas à ce type de vision. Partant du principe que tout n'est pas blanc ou noir, mais qu'il existe des nuances de gris, je n'étais pas convaincue par ce que l'auteur me vendait.

L'ensemble est aussi très répétitif. C'est très schématique, mais voilà en gros comment ça se passe : découverte d'une zone = impact sur le monde + rencontre avec de nouveaux personnages. Puis, découverte d'une deuxième zone = re-impact sur le monde + re-rencontres avec d'autres personnes, etc.
Ça devient long et très ennuyeux, à force. Et comme la version poche fait quand même 503 pages, autant dire que j'ai peiné pour arriver au bout de cette lecture.

Vous l'aurez compris, l'histoire n'est pas passionnante à suivre. A cela s'ajoutent les incohérences que j'ai pu relever : comment se fait-il que des gens peuvent thanatonauter sans souci, alors que les scientifiques eux-mêmes n'en sont qu'aux balbutiements de cette nouvelle pratique ? Et comment leurs ennemis connaissent l'endroit exact pour les débusquer dans l'au-delà ? Ce ne sont que des exemples, mais l'auteur ne donne jamais d'éléments précis et se contente du strict minimum. C'est quand même balot pour un roman qui se veut scientifique !

On a aussi droit à des scènes surréalistes, comme celle entre Michael et Nadine. Le coup des âmes-sœurs qui débarque de nulle part, sans préparation, c'est juste pas possible !

Les personnages ne sont pas en reste. Bon sang, j'ai l'impression que Bernard Werber a un mal de chien à créer des personnages attachants.
Michael est le mec qui laisse les autres dicter sa conduite, même s'il tente parfois de se rebeller. Après, il est à fond dans son rôle de thanatonaute, mais il n'a jamais réussi à me convaincre.

Pareil pour son ami, Raoul, qui m'a l'air de souffrir de sérieux problèmes psychologiques. Son obsession de la mort n'aide déjà pas à le cerner, mais son comportement est assez curieux : je pense notamment à la scène avec Michael, passé la moitié du livre, où ils se disputent violemment. J'ai pas trop compris pourquoi il se lâche d'un coup, mais je l'ai trouvé détestable.

Les femmes ont un rôle secondaire plus ou moins important, mais elles ne m'ont pas marquée. Je n'en retiens rien de spécial les concernant.

Bernard Werber aime nous abreuver de détails scientifiques, mais on dirait que par moment, il oublie que tous ses lecteurs n'ont pas fait de bac sciences/maths pros. On se retrouve dès lors avec des passages bourrés de détails auxquels on roule des yeux parce qu'on ne comprend pas les mots qu'il emploie. Désolée, mais je ne lis pas de roman pour me dire qu'il me faut constamment un dictionnaire à portée de main. Et j'ai autre chose à faire de mon temps que de chercher la définition d'un mot.

Encore un roman de l'auteur que je n'ai pas apprécié. Pourtant, un sujet aussi tabou que la mort avait de quoi donner quelque chose de génial sur le papier. Malheureusement, je trouve qu'on passe à côté et qu'on se retrouve dans un récit d'exploration à la Jules Verne pas intéressant, avec des personnages pas du tout attachant. Et le style lourd n'arrange pas les choses.

jeudi 1 février 2018

L'île des rêves interdits

HISTOIRE

Colin et sa famille vivent sur l'île d'Ariban, où les rêves sont interdits. Mais Etta, la petite sœur de Colin fait sans cesse des cauchemars. Si cela se savait, elle serait bannie de l'île.
Or, l'arrivée de Jennifer, une étrangère, va bouleverser la vie de Colin et celle de la communauté tout entière.

CRITIQUE

Voilà des années que je n'avais pas lu ce récit. Il ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable et, après relecture, je comprends mieux pourquoi : c'est sympathique à lire, mais je pense qu'il aurait mérité d'être plus travaillé, tant le fond est intéressant. Au final, c'est une lecture détente, mais pas inoubliable.

Ariban est une île où vit une communauté avec des règles à priori absurdes : il est formellement interdit de rêver, voire de raconter des histoires. Or, depuis quelques temps, Etta, la sœur de notre héros, Colin, fait des cauchemars, la mettant ainsi en danger. Car si les Anciens l'apprennent, elle sera chassée à jamais de l'île.
Mais Jennifer, une étrangère échouée sur la plage, va semer le trouble parmi les habitants, et surtout auprès de Colin.

Le postulat de départ peut ressembler à un roman dystopique : une société où il est interdit de rêver, d'imaginer et de raconter des histoires. Une société régie par les Anciens qui décident de tout, même si, à priori, ils veillent sur le bien-être de tous les habitants.
Mais quand on creuse, on se rend compte que ces derniers ne sont pas libres. Ils doivent sans cesse faire attention à leurs paroles, sous peine de terribles représailles. Et on n'hésite pas à dénoncer son voisin si cela s'avère nécessaire.

Heureusement, l'arrivée de Jennifer, cette Étrangère aux mœurs différentes, va changer la donne et montrer que les histoires ne servent pas qu'à entretenir l'imagination et nous faire évader. Elles peuvent aussi nous permettre de vaincre nos peurs et d'affronter nos angoisses.

J'ai beaucoup aimé cet aspect du roman ; l'influence des histoires et de l'imaginaire sur l'esprit des gens, surtout la petite Etta. A travers Jennifer, on se rend compte qu'on a besoin de se raconter des récits, réels ou pas et qu'ils peuvent nous apprendre bien des choses.

L'histoire en elle-même est plutôt bien menée : l'auteur va droit au but, ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas du tout à la lecture. Même si beaucoup d'éléments m'ont sauté aux yeux, contrairement à Colin, notre narrateur.
Je pense surtout à la scène sur la montagne ; j'avais capté l'élément principal avant même le jeune homme.
En soit, y a pas vraiment de surprise ; c'est un roman très jeunesse qui ne s’embarrasse pas de nous mener sur une fausse piste.

Et puis, y a quand même pas mal de questions qu'on se pose : d'où viennent les Anciens ? Comment est née Ariban ? Et si les Anciens ne veulent pas d'imagination sur leur île, pourquoi diable acceptent-ils de laisser une étrangère débarquée de nulle part sur leur île (bon, c'est sûr, y aurait pas d'histoire si ça n'avait été le cas...) ?

Je pense que la communauté toute entière aurait pu être davantage développée. Pareil pour le monde d'où vient Jennifer ; elle nous apporte quelques éléments, mais jamais suffisamment pour qu'on se fasse une idée bien précise d'elle.

Bref, l'ensemble manque vraiment de consistance : on reste à la surface des choses, sans jamais aller en profondeur. C'est dommage car cela aurait mérité plus de développement je trouve.

Autre souci : le personnage de Colin, qui n'est pas très attachant. En plus de ça, il est constamment à côté de la plaque, alors que le lecteur sait d'avance les choses qu'il mets trois plombes à capter ! Il est aussi insupportable, à toujours se chercher des excuses, alors qu'il a des torts. Et comme c'est notre narrateur, j'ai levé les yeux au ciel à plusieurs reprises.

Jennifer est déjà plus intéressante. De part son statut de conteuse, mais aussi sa manière de percevoir la vie sur Ariban lui donne un poids assez conséquent dans l'histoire. C'est elle qui est l'élément déclencheur, mais elle achève aussi le récit.
Bref, elle occupe vraiment une place de choix dans l'intrigue, même si je regrette, je le répète, un manque d’approfondissement de son passé.

Les autres personnages ne m'ont pas spécialement transcendée. A part Etta, la petite sœur de Colin qui va aussi apporter sa petite pierre à l'intrigue, les autres ne m'ont pas apporté un quelconque attachement.
La faute au choix de la narration, que je n'ai pas trouvé judicieux. Comme je l'ai dit, Colin est notre narrateur. Mais j'aurais préféré avoir le point de vue des autres protagonistes, afin qu'ils apportent un éclairage différent sur le mode de vie d'Ariban ou sur les scènes-clés.

Malgré ces défauts, ce roman se lit très vite. L'auteure sait quand même plonger son lecteur dans un univers assez spécial, loin du nôtre, avec ses règles et ses interdits.

L'île des rêves interdits est un bon petit roman jeunesse, même si je ne l'ai pas trouvé transcendant. J'aurais aimé plus de développement dans l'univers et le passé de Jennifer, ainsi qu'un choix de narration plus judicieux.

mercredi 31 janvier 2018

Les Ailes d'Alexanne, tome 3 : Le Faucheur

HISTOIRE

Après ce qui s'est passé avec la secte, Alexei cherche à protéger les gens qu'il aime à tout prix. C'est sans compter sur la détermination de sa nièce, Alexanne, à vouloir le secourir et à ses amis qui s'unissent contre leur ennemi.
Parviendront-ils enfin à venir à bout de leur adversaire ?

CRITIQUE

J'avais dans l'idée de poursuivre des sagas en 2018 et j'ai choisi ce volet pour mon challenge ABC Jeunesse/Young Adult. J'avais bien aimé les deux premiers tomes, même si le deuxième m'avait un peu plus déçue que le premier.
Or, ce troisième épisode des aventures d'Alexanne est une énorme déception. Je ne sais pas encore à ce stade si je lirais la suite.

Nous retrouvons la famille Kalinovsky quelques temps après les événements du tome deux. Alexei est en danger de mort et veut protéger sa famille à tout prix. Mais le Faucheur possède de terribles pouvoirs et veut attirer le jeune homme droit dans un piège. Avec sa nièce Alexanne, sa sœur Tatiana, sa compagne Danielle et ses amis, il va tenter de mettre son ennemi hors d'état de nuire.

Par où commencer ? Par l'histoire et y a déjà pas mal de choses à dire.
Commençons d'abord par ce qui s'y passe ; en fait, y a pas grand chose. On a bien quelques scènes qui essaient de donner un peu de suspens et de tension, mais ce n'est pas toujours cohérent (je vais revenir là-dessus plus loin).
En fait, durant 358 pages, on tourne en rond, tant du côté des gentils que du côté des méchants. On attend désespérément qu'ils se bougent les fesses pour agir en conséquence, mais il faut attendre les cinquante dernières pages pour qu'il se passe ENFIN un truc !
Et encore, le combat est tellement rapide que, finalement, ça se règle en deux temps trois mouvements !

Deuxième souci : l'incohérence.
J'ai relevé surtout une scène assez incroyable : Christian et Mélissa sont enfermés dans le bureau du commissariat car ils sont prisonniers d'un sortilège maléfique. Ils cherchent à défoncer la porte, alors que leurs collègues sont A COTE OU EN FACE DU BUREAU.
Comment se fait-il que personne ne les entendent en train d'essayer de défoncer la porte ?! Il faut attendre que Mélissa hurle pour qu'ils réagissent !
Autre incohérence : les relations entre les personnages. Le coup de foudre, ça va bien deux minutes, mais à force de placer le karma comme seule explication aux relations amoureuses bâclées et sans réelle profondeur, je dis non. A un moment donné, faut donner plus d'explications et ne pas se cantonner au même discours.

Troisième souci : l'inégalité dans les différentes intrigues.
L'auteure amène deux histoires différentes dans ce troisième volet : la traque du Faucheur et une enquête sur une série de meurtres d'enfants.
Or, ce dernier aspect est quasiment occulté par la partie "Faucheur", alors que l'enquête est le point de départ du livre ! Mais on parle pratiquement pas, à part dans quelques scènes finalement avares en détails et explications en tout genre. OK, on n'est pas dans un roman policier, mais mince : j'aurais aimé que Mme Robillard développe un peu tout ça, quitte à ajouter une centaine de pages supplémentaires.

Sauf qu'elle occulte l'enquête et qu'elle se centre essentiellement sur les attaques du Faucheur.
Mais dans les quarante dernières pages, l'auteure semble se rappeler subitement qu'elle avait instauré une enquête en cours dans son histoire ; il faut donc rapidement apporter une conclusion, histoire de bien montrer que ça n'a pas été placé en vain !
Mais la résolution de l'enquête est tellement surréaliste que je n'y ai pas cru une seconde ! Tout se résout en même pas vingt pages !

Quatrième souci : les facilités scénaristiques.
J'en avait déjà parlé dans mes chroniques des deux tomes précédents, mais là, c'est tellement abusé que ça en devient risible.
Télépathie, télékinésie, lire dans les pensées, guérir les blessures, sentir la présence d'un ennemi, et j'en passe. A ce stade, les Kalinovsky ne sont même plus des fées, ce sont carrément des dieux !
Je sais qu'on est dans une saga fantastique, mais c'est pas une excuse, bien au contraire ! Il faut montrer les limites des pouvoirs des personnages et clairement faire comprendre au lecteur qu'on n'a pas affaire à des demi-dieux, mais à des êtres humains dotés de facultés exceptionnelles.
Là, c'est beaucoup trop facile ; on se demande même sérieusement pourquoi ils tournent autant en rond en attendant que le Faucheur se manifeste.

Mais surtout, ces facilités n'offrent aucun véritable enjeu dans le livre.
A partir du moment où vous avez des personnages dotés de pouvoirs (presque) divins, y a pas vraiment de scène dramatique, par exemple. Et pourtant, y en a bien une dans ce bouquin qui aurait mérité d'apporter une touche dramatique : mais non ! L'auteure arrange le coup et "tout est bien qui finit bien". NON ! La vie ne marche pas comme ça, même pour un récit jeunesse avec des éléments fantastiques !

Cinquième et dernier point négatif trouvé dans le récit : le fait que pratiquement tous les personnages soient en couple.
Sérieux, Mme Robillard avait un contrat qui l'obligeait à caser tout le monde ? Parce que nos héros sont (quasi) tous en couple ! Même les célibataires trouvent une compagne, et parfois de façon assez poussée !
Pourquoi c'est négatif ? Déjà parce qu'on sent que l'auteure veut caser ses persos de manière forcée, mais je vois pas l'intérêt de montrer tout le monde (ou presque) en couple ! Je pars du principe qu'on peut être heureux sans être avec quelqu'un dans sa vie !

Parlons maintenant des personnages. Et là aussi, le bilan n'est pas terrible.
Alexanne et Tatiana qui m'avaient beaucoup touchée, surtout dans le premier tome, perdent leur intérêt, même si, dans le cas d'Alexanne, elle acquiert une certaine assurance. Et vu ce qui lui arrive à la fin de ce tome-ci, je serais curieuse de voir ce qu'elle va faire... même si je sais pas encore si je lirais la suite.

En revanche, Alexei est devenu insupportable. J'ai détesté sa façon d'agir, alors que cela ne m'avait pas posé autant de problème auparavant.
Mais il est bien entouré maintenant ; il devrait même avoir trouvé un semblant de paix dans sa vie. Seulement, encore dicté par la colère et la haine, il passe son temps à dire qu'il doit éliminer le Faucheur seul, s'enfuit à la moindre contrariété... Bref, c'est comme ça durant les deux tiers du livre. Je suis très déçue, je pensais quand même que son comportement avait évolué, avec ce qui lui est arrivé dans les tomes précédents ; ben, pas du tout.

Les personnages secondaires restent clairement secondaires, même s'ils apportent leur soutien à la famille Kalinovsky. Mais je n'ai pas relevé de personnalité vraiment marquante chez eux.
Encore une fois, ce sont les gentils d'un côté et les méchants de l'autre.

Et puisqu'on parle du méchant, le Faucheur n'a jamais réussi à me convaincre. Déjà parce qu'il mets trois plombes à intervenir, mais surtout, avec la puissance qu'il possède, il pourrait se débarrasser de ses ennemis sans aucun problème. Franchement, pire méchant... tu meurs !

Je reconnais que le style d'Anne Robillard est simple et ne s'encombre pas de détails inutiles. On sent qu'il s'agit d'un livre destiné à la jeunesse... mais là, c'est beaucoup trop jeunesse pour moi.

Ce troisième volet ne m'a pas du tout convaincue. L'histoire est mal construite, les personnages perdent de leur intérêt, voire leur capital sympathie pour certains d'entre eux et le méchant n'est pas du tout convaincant. Reste la plume, mais ce n'est pas suffisant pour remonter le niveau.

lundi 29 janvier 2018

Code 93

HISTOIRE

Victor Cose est dans une mauvaise passe : le cadavre qu'il a ramené à l'Institut médico-légal n'est pas vraiment un cadavre. Sans compter ces lettres anonymes qui font référence au Code 93...
Il va tenter de résoudre le mystère autour du ressuscité et de comprendre ce qu'est vraiment le Code 93.

CRITIQUE

J'avais choisi ce titre pour mon challenge ABC Thriller/Policier. De plus, il est assez bien noté et je voulais voir ce qu'il donne.
Olivier Norek est un nouvel auteur à suivre, même si, avec le recul, Code 93 n'est pas, à mes yeux, un thriller exceptionnel.

L'affaire sur laquelle Victor Cose travaille n'est pas ordinaire : déjà, un mort renaît à la vie et un certain Code 93 apparaît dans sa vie. Ces deux éléments vont le plonger dans les tréfonds de l'âme humaine...

Ces deux aspects du résumé m'avaient convaincue d'acheter le livre. Et c'est plutôt bien mené, même si j'ai une nette préférence pour la partie Code 93 que pour l'enquête en elle-même.
L'auteur sait entretenir son suspens et arrive à nous intriguer avec ses deux histoires. J'étais curieuse de lire la suite, même si je n'étais pas non plus pressée de le poursuivre.

En fait, même si ce thriller est bien mené, j'ai trouvé que ce n'était pas original, mais surtout assez... banal. Je sais qu'on n'est pas chez Franck Thilliez, mais je pensais que ça allait être plus palpitant que cela.
Les deux intrigues en elle-même ne sont pas hyper prenantes, même si celle du Code 93 est un poil mieux. Il nous montre jusqu'où les hommes peuvent aller pour assouvir leurs désirs, quitte à tout sacrifier au passage.
Mais le gros souci, c'est que l'auteur ne brouille pas assez les pistes. Il nous donne la solution sur un plateau d'argent ; un procédé auquel je n'adhère pas beaucoup. Oui, cela permet de tout expliquer ; oui, c'est à la fin du livre qu'on nous livre toutes ces révélations ; mais je trouve que ça détruit toute l'enquête. Je veux lire un thriller avec une enquête digne de ce nom, avec un psychopathe qu'on peut suivre, mais qui reste justement mystérieux ! Or, nous dévoiler l'intégralité du déroulement des meurtres, avec nom du coupable en prime me donne l'impression que tout ce qui a précédé ne compte pas vraiment.
Finalement, même si j'ai apprécié la lecture, ça ne m'a pas non plus transportée.

En revanche, le gros point positif de l'ouvrage est l'authenticité et les dialogues.
On sent que l'auteur est flic et nous parsème de descriptions et de scènes très réalistes, qui offrent une belle immersion dans le milieu.
Les dialogues sont savoureux à lire : Victor Cose et ses collègues sont unis, et ça se voit dans leur façon d'agir et de parler. J'ai adoré les vannes qu'ils se lancent, les références qu'ils se balancent à tour de bras... Rien que pour ça, je dis chapeau bas M. Norek !

Un autre point que j'ai apprécié, ce sont les relations qui se nouent, qu'elles soient professionnelles ou personnelles. Surtout du côté de Victor dont le cœur bat pour la belle Léa, médecin légiste. J'ai tout particulièrement aimé la façon dont il cherche à l'aborder, sans jamais arriver à quoi que ce soit ; c'était trop mignon !

Et puisqu'on parle de Victor, je l'ai trouvé très attachant ; il possède un passé amoureux douloureux, qui fait qu'il n'ose pas entamer une nouvelle relation. J'ai surtout aimé sa façon d'être avec ses collègues, à la fois un pote et un père pour eux. J'ai beaucoup aimé aussi sa façon de réagir par rapport aux événements.

Les autres qui gravitent autour de lui ont tout aussi l'air intéressant, mais j'attends de les voir davantage à l'action dans les autres romans. Mais je peux déjà dire que Léa m'a tapée dans l’œil avec son ironie (en même temps, vu qu'un macchabée ressuscite sous ses yeux, pas étonnant qu'elle balance des petites répliques bien senties).

C'est bien écrit, immersif. L'auteur a vraiment ce souci du détail qui apporte vraiment de la crédibilité à son ouvrage. Ce qui ne l'empêche pas de pondre de temps à autre des situations cocasses qui, perso, m'ont fait sourire.

Un petit thriller très sympa, qui m'a permis de découvrir un nouvel auteur prometteur ! J'espère que ses histoires seront plus palpitantes dans ses autres récits, mais j'ai hâte de revoir Victor Cose et sa bande !

dimanche 28 janvier 2018

Hantée

HISTOIRE

Delilah tombe sous le charme de Gavin, un garçon qu'elle avait jadis défendu, ce qui lui a d'ailleurs causé de sérieux ennuis. Ce dernier semble éprouver la même attirance, au point de l'inviter chez lui.
Mais la maison de Gavin n'est pas ordinaire : elle est vivante. Et elle compte bien montrer à la jeune fille que Gavin lui appartient...

CRITIQUE

J'avais repéré ce livre à sa sortie en grand format. Une maison vivante qui cherche à éliminer sa rivale, cela ne vous rappelle rien ? Eh oui : Christine de Stephen King. Sauf qu'au lieu d'une voiture, c'est carrément tout une maison que Delilah doit affronter.
L'ensemble est globalement bon, même si cette lecture ne restera pas dans les annales.

Delilah vient de retourner dans sa famille, après avoir passé sa scolarité dans un pensionnat pour filles. Là, elle retrouve Gavin, un garçon qu'elle a défendu des années auparavant. Elle tombe sous son charme et lui aussi : il l'invite même dans sa maison. Mais cette dernière n'est pas ordinaire : en effet, elle est vivante et va vite montrer à Delilah qui est la véritable patronne !

Le concept d'une maison vivante sur le papier est vraiment géniale ! Et les auteures ont su assez bien mettre l'idée en place. Certaines scènes sont assez flippantes (je pense à celle de la salle de bain) et apporte de la tension dans ce récit. Bon, soyons francs, c'est pas non plus des scènes d'horreur qui vont vous faire VRAIMENT frémir. On n'est pas chez Stephen King.

Mais la maison en elle-même devient un personnage à part entière et ça, c'est le gros point positif du roman. Elle a une conscience propre, au point que le couple dénomme les objets en les appelant par leur nom quotidien, avec une majuscule (Chaise, Lit, Pelouse, etc). Et ces objets, banals à priori, peuvent se transformer en armes de destruction massive ; quand ce n'est pas Maison elle-même qui provoque d'étranges phénomènes.

En revanche, l'explication sur ses origines magiques ne m'a pas spécialement convaincue. Disons qu'il s'agit surtout d'hypothèses et pas de réelles conclusions sur les événements qui s'y déroulent. D'autant plus qu'elles arrivent assez tardivement dans le roman.

L'histoire en elle-même est plutôt plaisante à suivre ; on oscille facilement entre le fantastique et la romance. Et cette dernière est non seulement bien menée mais ne prend pas trop de place ! Et ça fait du bien de lire une histoire d'amour pas niaise, mais au contraire bien construite, avec des personnages francs, qui se lancent de temps en temps des petites piques et se soutiennent mutuellement.

Et ce que j'ai aussi aimé, c'est la narration à deux voix. On alterne entre les points de vue de Delilah et Gavin qui vont donc nous apporter deux éclairages différents sur une même situation. Et c'était très intéressant de voir leur manière de réagir par rapport à Maison. Entre la première qui la découvre et le deuxième qui baigne dedans depuis son plus jeune âge, sans jamais s'être posé des questions (ce qui m'a d'ailleurs posé problème. Mais je vais y revenir).

Concernant l'aspect fantastique, si Maison possède un caractère à la fois rassurant et menaçant, on s'aperçoit vite qu'elle possède un champ d'actions bien plus vaste que ce qu'on croyait. Du coup, la tension monte de plus en plus à mesure qu'on avance dans la lecture. Jusqu'au final qui m'a scotchée, tant Maison nous démontre l'étendue de ses "dons".

Le mélange fantastique/romance est bien dosé, mais il n'en reste pas moins que j'ai relevé quelques incohérences. Je pense surtout au meilleur ami de Delilah qui accepte l'idée d'une maison vivante sans se poser de questions ou encore le fait que Gavin ne se soit jamais posé de questions sur Maison (mec, ta maison est vivante et t'attends d'avoir une copine dans ta vie pour te demander le pourquoi du comment ?!). Des incohérences qui ont ont entaché ma lecture, sans pour autant la gâcher.

Delilah est une jeune demoiselle qui possède un fort caractère. Ce que j'ai surtout aimé chez elle, c'est sa franchise : elle n'hésite pas à se déclarer directement à Gavin alors qu'ils ne se sont revus que depuis quelques jours.
Sa façon de réagir par rapport à Maison est réaliste : perso, à sa place, j'aurais tellement flippé que j'oserais plus y entrer ! Mais elle réagit de manière remarquable, notamment vers la fin.
Je l'ai trouvée attachante, de part son caractère mais aussi par sa famille, assez repliée sur elle-même, au point que les parents ne la regardent pas tellement.
Bref, une héroïne qui se révèle forte et dotée d'un grand courage que j'ai beaucoup aimé.

Gavin est tout aussi intéressant ; j'ai surtout aimé la manière dont il aborde les choses par rapport à Maison... même s'il mets du temps à réagir.
J'ai surtout aimé sa manière d'être avec Delilah, son discours sur ses sentiments. Par contre, je l'ai trouvé moins attachants que sa petite amie. Je trouve qu'il réalise tardivement les effets de Maison sur son couple et sa vie et qu'elle peut être vraiment dangereuse. J'avais envie par moment d'entrer dans le bouquin et de le secouer !

Les personnages secondaires sont vraiment en retrait, même si j'ai apprécié le meilleur ami de Delilah. Bon, il ne m'a pas marquée et j'ai trouvé qu'il acceptait facilement les facultés fantastiques de Maison, mais il reste un pilier pour notre héroïne.

L'ensemble est fluide à lire et les auteures ont réussi à proposer une romance paranormale assez sympathique.

Hantée est un roman Young Adult très sympa, avec une histoire alternant romance et fantastique, avec un couple tout mignon (surtout l'héroïne). Une jolie découverte !